Chronique : Coffin Feeder – Big Trouble (2025) : le chaos, le vrai
Préparez-vous à prendre une baffe. Non, pas une petite gifle sonore. On parle ici d’un tabassage en règle, une bastonnade sonore organisée par cinq vétérans de la scène metal belge qui n’ont clairement pas envie de faire dans la dentelle.
Coffin Feeder, né dans les limbes de la pandémie, a déjà imposé ses codes avec deux EPs qui sentaient bon la violence gratuite et les clins d’œil aux VHS d’action des années 80. Mais avec « Big Trouble », leur tout premier album longue durée, le groupe passe la seconde, puis écrase la pédale jusqu’à transpercer le plancher.
Dès l’ouverture, « There Will Be Trouble », on comprend que ce disque ne va laisser aucun répit. Ça blast dans tous les sens, la batterie mitraille comme un hélico en feu, les guitares tranchent à coups de riffs acérés, et Sven (que vous connaissez forcément si vous avez déjà survécu à un live d’Aborted) éructe avec une précision chirurgicale. La production est massive, mais jamais brouillonne : chaque coup est placé avec soin, chaque rupture de rythme vient relancer la machine infernale.
« Porkchop Express », « Let Off Some Steam » ou encore « Obey » résonnent comme des uppercuts grindcore boostés à la testostérone 80’s. Le groupe n’a pas peur de jouer la carte de la nostalgie, mais le fait avec une telle intensité qu’on se retrouve plus proche de l’émeute que du cosplay rétro. Le groove, omniprésent, rappelle parfois les grandes heures du death’n’roll, mais sans jamais relâcher la pression.
Coffin Feeder, c’est l’alliance improbable (mais diablement efficace) de musiciens issus de Leng Tch’e, When Plagues Collide, Fleddy Melculy et Aborted. Une dream team du blast belge, rassemblée pour foutre un joyeux bordel. Et ça marche. L’énergie live, qu’ils ont su faire exploser sur les scènes européennes, est intacte sur cet album. « Big Trouble » sonne comme un concert qui ne s’arrête jamais, une succession de moshparts, de hurlements et de références qui parlent autant aux fans de Napalm Death qu’aux adorateurs de Commando ou Predator.
Mention spéciale à « A Good Day to Die », qui réussit l’exploit d’être à la fois ultra-agressive et presque catchy. Oui, on peut headbanger avec le sourire.
En résumé ? Big Trouble, c’est une déclaration de guerre. Un disque taillé pour les fans de metal extrême, de blasts millimétrés, et de répliques cultes. Un album qui vous saisit par la gorge dès les premières secondes et ne vous lâche qu’après avoir vidé son chargeur. Ultra violent, ultra précis, et foutrement jouissif.
Coffin Feeder n’est pas là pour rigoler. Et nous non plus.
À écouter très fort, jusqu’à ce que les voisins appellent les flics. Ou que vous les recrutiez pour un circle pit.
