TSS « End Of Time » : l’album qui repousse les limites du metal moderne
Il y a des albums qui bousculent, qui provoquent, qui dérangent. End Of Time de TSS fait clairement partie de cette catégorie. Le trio français, autrefois connu sous le nom The Sunday Sadness, ne s’embarrasse plus des étiquettes. Gothique, K-pop, metalcore, emo, phonk, synthwave, néo-metal… Le cocktail est explosif, et surtout, totalement assumé.
Ce nouvel opus, sorti chez Fearless Records, frappe fort dès les premières secondes. Très bien produit, remarquablement bien joué, End Of Time témoigne d’une maturité impressionnante pour un groupe aussi jeune. C’est précis, efficace, et bourré d’idées. Difficile de ne pas être séduit par l’efficacité de morceaux comme Would You Be My Therapy?, KILLING ME ou encore Fantasize, déjà propulsés en haut des playlists par des millions d’écoutes.
Mais derrière cette maîtrise technique et cette réussite, une question plane : jusqu’où peut-on pousser les limites du metal moderne sans en perdre l’essence ? Car soyons honnêtes, TSS franchit ici des frontières que peu de groupes de la scène metal osent explorer. Les effets de voix, les beats empruntés à la scène trap ou phonk, les ambiances empruntées à la pop ou au j-rock japonais… Tout est fait pour déstabiliser, séduire, et diviser.
Certains crieront à la trahison des racines metal, d’autres y verront le futur inévitable d’une scène en pleine mutation. Une chose est sûre : TSS n’a plus peur de choquer les puristes. Et ils le revendiquent. C’est sans compromis qu’ils injectent leurs influences gothiques, leurs refrains calibrés pour les réseaux, leurs breaks ultra modernes et ce goût prononcé pour l’esthétique léchée, quelque part entre clip de K-pop et ambiance post-apocalyptique à la Matrix.
Il faut saluer l’audace : End Of Time ne se contente pas d’être un énième album metal moderne. Il capture l’esprit de son époque, pioche dans tout ce que la musique actuelle peut offrir, et surtout, réussit à en faire une identité propre. Là où d’autres se contentent de suivre les tendances, TSS les fusionne, les tord, les exagère… au risque de dépasser les limites. Mais n’est-ce pas précisément ce que l’on attend d’une « nouvelle vague » ? Briser les codes, déranger les habitudes, et forcer l’évolution ?
Avec ce disque, TSS va faire parler de lui. En bien, en mal, peu importe : le groupe impose sa vision d’un metal qui n’a plus de frontières. Et que l’on adhère ou non à cette proposition aussi déroutante qu’efficace, il faut reconnaître une chose : End Of Time bouleverse. Et ça, c’est peut-être la meilleure chose qui pouvait arriver à une scène trop souvent figée dans ses propres conventions.
