Hellfest 2026 : Live Report, Dimanche 21 juin

Hellfest 2026 : Live Report, Dimanche 21 juin

Pour cette quatrième et dernière journée du Hellfest 2026, la chaleur atteint des sommets. Avec près de 38 degrés à l’extérieur, les festivaliers vont une nouvelle fois devoir composer avec des conditions particulièrement éprouvantes. Mais cela n’empêche pas les plus courageux de répondre présents dès les premiers concerts.

La journée débute dans la brutalité sous la Temple avec Scour. Malgré une température qui doit probablement approcher les 45 degrés sous la tente, le public est déjà nombreux pour accueillir Phil Anselmo et ses comparses. Le frontman de Pantera ruisselle littéralement de transpiration sans même de bouger, mais peu importe. Le groupe est là pour délivrer son black metal agressif et sans compromis.

Le set est d’une précision redoutable. Les blasts se succèdent avec une violence impressionnante et les amateurs de musiques extrêmes répondent présents. Même si la chaleur limite quelque peu les mouvements du pit, la ferveur est bien là. Phil Anselmo s’aide parfois des paroles mais l’essentiel est ailleurs : retrouver l’une des figures emblématiques du metal dans une configuration plus intimiste avant de le revoir quelques heures plus tard avec Down.

Retour du côté des MainStages pour Black Veil Brides. Après une introduction sur le « Prélude et Fugue en do majeur » de Bach, le groupe américain fait son entrée sous les acclamations du public. Andrew Biersack ne tarde pas à plaisanter sur les conditions climatiques : « That’s so hot, that’s literally Hellfest ». Une phrase qui résume parfaitement cette édition caniculaire.

Pour sa première apparition au Hellfest, Black Veil Brides peut compter sur une foule déjà impressionnante. Les mains se lèvent, les premiers circle pits apparaissent et le public répond immédiatement présent. Entre agressivité et mélodies accrocheuses, le groupe livre une prestation particulièrement solide. Andy Biersack impressionne par la justesse de son chant tandis que les guitares se montrent précises et puissantes. Une belle première pour les Américains à Clisson.

Direction ensuite la Valley pour Eyehategod. Fidèles à leur réputation, les pionniers du sludge débarquent sans artifices. Pas de mise en scène spectaculaire, simplement cinquante minutes d’un groove sale et poisseux qui fait leur réputation depuis des décennies.

Mike Williams reste accroché à son pied de micro tandis que Jimmy Bower monopolise régulièrement l’attention en venant au contact du public. Les interactions sont simples mais efficaces et la musique se suffit largement à elle-même. L’ambiance est décontractée, presque familiale, et le groupe déroule son sludge avec une maîtrise qui force le respect.

Retour sur les MainStages pour Three Days Grace. Les Canadiens sont attendus et cela se ressent immédiatement. Les deux chanteurs multiplient les allers-retours au bord de la scène pour encourager les fans à se lâcher malgré une température toujours proche des 40 degrés.

Les refrains fédérateurs et les mélodies accrocheuses font mouche. Crowd surfers, chants repris par le public et ambiance particulièrement chaleureuse accompagnent chaque morceau. Qu’il s’agisse des titres les plus énergiques ou des passages plus émotionnels, les fans répondent présents. Un concert sincère et généreux qui laisse derrière lui des visages conquis.

La Valley accueille ensuite Corrosion Of Conformity. Pendant une heure, les Américains démontrent pourquoi ils restent une référence du sludge et du stoner sudiste. Dès les premiers accords, les têtes commencent à se balancer au rythme de ce groove si caractéristique.

Au centre de la scène, Pepper Keenan et sa Gibson SG rouge captivent l’attention. Tantôt lourds, tantôt plus mélodiques, les morceaux s’enchaînent avec une facilité déconcertante. Malgré la chaleur toujours étouffante, le public profite pleinement de cette prestation carrée et terriblement efficace.

Sur la Warzone, le générique du film « Le Bon, la Brute et le Truand » résonne avant l’arrivée d’Agnostic Front. Une véritable légende du hardcore new-yorkais qui semble ne jamais vieillir. Vinnie Stigma affiche toujours la même énergie qu’à ses débuts tandis que Roger Miret impressionne par sa présence et sa voix immédiatement reconnaissable.

