Hellfest 2026 : Live Report, Samedi 20 juin

Hellfest 2026 : Live Report, Samedi 20 juin

La troisième journée du Hellfest débute une nouvelle fois sous un soleil éclatant et une température flirtant avec les 30 degrés. Une météo idéale pour profiter pleinement du festival, même si la chaleur commence à se faire ressentir après déjà deux journées intenses.

Pour réveiller les festivaliers, Gatecreeper est chargé de distribuer sa dose quotidienne de violence. Fortement influencés par le death metal suédois des années 90, les Américains frappent fort dès les premiers morceaux. Le groupe sait varier les tempos et évite ainsi l’écueil de la monotonie que peut parfois connaître le genre. Les circle pits grossissent progressivement au fil du concert et les fans répondent présents. Les célèbres sonorités de guitare popularisées par la scène suédoise se font de plus en plus rares aujourd’hui, et Gatecreeper leur rend parfaitement hommage. Un excellent concert et un groupe que l’on prendra plaisir à retrouver en salle.

Direction ensuite la Warzone pour retrouver Cancer Bats. Les Canadiens déversent une énergie absolument phénoménale. Malgré la chaleur écrasante, le pit ne cesse de bouger et les crowd surfers se multiplient. Liam Cormier semble littéralement possédé, courant dans tous les sens sans jamais perdre en intensité. Le chanteur fait même l’effort de s’adresser au public en français, ce qui ne manque pas d’être salué. Avec son mélange de hardcore et de punk, Cancer Bats livre un set taillé pour la Warzone et transforme rapidement la fosse en véritable champ de bataille.

À quelques mètres de là, la Valley accueille l’un des phénomènes de cette édition : Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs. Les britanniques apportent leur vision complètement déjantée du stoner rock et confirment tout le bien que l’on pensait d’eux. La personnalité du groupe est unique et son énergie communicative. Matthew Baty monopolise naturellement l’attention grâce à son charisme et à son incroyable présence sur scène. Les nombreux fans présents ne s’y trompent pas, ils assistent à l’un des moments les plus marquants de cette journée.

De retour vers les MainStages, difficile de ne pas apercevoir au loin le chaos joyeux provoqué par Crisix. Les Espagnols semblent prendre un malin plaisir à semer le désordre sur scène comme dans le pit, allant même jusqu’à envoyer leur guitariste au milieu de la foule.

Mais c’est bien Sidilarsen qui attire ensuite toute notre attention. Devant une foule impressionnante, le groupe délivre un set débordant d’énergie et de groove. Les crowd surfers défilent sans interruption et le pit se transforme rapidement en immense terrain de jeu. Les riffs accrocheurs du groupe font mouche à chaque morceau et toute la foule se met à sauter au rythme des titres.

L’autre force du groupe réside dans sa capacité à faire danser son public. À chaque break et à chaque accélération, des milliers de festivaliers se mettent en mouvement. Lorsque retentissent les premières notes de « Back To Basics », c’est une véritable explosion qui traverse la MainStage. Pourrait-on parler de l’un des meilleurs concerts de Sidilarsen au Hellfest ? La question mérite clairement d’être posée tant les images laissées par cette prestation resteront gravées dans les mémoires.

Sur l’autre MainStage, Guilt Trip remplace au pied levé Cavalera, contraint d’annuler sa venue après un incident aussi improbable qu’inattendu : Gloria Cavalera, la manager du groupe, avait annoncé qu’un canard avait percuté le bus du groupe, brisant son pare-brise. Les britanniques relèvent le défi avec brio. Leur hardcore agressif et parfaitement maîtrisé fait immédiatement réagir la foule. Une nouvelle très belle prestation pour un groupe déjà aperçu sur la Warzone l’année précédente.

Pendant ce temps, Obscura est à l’œuvre sous l’Altar. Les Allemands offrent une véritable démonstration de death metal technique. Tout est d’une précision chirurgicale. Les guitares s’envolent tandis que la section rythmique martèle avec une puissance impressionnante. Malgré cette technicité extrême, le groupe n’oublie jamais d’interagir avec le public. Les jeux de lumière renforcent encore davantage l’ampleur du spectacle. Une prestation remarquable.

Retour sur la Warzone avec les légendaires Cro-Mags. Véritable institution du hardcore new-yorkais, le groupe reste une valeur sûre du festival. Harley Flanagan, monté sur ressorts, ne tient pas en place une seule seconde. L’énergie est intacte et le public profite pleinement de ce retour aux sources du hardcore old school.

