Chronique : Sinsaenum « In Devastation » : un album de metal extrême puissant, varié et émouvant
Troisième album studio de SINSAENUM, In Devastation débute dans une atmosphère sombre et inquiétante, comme un film d’horreur qui retient son souffle avant de relâcher l’enfer. Quelques notes rampantes, des textures sinistres… puis la violence surgit. Sans filtre. Sans pitié.
La production est massive, colossale. Chaque instrument trouve sa place dans un mix d’une précision chirurgicale. Les guitares tranchent, la batterie frappe comme un ouragan – même en l’absence de Joey Jordison, dont l’ombre plane avec dignité sur cet album. Le travail de Frédéric Leclercq, fondateur et principal compositeur, est monumental. Il ne cherche plus à prouver quoi que ce soit – et c’est peut-être ce lâcher-prise artistique qui lui permet de pousser les curseurs de l’extrême encore plus loin, sans jamais tomber dans la surenchère gratuite.
Ultra-violence, groove noir et émotions brutes
Chaque titre apporte son lot de nuances dans ce déluge de violence :
- « Cede To Thunder » est une déflagration. Blast beats, growls abyssaux, riffs au cordeau : un rouleau compresseur sans la moindre accalmie.
- « Shades Of Black » surprend avec une introduction à la guitare sèche, presque mélancolique, avant de plonger dans un groove maléfique et irrésistible.
- « Obsolete and Broken » marque un tournant dans la discographie du groupe : le refrain en chant clair, inattendu, fonctionne à merveille et injecte une dimension presque progressive à l’ensemble, sans rien perdre en intensité.
Et puis il y a « Last Goodbye », pièce centrale, déchirante, dédiée à Joey Jordison et au père de Frédéric. Un chant sombre, hanté, qui n’est pas sans rappeler l’émotion brute d’un Slipknot à fleur de peau. Le break, accompagné d’un violoncelle funèbre, fait voler l’album dans un territoire émotionnel inattendu. Un hommage digne et poignant.
Un sommet pour le projet SINSAENUM ?
Avec In Devastation, SINSAENUM livre un album d’une intensité rare, qui conjugue brutalité, mélodies sombres et exploration émotionnelle. Tout en restant fidèle à ses racines de death et de black metal, le groupe ose des respirations, des contrastes, des risques.
On sort de l’écoute sonné, essoré, touché. Et on se surprend à se demander si cet opus n’est pas tout simplement le meilleur des trois. Ce n’est plus seulement un projet “supergroupe extrême”, c’est désormais une entité artistique à part entière, portée par une vision et une sincérité totale.
En concert en octobre 2025
À noter que SINSAENUM sera en tournée en France en octobre : Tyrant Fest, Colmar, La Rochelle, Romans-sur-Isère, Charleville-Mézières… L’occasion rêvée de découvrir ces nouveaux morceaux dans un déluge sonore en live.
Pour en savoir plus ne ratez pas notre interview de Frédéric Leclercq au sujet de ce nouvel album: Frédéric Leclercq (SINSAENUM) : interview pour la sortie de « In Devastation »
