Live Report : Carpenter Brut enflamme l’Olympia avec son Leather Temple Tour

Live Report : Carpenter Brut enflamme l’Olympia avec son Leather Temple Tour

En ce vendredi 20 mars 2026, rendez-vous était pris à l’Olympia avec la fine fleur de la synthwave / darkwave française, à savoir Carpenter Brut, pour une soirée qui affiche complet depuis bien longtemps déjà. Si ce n’est pas la première fois que nous voyons la formation dans cette salle, il faut bien dire qu’avec la sortie récente de Leather Temple (le 27 février 2026), nous étions plus que curieux de voir ce qu’allait nous proposer le groupe sur scène, tant cet album marque un tournant vers une darkwave plus metal et futuriste. Toutefois, nous allons devoir attendre quelques minutes avant de rentrer dans la salle du 9ème arrondissement parisien. En effet, même en arrivant 20h et l’ouverture de la soirée par les Belges d’Ultra Sunn, nous constatons l’immense file d’attente, sur facilement 70 mètres, qui nous empêche de pouvoir rentrer directement dans l’Olympia. Conséquence, ce n’est que vers 20h15 que nous prenons place dans la salle, déjà très bien remplie et que nous découvrons donc Ultra Sunn.

Carpenter Brut en concert à l'Olympia mars 2026 (@auroreangelique.visuals)Le mélange du trio belge entre darkwave, dark pop et EBM fait son effet même si, ne nous y méprenons pas, on est loin de l’influence très metal de Carpenter Brut. Autre grande différence, la présence d’un chanteur, Sam Huge, et de deux personnes au platines / claviers, à savoir Gaelle Souflet et Alexis Andrigo. Nous sommes sur une musique moins brute et percutante que ce que propose la tête d’affiche, plus enveloppante et mélancolique dirons-nous, mais cela ne veut pas dire que l’Olympia y est insensible, loin de là. La fosse, déjà bien remplie, danse et est très réceptive à ce qui est proposé, d’autant que Sam Huge assume totalement son rôle de frontman, se donnant à fond sur scène, tant vocalement que physiquement. Le set proposé par la formation passe finalement assez vite et c’est non sans avoir pris quelques vidéos du public durant la fin de leur prestation qu’Ultra Sunn quitte les planches de l’Olympia. Une bonne découverte et il n’est pas impossible que de nombreuses personnes présentes ce soir ajoutent quelques titres du groupe dans leur playlists !

Nous avons une demi-heure devant nous pour prendre un peu l’air et faire un tour au merchandising. Malheureusement, rien ne nous aura tapé dans l’œil mais nous nous félicitons que les différents produits soient accessibles financièrement parlant. 25€ le tee-shirt par exemple, c’est beaucoup plus convenable que les 40-45€ auxquels nous sommes désormais habitués !

Carpenter Brut en concert à l'Olympia mars 2026 (@auroreangelique.visuals)21h10, les lumières s’éteignent dans la salle et un dessin animé se déroulant dans un univers cyberpunk nous est présenté avant que Carpenter Brut ne monte sur les planches de l’Olympia. La scène décorée uniquement par une sorte de gratte-ciel lumineux (dont les couleurs changeront au fil des morceaux et ambiances) et d’un support pour les musiciens. C’est sous les notes d’Ouverture (Deus Ex Machina) que le trio prend pleinement possession de la scène, tandis que les premiers effets pyrotechniques enflamment la scène sous une voix off disant que « le crowdsurfing est totalement libre ce soir ». Major Threat lance le show et l’Olympia se met déjà à trembler sous les sauts d’une fosse particulièrement déchaînée, qui ne perd pas de temps à lancer les premiers pogos et walls of death. Nous sommes même surpris de cette ambiance totalement folle dès le début du concert, mais cela n’est pas pour nous déplaire et cela annonce que du bon pour la suite !

Le très lourd Leather Temple, qui ne ferait pas tache sur la bande-son du jeu Cyberpunk 2077, permet aux musiciens de s’adresser à la foule sans le moindre mot mais par des gestes. Cependant, celle-ci est trop occupée à se rentrer dedans et elle a bien raison ! C’est assez fou : l’album éponyme, paru il y a moins d’un mois, est déjà parfaitement maîtrisé par la foule, celle-ci chantant les notes de chaque son de cet album à l’unisson. Roller Mobster, qui nous semble plus metal que d’habitude, vient à nouveau déchaîner la foule sous un déluge d’effets visuels qui nous en mettent plein les yeux, avant que She Rules the Ruins mette à nouveau le public sens dessus dessous. Nous sommes même impressionnés par le bruit de la fosse : on entend presque plus celle-ci que Capenter Brut, alors que nous sommes situés à proximité des enceintes ! Start Your Engines réintroduit les effets pyrotechniques, toujours sous un light show totalement fou et devant un public complétement transporté dans l’univers proposé par le groupe.

