Calva Louise en concert à Paris : Live Report du 24 octobre 2026 au Backstage By The Mill

Calva Louise en concert à Paris : Live Report du 24 octobre 2026 au Backstage By The Mill

Déjà solidement convaincu par Calva Louise tant au travers de sa discographie qu’en live (que cela soit en première partie de Bloodywood en mars 2025 ou de Stray From the Path en novembre de la même année), rendez-vous était pris en ce 24 octobre 2026 afin de pouvoir les voir lors d’une prestation en tête d’affiche. Nous attendions cette date avec une immense hâte, tant nous apprécions la formation depuis que nous l’avons découvert, à un point où rares sont nos proches à ne pas avoir été mis au fait de la « propagande Calva Louise » que nous leur faisons depuis près de 4 ans maintenant.

Cependant, nous avons quelques difficultés à atteindre le lieu de rendez-vous, entre problèmes de transports, perturbations dues aux manifestations et imprévus personnels. Nous arrivons finalement au Backstage By The Mill qu’aux alentours de 20h10, assez loin des 19h45 où Imparfait commençait son set. Nous ne rentrons dans la salle que pour les vingt dernières minutes du set de ces derniers mais nous regrettons assez vite de ne pas en avoir vu plus : nous avions jusque-là rarement vu un public aussi chaud lors d’une première partie ! Dans un style assez fourre-tout mais loin de faire pot-pourri, mélangeant rock, metal, punk et rap le tout dans une ambiance très dansante, le groupe se donne à fond sur scène devant une salle déjà bien remplie, occupant parfaitement l’espace mis à disposition et dans une ambiance très chaude, contrastant avec la fraicheur de l’automne parisien. Sachant jouer avec le public et bénéficiant d’un son très correct, c’est avec le titre RÊVE (aux sonorités assez « Mass Hysteriesques ») que la formation parisienne conclut un set ayant été visiblement haut en couleur et qui aura été très bien reçu par le public, en attestent les nombreux compliments entendus ici et là durant l’entracte. Imparfait est une formation à suivre et, comme le titre de leur dernier album le dit, merci pour la fête !

Petit tour au merch où, entre les différents goodies classiques, nous constatons que Calva Louise a mis à disposition sur son stand une petite télévision à tube cathodique surplombée d’une caméra et devant un mini synthé, permettant d’enregistrer un message pour le groupe dans une vibe très nineties. Très original : cela attire l’œil et la curiosité de la foule ! Suite à quelques minutes d’attente, c’est finalement à 21h tapantes que le trio cosmopolite composé de Jessica « Jess » Alanic (chant / guitare / synthé, franco-vénézuélienne), Alizon Taho (basse / chœurs, français) et Ben Parker (batterie, néo-zélandais) prend possession des planches parisiennes sous les notes de The Abyss diffusé par la sono avant d’entamer véritablement son set avec Tunnel Vision, qui vient lancer les premiers mouvements au sein d’un pit déjà tout acquis à la formation. Le non moins bon W.T.F. viendra montrer toute la puissance live du groupe et notamment la facilité d’échange entre différents instruments par la frontwoman, qui passe du combo guitare – chant hurlé à synthétiseur – voix claire avec une insolente aisance. Le public est chaud bouillant et ne va pas baisser en température lors de El Umbral, qui verra Jess chanter en espagnol tout en dansant sur scène ainsi qu’en démontrant tout son talent devant le synthétiseur, tandis que les premières chutes dans la fosse dues aux énergiques pogos apparaissent.

Après ces trois premiers titres issus de l’album Edge of the Abyss, c’est Over The Threshold, issu de l’album éponyme, qui vient ravir les fans de plus longue date avec une interprétation planante et enivrante, le tout sous des écrans de télévision placés derrière les musiciens et diffusant les images du clip du titre en question. La synergie entre les différents membres du groupe et son public est saisissante, en atteste les jeux de regard ainsi que les nombreux sourires et clins d’œil faits par les musiciens à son public (mention spéciale pour Alizon, qui passera une grande partie du concert à être en contact direct avec les premiers rangs). Les sourires des membres de Calva Louise ne disparaissent pas lors de Under the Skin, bien au contraire, s’accompagnant en outre de headbangs à s’en briser la nuque. Nous avons ensuite droit à une prise de parole plus conséquente de Jess, mélangeant dans ses premiers mots l’anglais, l’espagnol et le français dans une scène assez cocasse qui amuse le public et dont elle s’amuse elle-même. Revenant au français, elle remercie au nom du groupe le public venu en nombre ce soir (la date était sold-out) et explique que tout est fait dans une logique DIY, que ce soit l’éclairage, le light-show, la scénographie ou encore les soucis techniques, en faisant faire un tonnerre d’applaudissements pour Alizon, l’homme à tout faire du groupe. On la sent véritablement émue, notamment par la présence de quelques fans vénézuéliens sur cette date parisienne qui agitent des drapeaux de ce pays et explique que chacun a le droit de vivre la vie qu’il veut vivre, sous une nouvelle salve d’applaudissements de la foule.

