Machine Head à Toulouse (Interférence, 24/04/2026) : un live report immersif d’un show marathon

Machine Head à Toulouse (Interférence, 24/04/2026) : un live report immersif d’un show marathon

Note de la rédaction : Un premier live report du concert de Machine Head à l’Interférence (Balma, Toulouse) a déjà été publié sur TRexSound. Nous proposons ici un second regard, plus détaillé et immersif, signé par un autre de nos correspondants présents ce soir-là.

Malgré deux derniers albums ayant divisé les fans et la critique, dire que Machine Head n’est plus un rouleau compresseur sur scène serait un mensonge éhonté, tant nous avons été bluffés par leurs deux derniers passages en terres tricolores, à savoir au Hellfest 2024 et au Motocultor 2025, qui étaient peut-être les deux meilleurs concerts de ces différentes éditions. Alors, quand nous avons su qu’une nouvelle tournée européenne était dans les tuyaux pour ce printemps 2026, qui plus est sous le format An Evening With Machine Head, c’est-à-dire sans premières parties et avec 3 heures annoncées de show, il ne restait plus qu’à croiser les doigts pour un passage en France. Joie, la France faisait bien partie des plans de la formation d’Oakland et, cerise sur le gâteau, ce n’était pas une, ni deux, ni trois mais bien quatre dates qui étaient prévues dans l’Hexagone, dont une à Balma, à proximité directe de Toulouse, ville chère à notre cœur. Impossible pour nous de ne pas en être !

C’est donc avec beaucoup d’attentes et d’espérances que nous prenons la route direction Balma, dans l’aire urbaine toulousaine, aussi bien marqués par les dernières performances en festival du groupe que par ses derniers passages en salles sous le concept An Evening With Machine Head (dont le passage à Paris en 2016 était notre concert favori de tous les temps jusqu’à la performance folle de Parkway Drive en novembre dernier). Nous arrivons vers 19h30 devant l’Interférence, qui affiche sold-out depuis bien longtemps (la première date française sur les quatre à afficher complet d’ailleurs, avant que toutes les autres dates françaises ne le soient à leur tour). Petit tour au merch avant que les hostilités ne commencent, merch qui nous décevra finalement, avec un choix assez réduit et des tee-shirts aux motifs génériques au mieux. Cela sera toujours ça d’économisé !

L’Interférence ayant annoncé un show durant de 20h à 22h30, nous prenons place dans la salle sur les coups de 20h, non sans remarquer que la durée prévue est donc réduite de 30 minutes par rapport aux promesses du groupe. On fera avec, tout comme on fera avec le retard de 30 minutes du groupe, qui ne se présente qu’à 20h30 sur les planches occitanes, sous les notes de l’intemporel Imperium. Robb Flynn et ses acolytes semblent en forme et nous nous amusons beaucoup de l’accent de ce dernier lorsqu’il prononce le nom de Toulouse (« Tolose »). Toutefois, nous n’avons pas compris, encore maintenant, s’il disait « Toulouse’s friends » ou « Toulouse France » pour s’adresser au public ! Le massif Ten Ton Hammer suit, avec un pit qui commence à prendre forme, avant que CHØKE ØN THE ASHES ØF YØUR HATE ne vienne déclencher, à la demande du frontman, le plus gros circle pit de la soirée ! L’excellent Now We Die suivra, avec un premier « Santé ! » en français dans le texte adressé par le frontman à son public occitan en conclusion de ce titre et qui précédera le non moins bon The Blood, The Sweat, The Tears. Le pit est assez violent et c’est tant mieux, mais on notera malheureusement la présence de quelques énergumènes, d’un certain âge et visiblement pas fâchés avec la boisson, n’hésitant pas à donner de véritables coups gratuitement dans certaines zones sensibles voire dangereuses, à tel point que l’on constate que les esprits s’échauffent de la mauvaise manière à quelques occasions.

