Stray From The Path en tournée d’adieux à l’Élysée Montmartre : Live Report du 13 novembre 2025
10 ans jour pour jour après les attentats du 13 novembre 2015 et deux jours après avoir pris une claque émotionnelle lors du concert d’Enter Shikari au Bataclan, nous nous rendons pour la première fois de notre vie, après plus de quinze ans à aller voir des concerts (!), à l’Élysée Montmartre. Nous avons rendez-vous avec Stray From The Path, pour sa dernière date parisienne et dans le cadre de sa tournée d’adieux, qui est accompagné pour l’occasion de trois autres formations, à savoir Alpha Wolf, Graphic Nature et nos chouchous Calva Louise. Ces derniers auront la tâche d’ouvrir le bal et nous avions hâte de les revoir, ayant découvert cette formation en fin 2022 et ayant déjà été conquis lors de leur passage au Bataclan en première partie de Bloodywood le 19 mars dernier.
Nous arrivons dans la salle du 18ème arrondissement parisien alors que Calva Louise est déjà sur les planches et, si nous en sommes un peu frustrés, nous nous rendons compte que nous ne sommes finalement pas si en retard. En effet, nous arrivons visiblement à la fin du premier titre de la formation basée à Londres mais aux accents très français. Jess, la chanteuse-guitariste-pianiste, est franco-vénézuélienne, Alizon, le bassiste, est français et Ben, le batteur, est néo-zélandais. Un mélange plus qu’original donc, mais revenons-en au concert. Devant une fosse franchement bien remplie pour l’horaire (18h30), nous arrivons lors des dernières notes de Tunnel Vision. Ce titre, issu de leur nouvel album Edge of the Abyss (qui sera fortement représenté), se verra
suivi du Third Class Citizen puis de El Umbral, qui nous apportera une vision de la palette vocale de Jess, tout aussi capable de nous envouter en anglais qu’en espagnol. Les têtes et les corps de la fosse bougent et les changements d’ambiance au sein des titres font leur effet, tout comme l’alternance entre la guitare et le synthé, maitrisés tous deux par la frontwoman. Cette dernière prendra la parole pour remercier le public d’être venu aussi tôt pour les voir et on sent une émotion sincère dans son regard, entre fierté et amour pour son public. Le groupe se donne à fond sur scène comme s’ils étaient en tête d’affiche, cela fait plaisir ! Ce n’est pas l’interprétation d’Impeccable qui nous fera dire le contraire, tant les trois musiciens transmettent leur énergie à un public qui en redemande sans cesse. Jess prendra la parole afin de rendre un hommage aux victimes du 13 novembre 2015 ainsi que pour remercier Stray From The Path pour l’invitation, avant que le trio ne nous offre Hate in Me, tout simplement parfait et dont la partie au synthé ravit l’assemblée. On sent que Calva Louise marque des points ce soir devant le public parisien
(à titre personnel, cela fait bien longtemps que nous sommes conquis) et on voit dans le regard des musiciens qu’ils sont heureux d’être là, sentiment bien rendu par l’assemblée qui nourrit le groupe d’applaudissements réguliers. L’envoutant Aimless viendra lancer les premiers petits pits de la soirée sous un lightshow coloré et le groupe conclura un set court mais très efficace avec le très bon Oportunista, tout en puissance et nous transportant avec son break au synthé. Seul reproche que l’on pourrait faire sur cette prestation, un temps de passage bien trop bref ! Nous avons hâte de revoir Calva Louise, en espérant un set un peu plus long la prochaine fois voire un concert en tête d’affiche, pourquoi pas en 2026 ? Cela permettrait de (re)voir des titres comme Over the Threshold ou W.T.F mais, une chose est sûre, c’est que nous prédisons un grand avenir pour cette formation. Nous l’avions prédit pour Landmvrks et Electric Callboy et, quand on voit où en sont ces deux-là maintenant, on espère que Calva Louise confirmera l’adage « jamais deux sans trois ». En tout cas, on y croit fortement !
