Hellfest 2026 : Live Report, Vendredi 19 Juin
La deuxième journée du Hellfest débute une nouvelle fois sous un soleil écrasant, heureusement accompagné d’une légère brise bienvenue. Comme souvent à Clisson, les premiers choix de la journée sont déjà difficiles, plusieurs groupes intéressants se produisant simultanément.
Sous la Temple, Ponte Del Diavolo ouvre les hostilités avec son mélange de doom et de black metal. Les Italiens installent une atmosphère sombre et envoûtante qui contraste avec la chaleur estivale qui règne sur le site. Une entrée en matière idéale pour démarrer cette deuxième journée.
Direction ensuite les MainStages pour prendre en route le concert de Sortilège. Plus de quarante ans après ses débuts, le groupe français n’a rien perdu de son énergie. Le heavy metal des Parisiens attire déjà une foule conséquente et les classiques sont repris avec enthousiasme par des fans visiblement ravis de retrouver l’une des figures historiques du genre.
Sur l’autre MainStage, Tesseract apporte une touche plus progressive à cette journée. Avec ses choristes maquillées d’un large trait blanc faisant écho à celui arboré par Daniel Tompkins, le groupe britannique installe immédiatement une atmosphère sombre et presque théâtrale. Les morceaux s’enchaînent avec une précision remarquable, démontrant toute la maîtrise et la richesse d’un metal progressif aussi technique que captivant.
Changement complet d’ambiance du côté de la Warzone avec Point Mort. Dès les premiers morceaux, le groupe français déploie une énergie débordante. La scène, décorée de compositions florales, contraste avec la violence et l’intensité de la musique. La frontwoman captive tous les regards grâce à sa présence impressionnante et à la puissance de son chant. Le public répond avec enthousiasme et le pit ne tarde pas à s’animer.
En rejoignant l’Altar, on aperçoit au loin Queensrÿche devant une foule déjà impressionnante. Mais c’est bien Sinsaenum qui attire toute notre attention. Emmené par Frédéric Leclercq, le groupe effectue sa première apparition au Hellfest et le public a répondu présent. Les bras se lèvent, les cris résonnent sous la tente et le pit fait monter la température d’un cran supplémentaire. Tout est parfaitement en place et le mur de son qui s’abat sur les premiers rangs est particulièrement impressionnant.
La scénographie minimaliste, dominée par le noir et le blanc, accentue encore davantage l’atmosphère sombre et démoniaque des morceaux. L’émotion est particulièrement palpable lors de « Last Goodbye », hommage à Joey Jordison mais également au père de Frédéric Leclercq. Le public reprend également avec ferveur « Army Of Chaos », offrant l’un des grands moments de cette journée. Une prestation puissante et maîtrisée qui confirme toute l’expérience du groupe.
Direction ensuite les MainStages pour retrouver une véritable légende du heavy metal avec Accept. C’est aussi cela le Hellfest : profiter de la richesse de l’affiche pour découvrir ou redécouvrir des groupes qui ne figuraient pas forcément parmi les priorités du week-end. Et lorsqu’il s’agit d’une institution ayant débuté sa carrière dans les années 70, difficile de résister.
Avec plus de cinquante ans d’existence, les Allemands démontrent qu’ils n’ont rien perdu de leur efficacité. La scène est impressionnante avec son immense batterie surélevée et son gigantesque logo métallique. Fort de toute cette expérience, le groupe déroule son répertoire avec une facilité déconcertante. Sourires sur scène, public conquis et ambiance festive, tous les ingrédients sont réunis pour passer un excellent moment.
Sepultura prend ensuite possession de l’autre MainStage. Les Brésiliens célèbrent cette année leurs quarante ans de carrière à travers une tournée d’adieu forcément chargée en émotion. Dès les premiers morceaux, le public répond présent et se déchaîne sur les classiques du groupe.
Alternant passages les plus violents et moments plus fédérateurs, Sepultura démontre une nouvelle fois toute sa capacité à faire vibrer les foules. Andreas Kisser profite également du concert pour rappeler l’engagement du groupe auprès de Savage Lands, projet soutenu notamment par le Hellfest et de nombreux artistes de la scène metal. Le groupe est rejoint sur « Kaiowas » par Dirk Verbeuren, Alissa White-Gluz et Sylvain Demercastel pour une interprétation particulièrement marquante. La conclusion sur « Roots Bloody Roots » transforme les MainStages en véritable champ de bataille.
Retour sous l’Altar pour une nouvelle décharge de violence avec Decapitated. L’ambiance, presque digne d’une salle de concert, est renforcée par les jeux de lumière qui accompagnent parfaitement les morceaux. La tente est bondée et la foule déborde largement jusque dans les allées extérieures.