Revenons à nos réjouissances avec le très bon Is There Anybody Out There ?, avant que Machine Head ne sorte des cartons Elegy, titre qui n’avait pas été joué depuis 4 ans ! Robb Flynn aura d’ailleurs un petit échange sympathique avec un jeune fan de 8 ans, porté sur les épaules de son père, ce qui amuse l’assemblée et permet également à celle-ci de souffler un peu. Beautiful Mourning viendra représenter l’album The Blackening pour la première fois de la soirée, puis None But My Own se chargera de ravir les fans de la première heure et retourner l’Interférence par son outro propice à la folie furieuse, avant que SLAUGHTER THE MARTYR vienne combler les fans plus récents du groupe. Nous aurons droit à un nouveau break et une nouvelle prise de parole du frontman, celui-ci disant à son assemblée qu’il était ravi de passer son vendredi soir à Toulouse et portant un toast à la santé de ses fans, tout en les remerciant sincèrement pour le soutien dont Machine Head a pu jouir années après années. Blood for Blood suivra cette prise de parole (bien que ce fût Aestetics of Hate qui était prévu sur la setlist papier du groupe) avant qu’un de nos titres favoris de la bande à titre purement personnel, à savoir Game Over et son refrain presque punk, ne vienne retourner une nouvelle fois une Interférence toute acquise au groupe depuis bien longtemps ! On notera d’ailleurs la sortie des placards de l’iconique guitare Love/Death de Robb Flynn pour ce titre : cela fait toujours plaisir à voir. Old, qui permettra aux amateurs de lightshow d’en prendre plein les yeux, viendra conclure ce nouveau chapitre du concert avant que le frontman ne prenne à nouveau la parole pour remercier ses fans.

Cependant, pas question d’en rester là et ØUTSIDER viendra mettre la fosse littéralement à genoux avant qu’elle n’explose tous azimuts, précédant un Locust qui plongera la salle dans un vert âcre, comme à l’accoutumée, pendant que nous distinguerons des sourires sincères sur le visage des musiciens. BØNESCRAPER verra quant à lui un wall of death prenant quasiment l’intégralité de la fosse prendre forme, pour le plus grand bonheur des participants à ce dernier et des musiciens ! Nouveau petit entracte avec le départ des membres du groupe excepté Robb Flynn, qui se saisit d’une guitare acoustique pour interpréter le peu fréquent Bastards avant le toujours très bon Darkness Within, qui sera accompagné des flashs et des voix des spectateurs dans une ambiance presque religieuse et touchante (à noter la présence en retrait de Jared MacEachern, bassiste de la formation, également avec une guitare acoustique durant cet interlude, lors de la fin des titres). Après ce petit moment acoustique, Catharsis viendra remonter la jauge mesurant les décibels, bien que l’on sente que la foule est encore un peu marquée par le passage acoustique auquel elle vient d’assister. Néanmoins, cela ne nous empêche pas d’en avoir une nouvelle fois plein les yeux, avec des lumières et des écrans dégueulant de couleurs !

Nous arrivons finalement vers la fin du concert et ce sont d’anciens morceaux de Machine Head qui sont mis à l’honneur, avec un premier temps Bulldozer, qui nous ramène droit dans les années 2000. Le voyage dans le temps continuera avec From This Day et ses nombreux slammeurs avant que l’incontournable Davidian, toujours très massif, se charge de briser les nuques qui ne l’étaient pas encore. Pas de rappel stricto sensu, mais un nouveau mot de remerciements de la part de Robb Flynn, qui en profite pour s’amuser avec un fan qui tente d’établir le record de la plus haute pile d’écocups effectuée dans la salle occitane en le surnommant « cock standing man » (nous vous passerons la traduction !) avant que cette pile, pas loin d’atteindre le plafond de la salle, ne soit détruite à coups de tourbillons. C’est finalement le légendaire Halo, accompagné par une légère pyrotechnie (petite déception à ce niveau : la pyrotechnie fût, hormis sur ce moment, complétement absente du show) qui clôturera peu avant 23h05 un concert maîtrisé de bout en bout dans une salle que nous avons pris plaisir à découvrir. Distribution de médiators personnalisés à la date du jour en voulez-vous en voilà et rideau, pour un show qui n’aura finalement duré « que » deux heures trente-cinq. Si on devait faire la fine bouche, nous dirions que les 3 heures annoncées ne furent pas là, mais quelle débauche d’énergie pendant ces plus de deux heures et demie : nous ressortons lessivés de la salle et en ayant la sensation que chaque euro dépensé dans le prix du billet en valait la peine. Une très bonne soirée, un très bon concert et direction le roof-top de l’Interférence sous la douce nuit occitane afin de porter, à notre tour, un toast à la santé de Robb Flynn et à ses acolytes : santé, Machine Head et à très vite !

 

Flavien Dublineau

Passionné par les scènes rock et metal, toujours à l'affût des concerts marquants, observateur attentif de la scène live et des tendances fortes de l’actualité musicale.

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