Anthrax prend ensuite possession des MainStages. Encore une légende du thrash metal qui démontre qu’elle n’a rien perdu de sa superbe. Le groupe maîtrise parfaitement son sujet et sait comment captiver son public. La foule compacte profite même des jets d’eau des lances à incendie pour supporter la chaleur toujours aussi intense.

Le groupe en profite pour présenter « It’s For The Kids », extrait de son futur album « Curium Perficio », attendu pour le mois de septembre. Le morceau est immédiatement adopté par le public. Mais ce sont évidemment les classiques qui provoquent les plus fortes réactions. « Anti Social » transforme les MainStages en gigantesque karaoké tandis que « In The End » déclenche un impressionnant circle pit. « Indians » conclut ce très bon concert dans une ambiance survoltée. Anthrax prouve une nouvelle fois qu’il reste une référence du genre.

Sous l’Altar, Carcass prend le relais. Les britanniques, déjà impressionnants il y a quelques semaines à Paris avec Kreator et Exodus, livrent une nouvelle démonstration de savoir-faire. Jeff Walker impressionne toujours autant tandis que Bill Steer continue de distiller ses riffs et ses solos avec une précision remarquable.

L’énergie est toujours la même qu’en 1985. Malgré la brutalité de sa musique, Carcass sait également se montrer mélodique, ce qui contribue largement à son identité unique. Les harmonies de guitares et les jeux de lumière donnent une dimension particulière à cette prestation, qui alterne parfaitement entre violence et atmosphères plus travaillées. Une performance irréprochable.

Pendant ce temps, Megadeth termine son concert sur les MainStages. La tournée d’adieu de Dave Mustaine donne forcément une saveur particulière à cette prestation qui pourrait bien être la dernière du groupe au Hellfest. Une foule immense accompagne les Américains et reprend avec ferveur des classiques comme « Symphony Of Destruction » ou « Peace Sells ». Le son est puissant, précis et le groupe démontre une nouvelle fois toute son expérience. Une belle manière de dire au revoir à Clisson.

À l’approche de minuit, direction la Valley pour retrouver Cult Of Luna. Les Suédois proposent une expérience presque hypnotique. Les grands panneaux placés en fond de scène se mêlent aux fumées et aux jeux de lumière pour créer des paysages mouvants fascinants. Les deux batteries surélevées donnent encore davantage de puissance à l’ensemble.

Le groupe déroule son post-metal avec une précision impressionnante et installe progressivement une ambiance sombre et pesante. Le temps semble ralentir et le public se laisse totalement absorber par cet univers unique. Une prestation immersive et magistrale.

Enfin, quoi de mieux pour conclure cette troisième journée que Hatebreed sur la Warzone ? De retour sur la scène dédiée aux musiques les plus énergiques, Jamey Jasta et ses hommes semblent totalement dans leur élément. Dès les premiers morceaux, la fosse explose. Circle pits, crowd surfers et hurlements se succèdent sans le moindre répit.

L’intensité ne faiblira jamais. Les musiciens débordent d’énergie et entraînent le public dans leur folie. Au programme, un improbable « Ball Of Death », des fauteuils roulants portés au-dessus de la foule et des milliers de voix répondant au traditionnel « Hate ! » lancé par Jamey Jasta par un tonitruant « Breed ! ».

Même après une heure de concert, Hatebreed ne relâche jamais la pression. Le groupe transforme la Warzone en véritable volcan et offre une conclusion explosive à cette troisième journée.

C’est sur cette immense décharge d’énergie que s’achève ce samedi 20 juin. Une nouvelle fois, le Hellfest aura offert son lot de grands concerts, de découvertes et de moments mémorables. Mais rien de tout cela ne serait possible sans les milliers de bénévoles qui œuvrent dans l’ombre pour faire vivre cet événement unique. Qu’ils en soient chaleureusement remerciés.

Rendez-vous demain pour le dernier acte de cette édition 2026.

(Ndlr: Nous profitons de l’occasion pour saluer nos confrères de Bretagne Actuelle, avec qui nous partageons ces 4 jours incroyables)

xWebbYx

Rédacteur en chef et administrateur de TRexSound.com, xWebbYx explore la scène metal sous toutes ses formes, avec une attention particulière portée à l'intensité du live et à l'authenticité des artistes. À travers interviews, chroniques et live reports, il met en lumière les acteurs d'une scène en perpétuelle évolution, des figures emblématiques aux talents émergents.

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