DEVILDRIVER « Strike and Kill »: Une déferlante de Groove Metal sans compromis (Chronique)
Avec plus de vingt ans de carrière, DEVILDRIVER continue de prouver qu’il fait partie des valeurs sûres du Groove Metal moderne. Emmené par l’infatigable Dez Fafara, le groupe californien revient avec « Strike and Kill », un onzième album qui porte parfaitement son nom. Pendant un peu plus de cinquante minutes, le quintette ne laisse quasiment aucun répit, enchaînant les assauts sonores avec une efficacité redoutable.
Dès les premières secondes de « Dig Your Own Grave », le ton est donné. DEVILDRIVER ne cherche pas à réinventer sa formule, mais à la pousser dans ses derniers retranchements. Les riffs sont massifs, les batteries martèlent sans relâche, tandis que les guitares d’Alex Lee et Gabe Mangold multiplient les arrangements soignés et les harmonies qui apportent une véritable profondeur à l’ensemble. Derrière cette violence permanente se cache un vrai travail d’écriture, où chaque détail semble avoir été peaufiné.
La grande force de « Strike and Kill » réside justement dans cet équilibre entre brutalité et technicité. Tout est pensé pour frapper fort, sans jamais tomber dans la facilité ou le simplisme. Les compositions restent variées malgré leur intensité constante, alternant passages ultra agressifs, accélérations thrash, influences melodeath et atmosphères plus sombres qui renforcent encore davantage l’impact de l’ensemble.
Impossible également de ne pas saluer une nouvelle fois la performance de Dez Fafara. Sa voix demeure l’une des signatures les plus reconnaissables du genre, mêlant puissance, rage et présence avec une aisance impressionnante. Sur « In the Moonlight », le chanteur surprend même en adoptant un registre plus posé et plus mélodique pendant quelques instants. Une prise de risque bienvenue qui apporte une respiration avant de replonger dans son chant abrasif habituel.
La production participe largement à la réussite de l’album. Tout sonne énorme, précis et percutant. Chaque instrument trouve sa place dans un mix particulièrement puissant qui met autant en valeur les riffs que la section rythmique ou les nombreux arrangements. L’ensemble possède cette lourdeur caractéristique qui donne immédiatement envie d’imaginer ces morceaux en concert.
Car oui, qui dit Groove Metal dit forcément groove. Et de ce côté-là, DEVILDRIVER maîtrise toujours parfaitement son sujet. Les rythmiques sont irrésistiblement accrocheuses, les refrains frappent juste quand il le faut, et plusieurs titres semblent avoir été écrits avec le pit en tête. « Ride or Die », « Strike and Kill » ou encore « Oath of Iron » possèdent cette énergie communicative qui devrait rapidement faire des ravages sur scène.
Avec le retour du bassiste historique Jon Miller, DEVILDRIVER retrouve une partie de son ADN originel tout en poursuivant l’évolution amorcée sur ses précédents albums. Sans révolutionner son style, le groupe livre un disque extrêmement solide, violent, maîtrisé et remarquablement produit. « Strike and Kill » est une nouvelle démonstration de savoir-faire qui confirme que les Californiens restent une référence incontournable du Groove Metal.