La Warzone est en ébullition. Les crowd surfers se succèdent sans interruption et la foule compacte s’étend jusqu’au fond de la zone. Lorsque Roger Miret lance un « Fuck governments » avant d’enchaîner sur « Peace », une forêt de majeurs se dresse instantanément vers le ciel. La reprise de « Blitzkrieg Bop » des Ramones transforme ensuite la Warzone en immense chœur reprenant « Hey Ho, Let’s Go ». Une nouvelle démonstration de ce qui fait la force d’Agnostic Front depuis plus de quarante ans.

À la tombée de la nuit, Napalm Death investit l’Altar. Les Britanniques restent une référence absolue du grindcore et les amateurs du genre sont venus nombreux. Sans artifices, simplement accompagnés de leur immense logo en fond de scène, les vétérans britanniques déversent leur avalanche de riffs et de blasts avec une intensité intacte.

Mark « Barney » Greenway court dans tous les sens tandis que Danny Herrera martèle sa batterie avec une précision impressionnante. Fidèle à ses convictions, le groupe continue de délivrer ses messages engagés entre les morceaux. Malgré une température redevenue plus « supportable », l’atmosphère reste particulièrement étouffante sous la tente.

Le public, sans doute éprouvé par quatre jours de festival, se montre un peu plus mesuré mais ne manque jamais d’applaudir et d’encourager le groupe. Même écourtée à cause des problèmes de santé du guitariste John Cooke, la prestation rappelle pourquoi Napalm Death reste l’un des groupes les plus influents de la scène extrême.

Enfin, vient le moment de conclure cette édition 2026 avec Down sur la Valley. Un final particulièrement symbolique pour tous les amateurs de gros riffs et d’ambiances lourdes. Sans être totalement remplie, la Valley accueille une foule impressionnante venue saluer ce véritable supergroupe composé de Phil Anselmo, Pepper Keenan, Kirk Windstein, Patrick Bruders et Jimmy Bower.

L’ambiance devient immédiatement plus pesante, plus hypnotique. Les deux guitares tissent leurs mélodies tandis que le groove caractéristique du groupe enveloppe progressivement toute la Valley. Pour « Temptation’s Wings », Phil Anselmo demande même l’aide du public, reconnaissant lui aussi que la journée a été longue.

Mais la fatigue semble disparaître dès que résonnent les premiers riffs. Down continue de distiller son sludge avec une précision remarquable. Toute l’expérience accumulée par ses membres saute aux yeux. Ici, pas de bandes préenregistrées ni d’artifices inutiles. Juste cinq musiciens qui jouent ensemble avec une sincérité et une complicité évidentes.

Toujours aussi naturel et proche du public, Phil Anselmo ne manque pas d’humour : « Vous voulez un nouvel album ? Alors allez l’acheter ! ». Une remarque qui provoque les rires du public avant que le groupe ne poursuive son voyage musical.

Le final réserve également une belle surprise. Les musiciens invitent plusieurs amis sur scène, notamment des membres de Corrosion Of Conformity, pour partager ces derniers instants avec le public. Un moment simple, chaleureux et profondément humain, à l’image de l’esprit qui règne au Hellfest depuis quatre jours.

C’est ainsi que s’achève cette quatrième et dernière journée du Hellfest 2026, et avec elle notre live report. Une édition marquée par une chaleur accablante, des concerts mémorables et une ambiance toujours aussi unique.

Dans les prochains jours, nous reviendrons plus en détail sur cette édition avec un bilan complet et de nouvelles galeries photos. Restez connectés !

Nous tenons également à saluer une nouvelle fois toute l’organisation, les techniciens et les milliers de bénévoles qui font tourner cette incroyable machine qu’est le Hellfest. Malgré les imprévus et les caprices de la météo, chacun a contribué à faire de cette édition un succès.

Et si cette édition 2026 est désormais derrière nous, l’avenir se prépare déjà. Le Hellfest 2027 changera de dimension avec pas moins de dix scènes et près de 300 groupes programmés, tout en conservant sa formule sur quatre jours.

Rendez-vous l’année prochaine à Clisson !

xWebbYx

Rédacteur en chef et administrateur de TRexSound.com, xWebbYx explore la scène metal sous toutes ses formes, avec une attention particulière portée à l'intensité du live et à l'authenticité des artistes. À travers interviews, chroniques et live reports, il met en lumière les acteurs d'une scène en perpétuelle évolution, des figures emblématiques aux talents émergents.

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