Alex Terrible revient sur les accusations de nazisme : « Je ne suis pas un nazi », mais assume ses erreurs
Les accusations visant Alex Terrible et Slaughter To Prevail ne sont pas nouvelles, mais elles viennent de refaire surface après une nouvelle interview accordée par le chanteur à Metal Hammer. Interrogé directement sur les accusations de nazisme qui l’accompagnent depuis plusieurs années, le frontman du groupe de deathcore russe a livré une réponse plus nuancée qu’un simple démenti. Il reconnaît aujourd’hui certains de ses choix passés, les qualifie lui-même d’erreurs et affirme comprendre pourquoi ils continuent de susciter la controverse, tout en rejetant catégoriquement l’idée d’avoir été ou d’être nazi.
La question était particulièrement directe : pense-t-il pouvoir un jour se débarrasser de ces accusations ? Sa réponse est plutôt pessimiste. Alex Terrible estime que cette controverse restera probablement associée à son nom pendant toute sa carrière. Selon lui, une partie du problème vient d’Internet, où l’image qui s’est construite autour de lui serait très différente de ce qu’il expérimente dans la vie réelle. Il affirme notamment n’être confronté à aucune hostilité comparable lorsqu’il rencontre des groupes, des artistes ou des spectateurs, citant notamment son passage au Bloodstock Festival.
Mais le chanteur ne cherche pas cette fois à nier l’existence des éléments qui ont alimenté la polémique. Il reconnaît notamment avoir fréquenté des personnes appartenant à la droite lorsqu’il était plus jeune et avoir arboré un tatouage représentant le Black Sun, symbole aujourd’hui fortement associé aux mouvements suprémacistes blancs et néonazis. Il avait également porté un tatouage représentant la rune Othala, elle aussi récupérée par différents mouvements d’extrême droite. Le Black Sun a depuis été recouvert.
« Je paie le prix maintenant pour la décision stupide de me faire tatouer le Black Sun et de fréquenter ces types de droite quand j’étais plus jeune », explique-t-il à Metal Hammer. Il affirme toutefois que les personnes qu’il fréquentait n’étaient pas, selon lui, des nazis, mais des personnes de droite, et explique que certains symboles étaient utilisés dans son environnement en Russie comme des marqueurs de force ou de dureté, sans nécessairement leur attribuer la signification politique qu’ils ont aujourd’hui dans le débat occidental.
C’est un élément important de sa défense, mais également l’un des points les plus discutables de son argumentation. Le fait qu’un symbole ait une histoire antérieure au nazisme ou qu’il puisse avoir plusieurs significations culturelles ne change pas le fait que le Black Sun et la rune Othala ont été largement appropriés par des mouvements néonazis et suprémacistes. Dans le cas d’Alex Terrible, ce sont surtout l’accumulation des symboles, certaines fréquentations et plusieurs éléments de son passé qui ont contribué à créer cette perception.
Le chanteur affirme néanmoins qu’avec le recul, il ne referait pas les mêmes choix. « Si je pouvais revenir en arrière, je ne me ferais aucun de ces tatouages », explique-t-il, reconnaissant que sa façon de penser a considérablement évolué. Il ajoute que ces erreurs font malgré tout partie de son parcours et qu’elles ont contribué à construire la personne qu’il est aujourd’hui.
Sa conclusion sur le sujet est sans ambiguïté : il refuse d’être qualifié de nazi ou de raciste. Il explique que certains internautes vont jusqu’à considérer qu’il ne mérite pas de vivre alors que, selon lui, les faits qui lui sont reprochés se résument à avoir fréquenté certaines personnes et à avoir fait « des erreurs stupides ». Il insiste sur le fait qu’il n’a jamais voulu tuer, agresser ou harceler quelqu’un en raison de ses convictions ou de son identité.
Cette nouvelle interview intervient après plusieurs prises de parole similaires au cours des dernières années. En octobre 2025, le guitariste Jack Simmons avait lui aussi défendu son groupe contre les accusations de sympathies nazies, tout en reconnaissant que la controverse était en partie de leur propre fait. Il avait notamment évoqué le tatouage Black Sun d’Alex Terrible et expliqué que celui-ci n’avait pas été réalisé pour exprimer des sympathies d’extrême droite.
Alex Terrible avait également déjà expliqué par le passé que son environnement et ses fréquentations lorsqu’il était jeune avaient joué un rôle dans certains de ses choix. La nouvelle interview marque toutefois une évolution intéressante dans sa manière d’aborder le sujet : plutôt que de chercher uniquement à démonter les accusations, il reconnaît désormais explicitement que certaines de ses décisions étaient mauvaises et qu’il en assume aujourd’hui les conséquences.
La controverse ne concerne d’ailleurs pas uniquement les accusations de nazisme. Le chanteur est également revenu sur les accusations d’homophobie et de transphobie qui ont accompagné certains de ses propos sur les réseaux sociaux. Il affirme ne pas avoir de problème avec les personnes homosexuelles ou transgenres et considère leur orientation ou leur identité comme relevant de leur vie privée. Il soutient que certaines de ses déclarations ont été sorties de leur contexte et concernaient plutôt ce qu’il perçoit comme une influence idéologique exercée sur les enfants.
Il reconnaît cependant que certaines de ses réactions ont pu être maladroites. Après son passage au Bloodstock Festival, Alex Terrible avait notamment publié un message sarcastique présenté comme des excuses à la communauté transgenre, avant de le supprimer. Il reconnaît aujourd’hui que cette publication était insensible et qu’elle pouvait involontairement encourager certains comportements hostiles.
Reste donc une question que cette interview ne permet pas véritablement de trancher : où placer la frontière entre une proximité idéologique réelle et une fascination adolescente pour des symboles et des codes extrémistes ?
Les faits reconnus par Alex Terrible existent. Il a fréquenté des personnes de droite radicale, porté des symboles aujourd’hui associés à l’extrême droite et fait des choix qu’il qualifie lui-même désormais de stupides. Ces éléments expliquent parfaitement pourquoi une partie du public continue de se montrer méfiante à son égard. En revanche, ils ne permettent pas à eux seuls d’établir avec certitude qu’il ait personnellement adhéré à l’idéologie nazie ou qu’il ait défendu une politique raciste.
C’est finalement là que se situe aujourd’hui le débat autour du chanteur de Slaughter To Prevail. Ses détracteurs considèrent que l’accumulation des éléments est suffisamment importante pour ne pas se contenter de ses explications. Alex Terrible, lui, demande qu’on considère son passé comme celui d’un homme jeune ayant fait de mauvais choix, et non comme la preuve d’une idéologie qu’il affirme n’avoir jamais adoptée.
Une chose est certaine : cette controverse ne semble pas près de disparaître. Alex Terrible lui-même le reconnaît. Mais cette fois, son discours ne se limite pas à « je ne suis pas nazi ». Il dit aussi : « j’ai fait des erreurs, je comprends pourquoi elles me sont reprochées et je dois en assumer les conséquences ». Pour un artiste dont l’image repose largement sur la brutalité, la provocation et une personnalité volontairement excessive, cette reconnaissance constitue probablement l’évolution la plus notable de sa défense.
