Hellfest 2025 – Jour 4 : le dernier feu (Dimanche)

Et nous voici à la dernière journée du Hellfest 2025. Dimanche, quatrième round d’un marathon musical qui aura tenu toutes ses promesses, malgré une programmation parfois jugée plus « ouverte » que d’habitude. Les débats auront animé les files d’attente et les réseaux sociaux, mais au fond, quand un groupe ne plaît pas, il suffit de se tourner vers une autre scène. C’est aussi ça, la richesse du Hellfest.
Le soleil est encore au rendez-vous, mais avec près de 10 degrés de moins, l’atmosphère est plus respirable et ça change instantanément la dynamique et l’énergie de cette journée. Les corps soufflent un peu, mais les cœurs sont prêts à vibrer une dernière fois.

On démarre sous la Temple avec The Cemetary Girlz. Le trio installe une ambiance mélancolique et lugubre, un vrai bain de noirceur pour amateurs de Deathrock. Sans artifices superflus, mais avec un jeu de lumière bien pensé, le groupe captive un public attentif. L’atmosphère est pesante, hypnotique. Une belle entrée en matière pour les amateurs d’ombres.

Direction la Mainstage, où Ashen réveille la foule avec un metal moderne efficace et énergique. Le jeune combo français, à la veille de sortir son premier album le 12 septembre, montre déjà une belle maturité scénique. Le frontman, en fusion avec son public, arpente l’avancée de scène pour galvaniser les premiers rangs. Une prestation qui confirme que ce groupe a toutes les cartes en main pour grandir vite et fort.

Sur la scène voisine, Novelists entre en scène avec la ferme intention d’en imposer. Et c’est mission accomplie. L’imagerie vidéo et les lights puissants créent un écrin digne d’un headliner. Camille Contreras, tout de noir vêtue, incarne le feu et la maîtrise. Le groupe joue à la perfection, alternant émotions et puissance. Les solos sont précis, la section rythmique impressionnante, et les flammes qui jaillissent régulièrement renforcent l’impact de cette claque dominicale. Un show intense, maîtrisé, et largement acclamé.

Un saut vers la Warzone, où Pain Of Truth balance du hardcore pur jus. Le combo américain ne fait pas dans la dentelle, et même un petit souci de basse en début de set ne freine pas l’intensité du show. C’est direct, frontal, sans compromis. Le pit explose rapidement, les crowd surfers s’en donnent à cœur joie, et le groupe répond avec une énergie brute. Une belle claque pour débuter l’après-midi.

Retour à l’Altar où Signs Of The Swarm balance un set d’une rare violence. Le deathcore ultra agressif du groupe américain déclenche des réactions épidermiques dans le public. Blast beats, circle pits massifs, hurlements cathartiques, et une tension jamais relâchée. L’un des sets les plus intenses de cette édition. Chaque note est un uppercut, chaque breakdown un séisme. Chirurgical et implacable.

Retour à la Warzone pour Guilt Trip, avec un hardcore groovy et des breakdowns qui écrasent tout sur leur passage. Le groupe de Manchester vit chaque seconde de son set à fond, et le public le leur rend bien. La bassiste headbangue en cadence, les guitares lacèrent l’air, le chant prend aux tripes. Le pit ne faiblit pas. Encore une belle démonstration de ce que la Warzone sait faire de mieux.
Pendant ce temps sur la Mainstage, Dead Poet Society insuffle un vent plus mélodique avec son rock énergique teinté de groove. La foule adhère, les bras se lèvent, les têtes bougent. Le groupe profite de l’avancée de scène pour interagir avec un maximum de fans. Et même si leur univers est plus doux que d’autres, un wall of death en guise de final rappelle qu’ici, tout le monde peut faire vibrer la plaine de Clisson.

Changement d’ambiance avec Lorna Shore sur l’autre Mainstage. Le deathcore du groupe américain est un rouleau compresseur. Les fans massés devant la scène sont déjà en ébullition quand les premières notes retentissent. Le pit explose, les growls du frontman résonnent comme des incantations maléfiques. Les flammes sur scène accentuent la grandeur de cette messe noire. Un show visuellement et musicalement monumental.