Après le petit tour au merch pour lequel nous n’avons rien de particulier à dire (si ce n’est un tapis de souris à l’effigie du dernier album de Calva Louise, que nous avons évidemment acquis), c’est au tour de Graphic Nature de prendre la relève. Nous ne connaissions pas le groupe jusque-là et il faut dire que leur mélange entre hardcore, nu-metal et metalcore est assez sympa, même si nous sommes à des années lumières du style musical de Calva Louise (qui, spoiler alert, fera figure d’ovni stylistique ce soir). Les Anglais ne sont pas là pour faire dans la dentelle et le montrent très vite, n’ayant pas besoin de réclamer la création de moshs et de circles pits pour que ceux-ci se forment. Le lightshow est moins coloré que ce dont on avait eu droit pour Calva Louise (principalement des teintes sombres), ce qui est peut-être plus cohérent avec le style proposé et les thèmes abordés par la bande, traitant beaucoup de la santé mentale. Si nous ne pouvons pas dire que
nous sommes des experts concernant Graphic Nature, nous pouvons néanmoins dire que la formation a proposé un set solide, amenant une très grosse énergie dans la fosse et, si nous doutons du fait qu’une grande part de l’assemblée avait pu voir le groupe en live au préalable, il ne fait nul doute que les Anglais ont fait mouche ce soir, au travers d’une prestation qui aura fait plaisir à voir (et qui sera sûrement responsable de quelques bleus sur la peau du public le lendemain). Notons également un petit discours original avant le dernier titre proposé par le groupe, relatif au merchandising, le frontman invitant qui le pouvait de venir acheter du merch car, selon lui, c’est aujourd’hui « le meilleur moyen de soutenir les groupes et artistes et de créer un vrai lien entre ces derniers et leur public ». Nous sommes totalement d’accord avec cela et, même si on peut pester contre les prix actuels (et on le fait souvent), ceci n’en demeure pas moins véridique. Fractured viendra finalement clôturer un set plutôt bon qui aura eu le mérite de chauffer comme il fallait la salle avant Alpha Wolf.
Visiblement très attendus, c’est à 20h10 qu’Alpha Wolf prend possession de la scène de l’Élysée Montmartre. Nous voyons un certain nombre de t-shirts à l’effigie du groupe dans la fosse et nous notons facilement une demi-douzaine de vinyles de la dernière sortie de la bande, à savoir Half Living Things, sous les bras de divers spectateurs du concert. Le metalcore teinté de deathcore du groupe venant de Tasmanie est lourd, très lourd, ce qui ravit l’audience dans son ensemble (même si nous sommes un peu moins fans du genre). Il ne faut pas plus de deux minutes aux Tasmaniens pour se retrouver devant les premiers slammeurs de la soirée et le pit devient vite un énorme foutoir, peu aidé par les nombreux fans venant effectuer des stagedivings en pagaille. C’est assez impressionnant et le groupe, comme Graphic Nature, ne fait pas non plus dans la dentelle, encourageant même les fans à venir faire un tour sur la scène avant de replonger dans la fosse (avec quelques ratés de ces derniers néanmoins, on ne comptera pas les
mauvaises réceptions et les chutes sur les planches de l’Élysée Montmartre). Loachie Keogh, frontman de la bande, mentionne qu’il est toujours heureux de jouer à Paris et encore plus ce soir, devant la plus grande audience qu’il n’ait jamais eu dans cette ville. Le groupe se donne durant toute la durée de son set, étant aussi énergique que la fosse qui le lui rend bien et ce sous un lightshow plus intense et coloré que Graphic Nature. Le nombre de stagedivings qu’il y a devant les Tasmaniens est totalement fou mais les fans plus terre-à-terre en ont également pour leur argent avec la formation d’un moshpit venant prendre quasiment l’intégralité de la fosse ! Le titre Haunter, visiblement très attendu, verra la fosse se taper dessus dans tous les sens
(évidemment, toujours avec amour), avant que Mangekyō, avant dernier titre du set, voit le frontman déclarer qu’il s’agit là « du meilleur concert de la tournée », ce qui motive la fosse à se donner encore plus. L’ultime titre, Akudama, se verra être précédé par une demande du frontman à la fosse, enjoignant le public à venir se rapprocher et à se compresser devant la scène afin de renforcer les liens entre ces derniers et le groupe, mais aussi pour faciliter les stagedivings. Cela marche plus que bien car, lors de ce dernier titre, on ne peut pas donner un nombre précis de slammeurs et de stagedivers, mais en décompter une cinquantaine n’aurait pas été incohérent tant le flux ne s’arrêtait pas. Du grand n’importe quoi certes, mais un n’importe quoi cool ! Alpha Wolf était attendu et n’a pas déçu et, même si nous n’étions pas fan du style musical (nous ayant fait penser plus d’une fois à Lorna Shore), le quinquet à littéralement retourné l’Élysée Montmartre et il ne fait nul doute qu’avec une prestation comme celle-ci, ces derniers risquent fort de revoir certaines personnes les ayant découvertes ce soir lors de leur prochain passage à Paris. Une prestation plus que solide donc !
