Marmozets : le retour de flamme avec l’explosif « Cut Back »
On avait presque fini par s’habituer au silence radio de Bingley, mais Marmozets vient de rappeler à tout le monde pourquoi ils sont l’un des électrons libres les plus excitants de la scène britannique. Avec leur nouveau single « Cut Back », le quintet ne se contente pas de revenir ; ils enfoncent la porte avec une insolence qui fait un bien fou. Pour un webzine habitué aux distorsions plus lourdes, l’intérêt ici ne réside pas dans le nombre de cordes des guitares, mais dans cette urgence viscérale qu’on ne retrouve d’ordinaire que dans le Hardcore ou le Punk le plus hargneux.
Dès l’entame, le morceau pose ses couilles sur la table avec une ligne de basse qui claque comme un fouet, portée par une batterie qui refuse de choisir entre le groove et la violence. On est immédiatement happé par cette tension qui monte, une sorte de cocotte-minute sonore qui finit par exploser sur un refrain d’une efficacité redoutable. Becca Macintyre, fidèle à elle-même, livre une prestation vocale habitée, oscillant entre un phrasé nerveux presque parlé et des envolées mélodiques qui conservent cette petite griffure dans la voix, ce grain de sable qui empêche le morceau de tomber dans le Rock FM trop poli.
Le clip, avec son esthétique kaléidoscopique et son montage frénétique, colle parfaitement à cette sensation de chaos organisé. On sent que le groupe a eu besoin de purger quelque chose, de revenir à l’essentiel : du riff, de la sueur et une énergie live qui transpire à travers chaque pixel. C’est précisément pour cette raison que « Cut Back » mérite sa place dans vos playlists, même les plus saturées. Il y a une sincérité dans cette décharge électrique qui parle directement aux tripes, une sorte de pont jeté entre l’accessibilité du Rock et l’imprévisibilité du Math-rock.
Au final, Marmozets signe ici un morceau qui ne cherche pas à plaire à tout prix, mais qui s’impose par sa force de frappe. Si ce single est l’éclaireur d’un projet plus vaste, on peut s’attendre à ce que le combo vienne bousculer les hiérarchies établies dans les mois à venir. C’est frais, c’est hargneux, et ça prouve que pour faire du bruit intelligemment, il suffit parfois de savoir quand lâcher les chevaux.
