Live Report: Havok, Blood Red Throne, Xonor et Eradikated au Petit Bain : le thrash metal a fait tanguer Paris

Live Report: Havok, Blood Red Throne, Xonor et Eradikated au Petit Bain : le thrash metal a fait tanguer Paris

Bien que l’automne pointe le bout de son nez, ce n’est pas une raison pour éviter les afeterworks sur des péniches et c’est au Petit Bain que nous avons rendez-vous en ce lundi 21 septembre pour une soirée sous le signe du thrash teinté de death avec Eradikated, Xonor, Blood Red Throne et Havok, ce dernier emmenant tout ce petit monde dans une grande tournée européenne passant donc notamment par Paris (mais également Nantes et Lyon).

C’est à 18h30 que les hostilités commencent avec les Suédois d’Eradikated. Le quatuor prend place sur les planches du Petit Bain devant une audience certes clairsemée (il faut dire qu’à 18h30, beaucoup sont encore au travail ou dans les transports), mais prête à en découdre sous les riffs des jeunes thrasheux. Pas de panique néanmoins : l’audience prendra de l’ampleur au fur et à mesure du concert. Eradikated propose un thrash fortement inspiré par les reliquats de ce qui se faisait dans les années 80 à la Bay Area. C’est très efficace et les Suédois ne s’économisent aucunement sur scène. C’est épuré, direct, sans artifice aucun et les nuques des spectateurs risquent fort d’augmenter le chiffre d’affaires des ostéopathes franciliens ces prochains jours. Eradikated nous offre une vraie bonne performance au travers de l’interprétation de titres issus de ses deux albums déjà parus, à savoir Descendants et Wiring of Violence. Le titre Cullin voit les premiers pogos de la soirée se créer au sein d’une audience totalement acquise. Le groupe précise qu’il s’agit de leur première fois en France et qu’ils sont particulièrement heureux de voir que la salle est désormais bien remplie, sentiment qui lui est bien rendu par le public.

Histoire de renforcer un peu les liens avec son assemblée française, le groupe n’hésite pas à lancer une petite pique sur le pays de William Shakespeare (« England fuckin’ sucks ! ») qui fait bien rire le Petit Bain, avant de continuer à délivrer un thrash bien old school, dont on ressent vraiment les influences de Testament, Exodus voire Slayer, ce qui est évidemment loin de déplaire au public. Eradikated conclura son set sur les coups de 19h avec le très bon Ashes au tempo très rapide et qui verra un circle-pit occupant l’ensemble de la fosse du Petit Bain se former ! Malgré un son franchement moyen et (forcément) un light-show somme toute assez classique, nous sommes ravis d’avoir pu découvrir Eradikated ce soir et nous pouvons dire que les Suédois ont fort bien réussi leur baptême du feu sur le sol français !

Après une petite pause pour que tout le monde puisse reprendre ses esprits, c’est au tour des Suisses de Xonor de prendre possession de la scène sur les coups de 19h15. Dans un style plus brut, plus punk et plus sombre que ce à quoi nous avions eu droit avec Eradikated, ainsi qu’avec un chant presque guttural qui n’est pas sans rappeler Lamb of God, la formation suisse vient proposer une prestation très solide, malgré un son une nouvelle fois assez médiocre. Néanmoins, les bagarres se lancent vite dans le pit et le light-show est cette fois-ci à souligner, avec de très bons effets et contrastes, nous donnant parfois l’illusion de ne voir que des ombres sur fond rouge, ce qui colle parfaitement avec les cagoules masquant les visages des membres du groupe et leur direction artistique ! Certains titres régalent tout particulièrement un Petit Bain plus rempli au fur et à mesure des minutes, notamment Monkey Mosh, qui voit un roadie du groupe déguisé en singe sautant depuis la scène vers le pit (non sans une petite chute) afin de participer aux différents pogos et autres joyeusetés.