21h13, il est désormais temps que les vedettes du soir fassent leur apparition. C’est sous les cris d’une fosse désormais quasiment pleine que Stray From The Path (« SFTP » ci-après) se présente pour une ultime fois à Paris, le groupe ayant annoncé l’arrêt de ses activités pour la fin 2025. C’est donc la dernière occasion de les voir et le public ne le sait que trop bien. Il a alors, pour marquer le coup, décidé d’être particulièrement bouillant et, dès Kubrick Stare, premier titre de la soirée interprété par SFTP, ce sont déjà des dizaines de slammeurs et de stagedivers qui réapparaissent, se percutant même parfois ! III puis First World Problem Child continueront de faire transpirer la fosse, à tel point que sur ce dernier, c’est quasiment l’ensemble du public de l’Élysée Montmartre qui vient à pogoter. Shot Caller calmera les bagarres dans le pit mais viendra casser des nuques et on constate que le lightshow est enfin à son plein potentiel. Juste avant
Fuck Them All to Hell, Andrew Dijorio, frontman de la bande, challenge les fans parisiens à battre le record de la veille à Lyon en termes de slams : « ils étaient au moins 100 hier sur ce titre » dit ce dernier, venant titiller l’esprit de compétition de l’audience parisienne. On ne saurait dire si ce challenge a été réussi ou non, cela dit, qu’est-ce que cela défile : on en a rarement vu autant de slams en même temps dans une salle ! Can’t Help Myself et Goodnight Alt-Right prendront la suite, avec un message d’inclusion suite à ce titre, avant que Chest Candy ne vienne encore une fois tout retourner dans la salle (non sans faire penser au style musical de Rise of the Northstar, toutes proportions gardées). Can I Have Your Autograph ? suivra et le groupe invitera ses fans parisiens à maximiser les slams ainsi que les stagedives et, à force, on remarquera que les slammeurs, avant de sauter de la scène, font presque un concours de poses et de plongeons !
Ce concert est un foutoir géant, à tel point que pas mal de chutes sont à noter, sans gravité heureusement. Il y a d’ailleurs tellement de fans qui montent sur scène que cela en devient difficile de prendre des photos du groupe sans eux ! Needful Things et May You Live Forever continueront de battre le fer tant qu’il est chaud et, alors que le frontman adresse quelques mots en français à son public (non
sans remettre à sa place un spectateur qui n’avait visiblement pas bu que de l’eau), nous notons une petite scène plutôt sympa. En effet, alors que le frontman nous parle, le reste du groupe et l’équipe technique de SFTP en profitent pour prendre des shots et trinquer derrière lui ! Andrew Dijorio explique qu’il est triste de la fin du groupe et que le public va leur manquer, mais qu’il s’agit d’une décision commune et qu’il n’y a aucun problème entre les membres du groupe. Cependant, il était « hors de question de nous arrêter sans revenir une dernière fois à Paris, donc foutez-moi le bordel dans la salle » (traduction plus ou moins littérale), consigne qui n’aura aucun mal à être respectée pour le très lourd et très bon Clockworked. Guillotine continuera de donner du boulot aux kinés parisiens pour les prochains jours et l’interprétation de ce titre sera une nouvelle
preuve que le groupe se donne à fond sur scène, comme durant toute cette soirée. L’ultime titre proposé par la formation, Fortune Teller, viendra clore l’histoire entre Paris et SFTP, non sans un dernier échange entre le groupe et son public, le frontman invitant les membres de ce dernier à se rapprocher de la scène pour échanger des poignées de mains avec le plus grand nombre de fans possible, avant que les autres musiciens ne viennent distribuer médiators, baguettes et setlists en pagaille à une foule en sueur mais plus que satisfaite.
C’est alors aux alentours de 22h30 que nous quittons l’Élysée Montmartre, usés par une soirée qui fut très énergivore, mais pour les meilleures raisons. Un concert d’adieu qui fera date et, s’il n’est désormais
plus prévu que Stray From The Path remonte sur une scène parisienne, si jamais l’envie leur prend, nul doute qu’ils n’auront pas besoin de grandes annonces pour que leur public parisien réponde présent ! Un très bon concert, une très bonne soirée et, non sans rendre un nouvel hommage aux victimes innocentes d’il y a 10 ans jour pour jour, c’est presque sur une impression de trop peu que nous reprenons le chemin de la maison. Bonne route et bonne continuation Stray From The Path et à une prochaine qui sait ? Cela sera avec grand plaisir en tout cas !
Ce live-report, comme celui d’Enter Shikari et de DeathbyRomy de cette semaine, est également et bien sûr dédié à toutes les victimes innocentes du 13 novembre 2015. Nos pensées et nos prières vont évidemment à toutes celles et tous ceux qui ont été touchés, de près ou de loin, par ces attentats. Ni oubli, ni pardon et puisse la vie et ses plaisirs continuer, en l’honneur et en hommage à celles et ceux qui sont partis trop tôt il y a dix ans.
Merci à Rage Tour pour l’accréditation.
Live report : Stray From The Path, Alpha Wolf, Graphic Nature et Calva Louise, Élysée Montmartre, 13 novembre 2025