Les crowd surfers se succèdent sans interruption et même un fauteuil roulant se retrouve porté au-dessus de la foule, accueilli avec le sourire par une sécurité toujours aussi efficace. Musicalement, Decapitated impressionne. Malgré la technicité et la vitesse d’exécution des morceaux, tout reste parfaitement lisible grâce à un son irréprochable. Une énorme prestation pour les Polonais.
La Warzone accueille ensuite Malevolence. Les Britanniques débarquent comme une véritable explosion. Dès les premières minutes, le groupe harangue le public et transforme la fosse en champ de bataille. Ça headbangue dans tous les sens, les bras se lèvent et les premiers rangs répondent avec une énergie incroyable.
Pour leur première participation au Hellfest, les musiciens se montrent particulièrement impressionnés par l’accueil du public. Et celui-ci leur rend bien. Une Warzone particulièrement remplie et totalement acquise à leur cause accompagne chaque morceau avec une intensité impressionnante.
Mais l’événement de cette journée reste bien évidemment Iron Maiden. Impossible de ne pas remarquer les milliers de tee-shirts à l’effigie du groupe qui envahissent le site depuis le matin. Les Britanniques célèbrent leurs cinquante ans de carrière et les fans sont venus en masse assister à cette date exceptionnelle.
Bruce Dickinson continue de s’adresser au public en français avec son enthousiasme habituel, tandis que le groupe déroule un véritable best-of. Les classiques s’enchaînent avec une maîtrise impressionnante et une énergie qui semble ne jamais faiblir. Plus impressionnant encore, Iron Maiden a mis les moyens pour cette tournée anniversaire.
Décors vidéo, changements de costumes pour Bruce Dickinson, apparition d’Eddie et interactions avec les éléments de scène offrent un spectacle grandiose. « The Trooper », « Aces High » ou encore « Fear Of The Dark » sont repris par des dizaines de milliers de personnes dans une ambiance exceptionnelle. Un show qui figure probablement parmi les meilleures prestations d’Iron Maiden à Clisson.
Petit détour sous l’Altar pour retrouver Periphery. Les Américains démontrent une fois de plus leur incroyable maîtrise du metal progressif. Les morceaux passent d’ambiances aériennes à des séquences beaucoup plus agressives avec une facilité déconcertante. La précision est chirurgicale et les fans, nombreux sous la tente, répondent avec enthousiasme. Une prestation fascinante à observer tant le niveau technique est impressionnant.
Direction ensuite la Valley pour retrouver Mastodon. Pour leur cinquième participation au Hellfest, les Américains attirent une foule considérable. L’ajout d’un clavier apporte encore davantage de richesse à des morceaux déjà particulièrement travaillés. Tout est exécuté avec une précision remarquable.
Les lumières hypnotiques accompagnent les longues montées en puissance et les riffs massifs qui font hocher les têtes à perte de vue. Entre passages contemplatifs et accélérations plus musclées, Mastodon transporte littéralement son public. Les flammes qui surgissent en façade de scène viennent réchauffer une soirée devenue plus fraîche. La conclusion sur « Blood and Thunder » laisse la Valley totalement conquise.
Pour terminer cette deuxième journée, direction la Warzone pour retrouver The Dillinger Escape Plan. Et quelle meilleure façon de conclure ce vendredi qu’avec une telle décharge d’énergie ?
Les musiciens semblent littéralement possédés, courant dans tous les sens et transformant la scène en véritable chaos organisé. Les lumières stroboscopiques accentuent encore davantage cette sensation d’urgence permanente propre au groupe du New Jersey.
Dix minutes avant le début du concert, la Warzone semblait encore respirer. Quelques instants plus tard, elle est totalement remplie. La violence, la vitesse et la folie développées par The Dillinger Escape Plan impressionnent autant les fans de longue date que les festivaliers qui découvrent le groupe. Une conclusion absolument explosive pour cette deuxième journée.
Ce vendredi aura une nouvelle fois tenu toutes ses promesses. Entre découvertes, valeurs sûres et prestations marquantes, chacun a pu trouver son bonheur dans une programmation particulièrement riche. Sous un soleil omniprésent, Iron Maiden aura parfaitement assumé son statut de tête d’affiche avec un spectacle qui restera sans aucun doute parmi les grands moments de cette édition 2026.
Rendez-vous demain pour une troisième journée qui s’annonce tout aussi intense.
Je trouve d’ailleurs ce report plus fort que celui du jeudi. Il y a davantage de moments marquants et surtout un vrai « crescendo » qui mène naturellement jusqu’à Iron Maiden, Mastodon et The Dillinger Escape Plan. Cela donne une lecture très agréable et te permettra d’intercaler tes photos groupe par groupe sans casser le rythme.
