ANTHRAX dévoile le clip de « Cursum Perficio », une réflexion sombre sur le poids d’une vie
Alors que son nouvel album « Cursum Perficio » paraît aujourd’hui, Anthrax dévoile le clip de son titre éponyme, une vidéo en noir et blanc aussi sombre qu’intense qui accompagne parfaitement les questionnements existentiels développés par Scott Ian dans les paroles. Dix ans après « For All Kings », le groupe new-yorkais revient ainsi avec un douzième album studio et un titre qui semble, de prime abord, évoquer une forme de conclusion. Pourtant, derrière cette notion de fin se cache surtout le bilan d’un parcours de plus de quatre décennies.
« Cursum Perficio » est une expression latine que l’on peut traduire par « mon voyage est terminé » ou « j’achève mon voyage ». Une formule qui a une histoire assez particulière au sein d’Anthrax. Charlie Benante explique avoir découvert ces mots en regardant un documentaire consacré à Marilyn Monroe, où l’inscription apparaissait sur une tuile de la dernière demeure de l’actrice. La signification de la phrase a immédiatement retenu son attention et a finalement donné son nom au nouvel album. Le batteur a toutefois précisé que le groupe ne présentait pas « Cursum Perficio » comme son dernier disque. Il s’agit davantage de l’aboutissement d’un long parcours et de tout ce que le groupe a appris au fil des années.
Le clip réalisé par Don Argott traduit cette idée de manière particulièrement physique. Filmé en noir et blanc, il met en scène London May, musicien et acteur notamment connu pour son passage au sein de Samhain, confronté à un environnement hostile alors qu’il tente littéralement d’avancer malgré les chaînes qui entravent ses mouvements. La vidéo alterne images du groupe et séquences particulièrement éprouvantes pour son personnage, donnant au morceau une dimension presque cinématographique. Argott, qui a notamment travaillé sur le documentaire « As The Palaces Burn » consacré à Lamb Of God, privilégie ici une approche viscérale qui colle aux thèmes développés dans le morceau.
L’implication de London May n’a d’ailleurs rien eu d’une simple performance devant une caméra. Le musicien a expliqué avoir réellement souffert durant le tournage, allant jusqu’à se casser un doigt dès le premier jour. Les chaînes utilisées dans la vidéo étaient également bien réelles et particulièrement lourdes. Malgré cette blessure, May a insisté pour poursuivre le tournage, une implication qui contribue sans doute à rendre certaines séquences aussi physiques et crédibles.
Cette dimension physique fait directement écho au texte écrit par Scott Ian. Le guitariste et principal parolier d’Anthrax interroge ici le poids d’une existence, les regrets, les erreurs, la peur et la capacité à changer de trajectoire. « Do you wish you’d lived your life less the idiot? » lance Joey Belladonna dès les premières lignes, avant que le morceau ne développe cette idée d’un individu prisonnier de son propre passé. Le texte évoque les conséquences de nos choix, la difficulté de regarder son histoire à travers une « lentille endommagée » et cette question fondamentale : vaut-il mieux supporter la douleur de savoir ou rester dans l’ignorance ?
Le refrain, avec son « Cause now it’s over / The journey’s over », pourrait facilement être interprété comme une déclaration définitive. Mais replacé dans le contexte de l’album, le morceau semble plutôt parler d’un passage, d’un moment où il faut accepter ce qui est terminé pour pouvoir avancer. « Rise, laughing at the odds you gotta rise » résume finalement cette idée de résistance. Le passé existe, les échecs sont là, mais le changement reste une décision possible.
Scott Ian a lui-même expliqué que le clip devait traduire les thèmes développés dans ses paroles, notamment cette réflexion sur la manière de mesurer une vie, sur le temps qui passe et sur la valeur des combats menés au fil des années. Il s’agit donc moins de raconter une histoire précise que de matérialiser visuellement le poids accumulé au cours d’une existence.
Cette approche donne également au morceau une place particulière dans le nouvel album. Charlie Benante considère « Cursum Perficio » comme une sorte de « dark horse » du disque et souligne que la vidéo correspond particulièrement bien à son atmosphère. Après « It’s For The Kids », « The Edge Of Perfection » et « Everybody’s Got A Plan », Anthrax offre donc avec le morceau-titre une nouvelle facette de son retour.
Et le contexte rend forcément cette sortie particulière. « Cursum Perficio » est le premier album studio d’Anthrax depuis « For All Kings », paru en 2016. Le groupe a commencé à travailler sur ce nouveau disque avant que la pandémie ne vienne bouleverser ses plans. Pour Scott Ian, le retour en studio après cette période a représenté une forme de renaissance, et cette expérience se retrouve dans la musique comme dans les thèmes de l’album.
Avec ses six minutes et son atmosphère lourde, « Cursum Perficio » n’est donc pas simplement un nouveau titre d’Anthrax accompagné d’un clip spectaculaire. Le morceau fonctionne comme une réflexion sur le temps, les choix et le chemin parcouru. Et si son titre évoque la fin d’un voyage, Anthrax ne semble pas pour autant avoir posé ses valises. Le groupe affirme plutôt avoir atteint un point où il peut regarder derrière lui avec le sentiment d’avoir accompli ce qu’il avait à accomplir, tout en restant prêt à continuer à avancer.
« Cursum Perficio » est disponible depuis le 18 septembre 2026 via Nuclear Blast Records en Europe et Megaforce Records en Amérique du Nord. L’album contient onze titres, dont « It’s For The Kids », « Everybody’s Got A Plan », « The Edge Of Perfection », « NYC 93 », « Watch It Go » et « My Victory ».
Le clip de « Cursum Perficio » accompagne finalement parfaitement cette nouvelle étape de l’histoire d’Anthrax : sombre, physique, introspectif et profondément marqué par cette notion de parcours. Une manière pour le groupe de regarder le chemin parcouru sans chercher à effacer les blessures, les erreurs ou les difficultés, mais en rappelant que, jusqu’au bout, le choix d’avancer reste possible.
