LIK – Necro, Quand la Suède sonne à nouveau la charge

LIK – Necro, Quand la Suède sonne à nouveau la charge

Les fans de death metal à l’ancienne peuvent pousser un râle de satisfaction : LIK est de retour, plus féroce et poisseux que jamais, avec son quatrième album « Necro ». Fidèle à son ADN de boucherie scandinave, le quatuor livre un hommage sanglant à la tradition du death suédois des années 90, tout en injectant assez de personnalité et de variations pour éviter le simple pastiche. En un mot ? Ça tue.

Dès les premiers instants de « Deceased », on sent la claque venir. Le morceau, hommage revendiqué à Entombed, pose les bases : guitares HM-2 bourdonnantes, groove macabre, voix rocailleuse et venimeuse… LIK balance la purée comme en 1991. Et pourtant, tout sonne moderne, vivant, organique – sans artifice.

Enregistré live sur trois jours dans le mythique Necromorbus Studio, et produit par l’incontournable Lawrence Mackrory (Meshuggah, Katatonia), Necro bénéficie d’une production épaisse mais lisible, brutale mais précise. Chaque frappe de batterie par Chris Barkensjö est une rafale, chaque riff de Tomas Åkvik et Niklas Sandin est une scie rouillée qu’on vous plante dans le crâne. Quant à Joakim Antman, il assène les lignes de basse avec une lourdeur pachydermique, consolidant un édifice déjà bien massif.

Musicalement, Necro navigue entre tradition et audace. Le titre « Worms Inside », inspiré d’un cauchemar viscéral, est un concentré de violence pure, rapide et destructeur, tandis que « Rotten Inferno », final morbide et gluant, flirte avec le doom putride d’un Autopsy, rehaussé par un monologue glaçant du comédien Daniel Sjöberg. Une vraie plongée dans l’horreur, digne d’un film de série Z bien gore.

LIK prend aussi le temps de varier les ambiances, injectant une dimension progressive maîtrisée sans jamais trahir ses racines. L’apport de guests – Linnea Landstedt sur le malsain « Morgue Rat », ou Nick Holmes (Paradise Lost, Bloodbath) sur l’écrasant « In Ruins » – enrichit encore la palette sonore. Ce n’est pas seulement brutal, c’est intelligent, ficelé avec soin, et surtout diablement efficace.

L’album ne faiblit jamais : « The Stockholm Massacre » revisite les pages les plus sombres de l’histoire suédoise avec fracas, « They » nous plonge dans une histoire horrifique de créatures souterraines, pendant que « Fields of Death » explose en plein champ de bataille. Chaque titre est un fragment de chaos, une variation sur le thème de la mort et de la dévastation, servie avec passion et conviction.

Au final, LIK livre avec Necro un album sincère, authentique, et diablement bien exécuté. À la croisée des influences de Dismember, At The Gates et bien sûr Entombed, le groupe prouve qu’il n’est pas qu’un énième clone nostalgique. Il est un gardien du temple, mais aussi un artisan moderne du genre. Un disque qui suinte le sang, la sueur, et l’amour pour un style qui refuse de mourir.

À écouter fort. Très fort.

Eternal Cerberus

Eternal Cerebrus explore l’univers du Metal sous toutes ses formes, des ténèbres les plus brutales aux mélodies les plus éthérées. Sa plume capture l’intensité et la profondeur de ce genre, entre rage cathartique et émotions sublimes. Passionné et incisif, il écrit avec la même énergie qui anime les riffs et les cris.

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