Machine Head à l’Olympia, un second regard sur les 3h de chaos maîtrisé à Paris (Live Report complet)
Une grosse semaine après la très bonne prestation de la bande à Robb Flynn à l’Interférence de Balma, en aire urbaine toulousaine (dont vous pouvez non pas un, mais deux reports, ici et là), nous avions la chance d’avoir à nouveau rendez-vous avec Machine Head, cette fois-ci à Paris et plus précisément dans la mythique salle de l’Olympia en ce samedi 2 mai 2026. Une nouvelle fois, cela sera dans le cadre de la tournée An Evening With Machine Head : ce n’est donc pas moins de 3 heures de concert qui sont attendues ! C’est avec hâte que nous rejoignons le boulevard des Capucines et nous arrivons devant la salle aux immenses lettres rouges aux alentours de 19h20, pour un début de concert annoncé pour 19h30. Petit passage au merch pour occuper les quelques minutes dont nous avons à disposition mais, il fallait s’en douter, les articles étaient les mêmes que la semaine dernière : nous passons donc une nouvelle fois notre tour !
Finalement, ce n’est qu’à 19h40 que Bohemian Rhapsody de Queen est craché par les enceintes de l’Olympia avant que ces dernières diffusent In Comes The Flood, le tout sous un petit film introductif montrant un château médiéval sous des drapeaux affichant les logos de Machine Head (le même film qu’à l’Interférence de Balma). Le quatuor prend finalement place sur les planches de l’Olympia sur Imperium, comme à son habitude durant cette tournée et les premiers circles-pits commencent déjà à se former. Le groupe enchaine immédiatement avec Ten Ton Hammer, toujours très massif et qui voit la salle parisienne toute entière brandir le poing sous les notes jouées par le groupe. Nous avons d’ailleurs droit au premier « Headbang motherf*ckers » lancé par Robb Flynn de la soirée et cela sera loin d’être le dernier ! Nous constatons également que Jared MacEachern, bassiste de la formation (et à la chevelure toujours aussi soyeuse), semble habité lors de ce titre, cherchant la confrontation de regard avec la foule. On ne change pas les bonnes habitudes pour la suite, avec CHØKE ØN THE ASHES ØF YØUR HATE, lors duquel Robb Flynn demande à son audience de former le plus gros circle-pit de la soirée. Circle-pit qui sera particulièrement animé car nous retrouvons une chaussure au sol, ayant visiblement fait faux bond à son propriétaire !
Quelques secondes de repos plus tard, Now We Die se chargera de ne pas faire retomber la pression avant que The Blood, the Sweat, the Tears fasse transpirer à nouveau une fosse particulièrement bouillante, le tout sous les premiers jets de fumée sur scène de la soirée. Is There Anybody Out There ?, toujours précédé d’un discours rassembleur prononcé par Robb Flynn, se verra accompagné de ses paroles inscrites sous un fond bleu blanc rouge du plus bel effet (chose que l’on n’avait pas eu à Toulouse d’ailleurs) et également avec quelques effets de fumée. Pour le moment, nous sommes sur un concert assez similaire dans les faits à ce que nous avions vécu à l’Interférence de Balma. Cependant, Machine Head a de la ressource et nous allons avoir droit à une très belle surprise. En effet, après une petite ambiance tamisée, nous
distinguons au travers du son des enceintes l’intro de Clenching the Fists of Dissent. Nous pensons donc qu’il s’agit juste de l’intro avant autre chose (comme en début de concert avec l’intro d’In Comes the Flood) mais non, la formation d’Oakland va bien jouer l’intégralité de Clenching the Fists of Dissent : l’un des meilleurs titres du groupe, avec l’artwork de The Blackening sur l’écran derrière la scène, que demander de plus ? La salle devient tout simplement folle durant les 8 minutes d’interprétation du titre. La chaleur ne retombe pas lors de THESE SCARS WØN’T DEFINE US, qui vient casser quelques mâchoires de plus dans le pit, comme si les dentistes parisiens n’allaient déjà pas avoir assez de travail la semaine prochaine. Le pit ne se calmera pas, loin de là, lors du très bon None but My Own, tandis qu’un fan, ayant la cinquantaine bien tassée, ne peut s’empêcher de crier « à l’ancieeeeenne » avant de foncer tête la première dans le pit.
Quelques nouvelles secondes de repos avant que Robb Flynn s’avance seul sur scène pour introduire SLAUGHTER THE MARTYR et mettre une nouvelle fois l’Olympia dans tous ses états. Nouveau petit break avant que Robb Flynn vienne prendre réellement prendre la parole pour la première fois, étant acclamé par son public parisien et exprimant tout son bonheur d’être à Paris ce soir. Après quelques remerciements, ce dernier propose au public de choisir, à l’applaudimètre, entre Blood for Blood et Aesthetics of Hate. C’est évidemment ce dernier qui sera choisi et qui sera interprété, comme à l’accoutumée, en hommage à Dimebag Darell (avec le public scandant le nom de ce dernier), dont la silhouette sera représentée sur l’écran derrière la scène à la fin du titre. Game Over viendra augmenter le nombre de circle-pits avant que Old fasse trembler l’Olympia sous le poids d’une fosse sautant comme un seul homme.