Sous l’Altar, Gutalax fait son show scatologique habituel. PQ lancé dans la foule, balais en plastique, blagues grasses, mais surtout un set ultra maîtrisé malgré les apparences. C’est idiot, absurde, mais diablement efficace. Et la tente, remplie jusqu’à la gueule, se marre tout en headbanguant. L’ambiance est à la fête… version WC.

À côté, Shaârghot confirme sa montée en puissance. Le cyberpunk du combo français attire une foule énorme. La scénographie est époustouflante : lumières, logo éclairé, théâtralisation extrême. Un sbire sur scène harangue la foule pendant que le groupe délivre un set précis, agressif et immersif. Shaârghot impose sa patte unique et montre qu’il est prêt à gravir les dernières marches.

Sur la Mainstage, Motionless In White déploie tout son savoir-faire. Le metalcore teinté de gothique du groupe américain est une machine de guerre bien huilée. L’alarme retentit, le concert commence par une alerte à la bombe qui résonne sur le Hellfest. Chaque titre frappe fort, chaque visuel est pensé pour capter l’attention. Chris Motionless, impeccable, tient le public dans sa paume. Une prestation sans faille.

Dans un tout autre registre, Fleshgod Apocalypse transporte l’Altar dans un opéra baroque sous stéroïdes. Piano sur scène, nappes symphoniques et technique death metal implacable : un mariage inattendu mais grandiose. Le set est une véritable démonstration d’élégance extrême. Un moment unique dans la journée.

Pause repas rapide, puis retour sous l’Altar pour Unleashed, fier représentant du death metal suédois old school. Depuis 1989, le groupe envoie des baffes sans trembler. Sur scène, Johnny Hedlund mène la charge, et le public répond à chaque appel. Le pit remue, les riffs cinglent, et l’expérience du groupe fait toute la différence. C’est simple, efficace, brutal.

En début de soirée, retour en Warzone pour Walls Of Jericho. Et comme à chaque fois, Candace Kucsulain déchaîne les enfers. Véritable tornade sur scène, elle motive, hurle, court, frappe du pied et fait exploser la fosse. La communion avec le public est totale. Un set de hardcore à l’ancienne, brutal et chaleureux. Vingt-cinq ans de carrière et toujours la même rage.
À l’Altar, Dethklok débarque avec ses animations vidéo en fond de scène. L’univers de Metalocalypse prend vie dans un show où le visuel prime presque sur les musiciens. Mais musicalement, ça cogne dur. Death metal technique, humour noir, et une atmosphère unique. Plus qu’un concert : une performance hybride, immersive et culte.

Puis vient le moment de clôturer cette édition 2025 avec un monument : Linkin Park. Leur retour avec l’album From Zero n’a laissé personne indifférent, et ce soir, toute la plaine se presse devant la Mainstage. Le groupe démarre en douceur et avec un premier single « The Emptiness Machine », avant d’enchaîner sur un set rock, sobre et parfois un peu trop tempéré. Les effets visuels enrichissent le show, mais les pauses entre les blocs cassent parfois le rythme. On aurait aimé plus d’intensité, plus de rage, plus de « métal ». Si From Zero annonçait un renouveau, le concert laisse un goût un peu trop sage. Les fans chantent, les bras se lèvent, mais on reste en partie sur notre faim.
Et c’est ainsi que se termine cette quatrième et ultime journée du Hellfest 2025. Une journée riche, surprenante, violente, intense. Une dernière salve de passion et de musique avant le retour à la réalité. Encore une fois, le simple fait d’être là, ensemble, est une fête en soi.
Les portes de l’enfer se referment, et ce sont 280 000 festivaliers qui auront foulé les terres de Clisson durant ces quatre jours d’exception. À l’année prochaine !
(ndlr: Retrouvez plus de photos dans les prochains jours…)
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