Une très grosse énergie est échangée entre le public et Xonor dont les membres ont, en plus des cagoules, chacun un petit signe distinctif (le chanteur a un gilet pare-balles, le guitariste a le logo du FC Barcelone sous ses cordes de guitares, le bassiste a quant à lui des dreadlocks que ne renierait pas un certain Corey Taylor et le batteur à un mélange entre un petit gilet pare-balles et une sacoche dans lequel a été placé un téléphone, caméra en avant). Le titre Slaughterhouse, sorti il y a quelques jours, continuera le travail de cassage de nuques commencé par Eradikated et verra même quelques gobelets voler dans la fosse. Xonor, au travers d’un très bon set et avec un thrash plus moderne et plus lourd, tout à fait dans l’ère du temps, a également réussi sa soirée et a fait passer au Petit Bain un excellent moment, en atteste le très gros circle-pit sur Race War (Lügenpresse) durant lequel un fan sortira un drapeau breton tout en effectuant ledit circle-pit, titre qui viendra clôturer un show bien trop court ayant ravi un public qui sue déjà à grosses gouttes alors qu’il n’est que 19h45 et que nous sommes qu’à la moitié de la soirée. Une autre très bonne découverte qu’on espère revoir prochainement en salle ou en festival !

Nouvelle pause avant que la Norvège soit mise à l’honneur avec Blood Red Throne, qui revient en France après un passage remarqué au Hellfest 2026. Seul groupe à l’affiche ce soir à ne pas pouvoir être réellement catégorisé sous l’étiquette « thrash metal », la formation norvégienne vient distiller un death metal, parfois proche du thrash, parfois proche du brutal, auquel nous sommes, sur album, plus hermétique. C’est devant un Petit Bain désormais presque rempli que les Norvégiens montent sur scène vers 20 heures, sous un light-show qui fera durant tout le set la part belle aux tons rouges. Blood Red Throne ne perd pas de temps et se met vite la foule dans la poche avec Unleashing Hell qui réveille les quelques gugus endormis au fond de la salle, avant que Every Silent Plea ne lance circle-pit sur circle-pit, à en faire tanguer la péniche du Petit Bain ! Incarnadine Mangler verra les premiers slammeurs de la soirée et c’est le frontman norvégien qui s’occupera de récupérer ces derniers ! On note que tous les membres du groupe sont extrêmement souriants sur scène, ce qui contraste totalement avec la violence de la musique. Les musiciens semblent habités voire en transe sur scène, n’hésitant à danser et à se dandiner devant le public : voir cela sur du death metal, on n’y était pas préparés !

Plus les titres défilent et plus nous sommes emportés dans le sillage de Blood Red Throne. En outre, non contents de proposer un excellent show avec un son bien meilleur que ce à quoi nous avons eu droit plus tôt dans la soirée, les Norvégiens échangent constamment avec le public, en les cherchant du regard, en parlant parfois avec les premiers rangs, voire même en tapant dans les mains de l’assemblée en plein morceau ! Le titre Itaka viendra battre le record de circle-pits du soir et, à la fin de ce titre, le frontman remerciera sincèrement l’assemblée d’être présente ce soir, tout en buvant quelques gorgées de bière à la santé de cette dernière. Blood Red Throne conclura son set avec Arterial Lust et nous sommes presque choqués de voir un tel échange d’énergie entre les Norvégiens et le Petit Bain (petite note pour le guitariste, sosie officiel de Dimebag Darell, qui viendra gratifier le public d’un slam suite aux dernières notes du concert ainsi qu’au bassiste, particulièrement démonstratif). Vraiment, cette communion, comme si le groupe jouait devant des amis de longue date, était impressionnante et c’est évidemment sous les acclamations d’un Petit Bain totalement convaincu que Blood Red Throne quitte les planches aux alentours de 20h45. Comme dit plus haut, nous avions quelques a priori quant à la présence des Norvégiens sur l’affiche. Finalement, nous n’avons même pas vu le temps passer et on aurait bien repris un peu du death metal des de Blood Red Throne, tant la claque fût grande : comme quoi, les a priori, cela doit rester au placard !