Une fois ce petit discours effectué, le groupe nous dévoile alors les prémices d’un court-métrage réalisé par la bande et devant sortir lors du mois de décembre prochain, avant d’interpréter La Promesa, dernière sortie en date du trio. Le public ne tient plus en place et se craque complétement… comme la sono, qui subit malheureusement un souci technique privant la salle de son durant quelques secondes. Ce souci se verra résolu en deux temps trois mouvements par Alizon, décidemment l’homme à tout faire (Jess lui faisant une petite dédicace par rapport à son discours précédent) ! Après quelques secondes sans que personne ne leur en tienne la moindre rigueur, Calva Louise relance La Promesa et, cette fois-ci, sans aucun souci technique. Tant mieux, car ce titre, avec une introduction au son de clavecin avant une déflagration aux accents presque deathcore, est une réelle pépite. Il faut dire que, en outre de sa prestance en live, le mélange des styles et des genres est une des principales qualités du groupe, ce dernier pouvant sur le même morceau faire planer l’auditeur avant de lui rompre les cervicales au travers d’irrésistibles headbangs.

Con Corazon, joué ensuite, viendra également confirmer que Calva Louise dispose d’une prestance scénique rare avant que Hate in Me, précédé par un film présentant l’univers du groupe, fasse une nouvelle fois retourner la fosse. Impeccable n’en fera pas moins, avec les membres du groupe captant les regards de chacun des fans présents. Il sera suivi du très bon Lo Que Vale, tout en espagnol et qui viendra une nouvelle fois confirmer, si besoin était, que chaque musicien avait quelque chose de spécial (avec une mention spéciale pour Ben Parker, peu évoqué jusque-là, mais terriblement efficace derrière ses fûts, imposant son groove à chaque instant). Jess finit par prendre une nouvelle fois la parole pour annoncer au public qu’il leur reste deux titres à interpréter et ce sera Aimless qui prendra la place d’avant-dernier titre, introduit par la frontwoman seule au synthé avant que cette dernière et Alizon ne viennent presque se mélanger au public tant ils s’en rapprochent. Le concert se conclura par le morceau Opportunista, avec une ultime session de headbang partagée entre le groupe et son public, sous les voix de ce dernier accompagnant celle des musiciens.

C’est finalement au bout d’une grosse heure que Calva Louise finit par quitter les planches parisiennes. Dommage, nous aurions bien aimé deux ou trois morceaux en plus (notamment Feast is Over, Third Class Citizen ou encore Belicoso, pour ne citer qu’eux), tant le concert était très bon à tous les niveaux. Une réelle énergie, une communication rafraichissante, un jeu scénique excellent et un véritable lien avec le public : c’est peut-être « l’effet petite salle », mais on ressentait véritablement qu’il n’y avait pas cette distinction entre public et artistes et plutôt une foule de personnes partageant le même univers. Nous avions énormément d’attentes sur ce concert et le trio a parfaitement répondu à celles-ci, nous faisant passer une soirée qu’on n’oubliera pas de sitôt. Il nous tardait de pouvoir enfin les voir sur un set complet ; il nous tarde désormais de les revoir et ce aussi vite que possible. Calva Louise est un groupe qui risque fort de compter grandement dans le paysage metal de ces prochaines années et nous ne serons pas surpris de les voir véritablement exploser très prochainement, tant ce qu’ils proposent est différent des autres groupes. Calva Louise ne joue pas d’un genre spécifique de musique, ils SONT un genre spécifique et, si nous ne pouvons pas affirmer de leur genre musical tant leur spectre est grand, nous pouvons affirmer qu’après un tel concert, notre « propagande Calva Louise » a encore de beaux jours devant elle.  

 

Flavien Dublineau

Passionné par les scènes rock et metal, toujours à l'affût des concerts marquants, observateur attentif de la scène live et des tendances fortes de l’actualité musicale.

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