Carpenter Brut en concert à l'Olympia mars 2026 (@auroreangelique.visuals)Très intelligemment, Carpenter Brut enchaîne avec le plus calme mais non moins bon Looking for Tracy Tzu, qui permet au public de reprendre un peu d’énergie, sans pour autant l’empêcher de danser. Preuve en est, c’est sur ce titre que les premiers circles pits se forment ! À la suite de cela, l’ambiance s’assombrit, ne laissant transparaître qu’un rideau lumineux mouvant ainsi que quelques flashs sur la scène de l’Olympia sous le son de l’angoissant Day Stalker. La salle le sait, la pression et la tension montent et le pit se prépare à exploser dès que cette « introduction » à Night Prowler prendra fin, et quelle explosion sur ce dernier ! La fosse grimpe d’un nouveau niveau dans la folie et il nous est impossible de compter le nombre de slammeurs et de mosh pits sur ce titre. Prodigieux ! Iron Sanctuary, également issu de l’album Leather Temple que Carpenter Brut défend ce soir, nous ramène dans une ambiance futuriste et dystopique, non sans continuer de nous mettre une claque visuelle. Comme quoi, pas besoin d’un immense décor scénique pour faire fort !

Et faire fort, la fosse le fait également, se donnant tellement qu’on ne sait par quel miracle, elle arrive à en faire littéralement trembler les gradins sur The Misfits / The Rebel ! Si les membres du groupe ne s’adressent pas directement vocalement à son public, c’est une voix off qui s’en charge et qui invite tout le monde à danser sur le très catchy Disco Zombie Italia. Les notes de synthétiseur de ce titre sont reprises d’une seule voix par l’ensemble du public, à tel point qu’on parierait facilement sur une augmentation drastique des consultations pour extinction de voix en région parisienne ces prochains jours ! Pas question pour le public de se relâcher sur le très nineties Neon Requiem ou encore sur le beaucoup plus lourd et menaçant Speed or Perish, qui fait grimper la température de quelques degrés aussi bien par la pyrotechnie que par l’ambiance folle qu’elle apporte. Nous sommes totalement happés dans l’univers proposé, encore une fois très cyberpunk, et nous sentons une volonté, par ces nouveaux titres issus de l’album Leather Temple, de repousser les limites et les frontières entre synthwave, darkwave et metal.

Carpenter Brut en concert à l'Olympia mars 2026 (@auroreangelique.visuals)Cela dit, il en est déjà fini des titres de cet album et nous arrivons sur le best of des titres du groupe, avec pour commencer un Turbo Killer d’anthologie qui verra quasiment l’intégralité de la fosse se transformer en un pit géant, non sans hurler les notes de ce titre si fort qu’on pourrait les entendre de l’extérieur de la salle. Comme d’habitude, 5 118 574 viendra nous retourner le cerveau ainsi que l’esprit et introduire Le Perv, qui mettra à nouveau sens dessus dessous un Olympia totalement déchaîné. Tout cela se passe sous un light show et une pyrotechnie qu’on a rarement vu dans cette salle, les effets visuels dépassant ceux que nous avions pu observer il y a deux ans et demi. Cependant, toutes les bonnes choses ont une fin et le concert se termine avec la classique mais immense reprise du célèbre Maniac de Michael Sembello, qui voit l’ensemble de la salle parisienne, groupe comme fans, donner tout ce qu’il a jusqu’à la dernière note. C’est évidemment sous les cris et les applaudissements d’un public qui était conquis d’avance que Carpenter Brut quitte les planches sous The End Complete, diffusé par les enceintes de l’Olympia.

Encore une fois, Carpenter Brut n’a pas déçu. Si nous n’avions que peu de doutes à ce sujet, on constate qu’au travers de ce nouveau show et via l’album Leather Temple, la formation française met une nouvelle fois la barre très haute, tant en termes de violence musicale qu’en termes de performance scénique. À de nombreuses occasions, nos yeux ne savaient même plus où donner de la rétine et nos tympans ont été délicieusement maltraités durant toute la soirée. Sans dire un mot, le trio a réussi à retourner l’Olympia comme rarement il l’a été et la fosse n’aura pas besoin d’aller faire un footing ce week-end tant elle s’est dépensée sans compter dans une ambiance survoltée de bout en bout. La connexion entre Carpenter Brut et son public est d’une puissance presque mystique et il ne fait nul doute qu’une grande partie de l’audience présente ce soir, chantant a cappella Maniac en sortant de l’Olympia, sera au Zénith de Paris le 13 mars 2027 pour revoir le trio. Comme eux, nous avons déjà hâte d’y être !  

 

Crédit Photos : @auroreangelique.visuals

Flavien Dublineau

Passionné par les scènes rock et metal, toujours à l'affût des concerts marquants, observateur attentif de la scène live et des tendances fortes de l’actualité musicale.

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