Spineshank et (hed)pe en concert à Montreuil : retour sur leur passage au Bal Chavaux

Spineshank et (hed)pe en concert à Montreuil : retour sur leur passage au Bal Chavaux

Le Bal Chavaux, à Montreuil, accueillait une affiche pour le moins singulière avec la venue de Spineshank et (hed)pe, réunis pour la première date d’une tournée européenne. Un rendez-vous qui aurait presque pu passer inaperçu au milieu d’une actualité musicale particulièrement chargée depuis le début du mois de septembre. Pourtant, les deux formations avaient de quoi attirer les amateurs de metal alternatif et de sonorités néo-metal. Une occasion rare de retrouver ces deux groupes sur une même scène, dans une salle à taille humaine qui promettait une certaine proximité avec les artistes.

C’est (hed)pe qui ouvre les hostilités. Le groupe entame son set avec une intensité qui ne cessera de grimper au fil des titres. Dans la fosse, les premiers rangs ne tardent pas à bouger, tandis que le public reprend les refrains et accompagne une prestation de plus en plus énergique. La formation déploie avec une aisance évidente ce mélange des genres qui constitue sa signature, entre metal, punk et influences hip-hop. Sur scène, l’ensemble est parfaitement maîtrisé : la section basse-batterie impose une assise redoutable, tandis que Jared Gomes, véritable point d’ancrage du groupe, capte naturellement l’attention.

Le frontman possède toujours cette présence imposante qui lui permet de fédérer le public sans avoir besoin d’en faire trop. Un regard, une attitude, quelques mots suffisent à maintenir le contact avec la salle. À mesure que le concert avance, l’ambiance monte d’un cran et les réactions du public se font de plus en plus enthousiastes. (hed)pe livre ainsi une prestation solide, précise et généreuse, qui confirme toute son efficacité sur scène. À la fin du set, l’excitation est palpable et les fans présents semblent avoir largement obtenu ce qu’ils étaient venus chercher. Une belle entrée en matière, d’autant plus convaincante dans un lieu où la proximité avec les musiciens renforce encore l’impact du spectacle.

L’attente est tout aussi perceptible avant l’arrivée de Spineshank. Le groupe californien n’avait plus joué en France depuis 2003, et ces retrouvailles étaient manifestement attendues. Dès les premières notes, le public répond présent et l’énergie se propage rapidement dans toute la salle. Si le son en façade ne se révèle pas toujours à la hauteur de ce que l’on pouvait espérer (c’était aussi le cas pour (hed)pe), cela ne semble aucunement perturber les musiciens. Spineshank déroule son set avec une précision redoutable, enchaînant les morceaux sans véritable temps mort. Les boucles lancées par le batteur, Tommy Decker, structurent les transitions et contribuent à donner au concert un rythme soutenu, presque frénétique.

Le groupe revient notamment sur ses débuts avec plusieurs titres issus de Strictly Diesel, son premier album. Une manière de rappeler les fondations d’une carrière qui a marqué toute une génération d’amateurs de metal alternatif et de néo-metal. Sur scène, l’engagement est total. Jonny Santos, particulièrement en forme, sait parfaitement comment faire participer la foule et l’invite régulièrement à donner de la voix. Les réponses ne se font jamais attendre : le public connaît les morceaux et ne manque pas une occasion de se faire entendre. Les titres s’enchaînent à vive allure, portés par une formation qui semble déterminée à profiter pleinement de ces retrouvailles.

La proximité avec le public devient même l’un des moments marquants de la soirée lorsque James Mills, habituellement à la basse au sein de Severance et qui assure cette fonction sur la tournée, s’aventure au milieu de la foule. Une façon supplémentaire de faire tomber les barrières entre la scène et la fosse, dans une ambiance déjà particulièrement électrique. Impossible, bien entendu, de passer à côté de « New Disease », l’un des titres les plus emblématiques de Spineshank. Le refrain est repris avec force par une salle qui n’attendait visiblement que ça. Le groupe maîtrise son sujet et sait faire revivre l’efficacité de ses morceaux sans donner l’impression de se reposer sur la nostalgie.

Avant la fin du concert, Jonny Santos glisse également une information qui devrait réjouir les fans : Spineshank travaille actuellement sur un nouvel album. Une annonce qui laisse entrevoir la possibilité de retrouver prochainement le groupe sur scène, et pourquoi pas à nouveau en France. Après une absence aussi longue, ces retrouvailles donnent en tout cas envie de ne pas attendre une nouvelle décennie avant de revoir la formation dans la capitale.

Cette soirée au Bal Chavaux aura finalement offert une belle démonstration de l’efficacité scénique de deux formations qui n’ont rien perdu de leur énergie. (hed)pe a su faire monter la température progressivement, tandis que Spineshank a transformé l’attente accumulée depuis son dernier passage en France en un concert intense et sans concession. Dans une salle à taille humaine, la proximité avec les artistes a largement contribué à la réussite de ce rendez-vous. Une affiche peu commune, tout du moins en France, deux prestations convaincantes et un public au rendez-vous : voilà de quoi repartir avec le sentiment d’avoir vécu une soirée qui méritait davantage de visibilité.

 

xWebbYx

Rédacteur en chef et administrateur de TRexSound.com, xWebbYx explore la scène metal sous toutes ses formes, avec une attention particulière portée à l'intensité du live et à l'authenticité des artistes. À travers interviews, chroniques et live reports, il met en lumière les acteurs d'une scène en perpétuelle évolution, des figures emblématiques aux talents émergents.

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