Nouveau petit break durant lequel Machine Head quitte la scène avant que Robb Flynn n’y remonte, accompagné de sa guitare acoustique, pour exprimer dans un premier temps tout son plaisir d’organiser, depuis la pandémie, des soirées au travers des réseaux sociaux, seul ou en présence d’autres musiciens, pour reprendre quelques titres (de Machine Head ou non) dans d’autres configurations, ce qui lui a donné l’idée d’ajouter un petit temps sous un format acoustique lors des concerts de Machine Head. Aussi, c’est pendant que la sécurité distribue de l’eau à qui le voulait (et il le fallait !) que Robb Flynn, seul sur scène (dans un premier temps au moins, car il sera rejoint par Jared MacEachern dans l’ombre), se charge d’interpréter le très bon Circle The Drain. Suite à quoi, le frontman reprend la parole avant de nous offrir Darkness Within, en nous précisant que c’est la première fois qu’il l’interprète à Paris de manière totalement acoustique. Toutes les paroles de ce morceau sont reprises d’une seule voix par l’Olympia, allant même jusqu’à scander l’air post-refrain de longues secondes après le départ du frontman de la scène, dans un moment suspendu.
Maintenant que tout le monde a rechargé un peu ses batteries, il est temps de retourner à la bagarre, avec Catharsis venant confirmer que la fosse a bel et bien retrouvé de l’énergie avant qu’ØUTSIDER fasse une nouvelle fois sauter la fosse, puis la mettre à genoux et la faire sauter à nouveau, le tout dans un joyeux bordel. Locust, sous un light-show mettant le vert à l’honneur, viendra une nouvelle fois prouver que l’audience de Machine Head est particulièrement déchainée ce soir (nous ne comptons même plus le nombre de slams ce soir, bien plus qu’à Toulouse) et nous pouvons constater que les différents musiciens ont tous un grand sourire sur scène, venant régulièrement chercher des jeux de regards avec le public. BØNESCRAPER, dernier titre avant un nouvel entracte, viendra quant à lui nous permettre de voir un peu de pyrotechnie (rien de transcendant toutefois, quelques étincelles devant la scène tout au plus)
avant de nous happer dans le plus gros wall of death de la soirée, venant repousser les limites mêmes de la fosse de l’Olympia !
Nous avons ensuite droit à un petit film avant que le Robb Flynn demande à ses fans s’ils savent headbanguer : réponse évidemment positive avant que les nuques se cassent une nouvelle fois lors de Bulldozer, avant que de nombreuses de ces dernières ne se goutent à des semelles lors des incalculables slams se formant durant From This Day. C’est alors que Davidian, très attendu, va à nouveau mettre la salle du boulevard des Capucines sens dessus dessous. Les musiciens quittent ensuite une nouvelle fois la scène avant que le maître de cérémonie Robb Flynn vienne, après avoir joué quelques notes de Sweet Dreams (Are Made of This) d’Eurythmics (nous avons vraiment cru à l’interprétation de cette cover mais bon, nous avons eu droit à Clenching The Fists of Dissent
précédemment, sachons raison garder !) s’adresser à nouveau à l’Olympia. Tout d’abord, en portant un toast à la santé de son public. Dans un second temps, le frontman envoie son verre vers le balcon à sa gauche, verre qui sera rattrapé en plein vol par un fan et bu, sous les yeux du fils de ce dernier, fils avec qui Robb Flynn aura un petit échange sympa ! Le public reste dans une ambiance très bon enfant, allant jusqu’à clamer des « ohéééé, ohé, ohé ohéééé » pendant que le groupe revient petit à petit sur scène pour nous offrir, en guise d’ultime titre de la soirée, l’incontournable Halo qui enverra tout ce qu’il reste tant sur scène (pyrotechnie, fumée) que dans la fosse, avec de derniers pogos qui finiront de rendre notre tee-shirt totalement trempé. Il est
22h32 quand les dernières notes de Halo sont jouées : 2h52 de concert, promesse des 3 heures quasi tenue donc ! C’est après la distribution et la chasse aux médiators personnalisés à la date du jour que nous quittons, non sans quelques courbatures, la fosse de l’Olympia.
Nous avons eu droit à une nouvelle excellente prestation de Machine Head ce soir. Même si l’on pourrait regretter une setlist relativement identique chaque soir (certains titres sont bel et bien différents entre les nombreuses dates, mais nous aurions aimé plus de variété), il faut cependant reconnaitre que c’est une chance pour nous d’avoir pu voir Machine Head deux fois dans deux villes de France en une grosse semaine. Aujourd’hui, peu de groupes de l’envergure de la formation d’Oakland proposent des dates aussi nombreuses et variées sur une seule et même tournée et, si l’on rajoute les
presque trois heures de concert chaque soir, il ne fait pas peu dire que nous avons un immense respect pour Machine Head. Qui plus est, quand on voit l’énergie dépensée sur scène par chaque membre du groupe, il n’y a rien d’autre à dire ou à faire si ce n’est que de baisser son chapeau devant la formation américaine. Pas trop bas cependant : après un tel concert, nul doute tous ceux qui étaient en fosse vont avoir des courbatures pendant quelques jours ! Merci et à bientôt Machine Head (tout en ayant une pensée pour les fans strasbourgeois qui doivent malheureusement subir une annulation de dernière minute) : après le Hellfest 2024, le Motocultor 2025 ainsi que Toulouse et Paris en 2026, il ne reste plus qu’à croiser les doigts pour vous revoir en France en 2027 !