Enfin, dernière petite pause et petit passage au merchandising avant Havok. Des stands assez classiques avec toutefois une mention spéciale pour les cagoules de Xonor mises en vente ! Notons toutefois que le merch est relativement accessible : une trentaine d’euros le t-shirt, ce n’est pas « si cher » que ça pour du merch aujourd’hui. Certains groupes beaucoup plus gros et vendant beaucoup plus de merch devraient en prendre de la graine ! Cependant, nous n’avons pas le temps de trainer car c’est à 21h15 que Havok se présente devant un Petit Bain dont on se demande s’il n’est pas désormais sold-out, tant il est plein comme un œuf. C’est sous les cris de la foule que les Américains entament leur set avec le très bon Hang ‘Em High, qui voit le pit exploser et les slams se multiplier. Le son est désormais bon, le light-show est bien présent, l’énergie est là : que demander de plus ? Peut-être l’interprétation de Prepare for Attack qui permet à Havok de faire honneur à sa réputation, le groupe dirigé par David Sanchez étant vu comme l’un des meilleurs groupes de thrash de ce premier quart de siècle. Give Me Liberty… or Give Me Death verra le premier wall of death se former devant les Américains ainsi qu’un spectateur monter sur scène (il n’y a pas de barrières ou de vigiles entre la scène et le public) pour montrer son postérieur à l’assemblée… Pourquoi pas hein, dirons-nous ! Le frontman remercie à la fin de ce titre le public d’être venu un lundi soir et de dépenser son argent pour faire vivre la scène avant de lancer Fifth Generation Warfare. Ce titre, sous le poids et les mouvements de la fosse, viendra faire une nouvelle fois tanguer la péniche du Petit Bain, le tout avec une odeur de transpiration se faisant de plus en plus ressentir (et c’est bien normal au vu de l’énergie dépensée par le public).

No Amnesty verra un nouveau circle-pit se former, peut-être le plus gros de la soirée, à tel point qu’on se demande si les murs n’ont pas été repoussés ! Les titres comme les slams s’enchainent, notamment sur D.O.A et The Ultimate Weapon (mention déshonorable toutefois au même slammeur qu’on voit déjà passer pour la 5ème ou 6ème fois de la soirée…) et Phantom Force viendra retourner la fosse à tel point que David Sanchez dira que toute cette énergie le fait transpirer et rend sa guitare humide ! Côté technique, le groupe joue de manière très propre, accompagné par un son et un light-show enfin réellement à la hauteur. Cependant, on notera que Havok semble moins démonstratif que Blood Red Throne et on sent quand même moins d’échanges ou de jeux avec le public. Néanmoins, le public n’en a que faire, notamment lors du titre Intention to Deceive durant lequel cela se bouscule tellement dans le pit que les slams n’arrivent plus à se lancer ! Dernière chance pour se dépenser et suer à grosses gouttes, c’est From the Cradle to the Grave qui viendra clore le set et la soirée (titre annoncé cependant un peu à la va-vite : dommage pour un dernier morceau), sous un déluge d’effet lumineux qui aurait été fortement déconseillé aux épileptiques ! Il est environ 22h10 lorsque Havok quitte les planches, non sans prendre une petite photo avec une assemblée luisante de sueur du fait de toute l’énergie dépensée.

C’est donc relativement tôt et en baignant dans notre propre sueur que nous quittons le Petit Bain après une très bonne soirée, soirée durant laquelle les découvertes et confirmations furent nombreuses. Eradikated et Xonor ont, selon nous, un vrai bel avenir devant eux, s’ils continuent sur leur lancée, pouvant satisfaire chacun de son côté (et plus si affinités) tant les fans de thrash old school que les fans de metal plus lourd et plus moderne en recherche de nouvelles sensations. Havok a, pour sa part, confirmé qu’il était aujourd’hui l’un des meilleurs groupes de thrash de sa génération et il ne fait nul doute que nous serons amenés à les revoir prochainement pour perdre à nouveau quelques litres de sueur. Cependant, et à notre grande surprise, notre meilleure impression de la soirée a été lors du concert de Blood Red Throne, formation qui s’est totalement accaparé un public qui était venu en grande majorité pour le thrash et non le death. Nous nous incluons très volontiers dedans et nous tirons notre chapeau à celui ou celle qui a eu la bonne idée de les inclure sur cette affiche, sur laquelle les Norvégiens ont, ce soir, presque volé la vedette aux Américains. Une très bonne soirée donc, qui nous aura fait autant transpirer, si ce n’est plus, que l’été caniculaire que nous laissons désormais derrière nous.

 

Un grand merci à Garmonbozia et à Tâche Presse pour l’accréditation.

Live report : Havok + Blood Red Throne + Xonor + Eradikated au Petit Bain, 21 septembre 2026

Flavien Dublineau

Passionné par les scènes rock et metal, toujours à l'affût des concerts marquants, observateur attentif de la scène live et des tendances fortes de l’actualité musicale.

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