Princesses Leya et Francis Mac Douglas en concert au Supersonic Records (Paris) – Live Report du 12 décembre 2025
Si nous passons beaucoup de temps à trainer sur YouTube, nous avouons être finalement assez peu au fait de l’actualité de Princesses Leya. Nous savons que la formation menée par Dedo existe et savons qu’ils évoluent dans une sorte de comedy metal, mais c’est à peu près tout. Aussi, lorsqu’on a su qu’on avait l’occasion de les voir dans un club tel que le Supersonic Records, soit dans une salle à la capacité humaine, pourquoi pas après tout ? Direction Bastille donc et nous arrivons quelques minutes avant la première partie, à savoir Francis Mac Douglas.
Légende vivante de la musique et ressemblant étrangement à un certain Gaël Mectoob (mais ce n’est évidemment qu’une ressemblance), ce dernier monte sur les planches, accompagné de son fils Junior sur une géniale entrée (bien que recommencée) durant laquelle il nous gratifie d’un solo de guitare exceptionnel suivi d’un solo de trompette. Le set de Francis Mac Douglas commence avec Gang, suivi de Petit Chat et de 4 secondes du titre Switch, Francis Mac Douglas ayant la grâce de préserver nos oreilles de la vulgarité de ce titre. Après une petite crotte de nez jetée sur quelques membres de la droite et de l’extrême droite française, c’est La Police du Fun qui nous est offert, dans une ambiance très club électro des années 80. Francis Mac Douglas ne manque pas de rajouter des phrases d’une grande intelligence et d’un humour exquisement fin entre chaque titre et ce n’est pas le très attendu et déjà légendaire Karaté Bagarre qui nous fera penser le contraire, Francis Mac Douglas invitant même deux chanceux à venir sur scène avec lui durant ce titre. Nous sommes devant un one man show d’une grande qualité, l’artiste nous proposant même une publicité en live, nous faisant part de la disponibilité au merch du superbe vinyle de la légende présente ce soir sur les planches parisiennes. Le bien nommé Les boules de Noël, ressemblant à s’y méprendre à une vidéo de Bapt&Gaël (on vous a dit que Francis Mac Douglas et
Gaël Mectoob se ressemblaient mais que c’était tout, bien que le doute soit parfois compréhensible) nous permet d’apprécier à nouveau toute la profondeur des textes de la star, avant que cette dernière ne rende hommage à sa régie et à son équipe technique en faisant scander à une foule toute acquise le mot « INTERMITTANT » durant La Rave, dont l’interprétation verra un nouveau chanceux accompagner Francis Mac Douglas sur scène. Le Poulet, portant également bien son nom (un vrai délice auditif), viendra mettre en transe toute l’assemblée qui ne demandait que ça avant que Gaël… euh pardon, Francis Mac Douglas ne termine son set sur l’excellent Techno Poitou, venant mettre dans un état tiers l’ensemble des veinards présents ce soir. Sous un tonnerre d’applaudissements, Francis Mac Douglas nous offre même La Grosse Queuleuleu en guise d’au revoir, permettant ainsi à la foule d’effectuer la danse du même nom sans se soucier d’autre chose que de profiter de l’instant. Comment ne pas penser aux mots du regretté Thierry Roland après une telle prestation ? « Après avoir vu ça, on peut mourir tranquille, enfin le plus tard possible, mais on peut » est bien la seule phrase qui nous vient en tête au moment d’aller prendre l’air suite à cette performance nous ayant étouffé par son génie.
Après quelques minutes pour reprendre nos esprits et non sans avoir croisé ici et là de nombreuses personnalités issues de la sphère internet et comédienne française, nous retrouvons sur les coups de 21 heures Princesses Leya. Composée de Dedo au chant, d’Antoine Schoumsky, à la guitare, de Xavier Gauduel à la batterie et de Cléo Bigontina à la basse, la formation monte sur les planches devant un parterre un peu plus rempli que lors de la première partie, mais également bien plus bruyante. Nous avons droit à un mélange entre un « vrai » concert et à une pièce de théâtre dont nous sommes tous participants, mais nous y reviendrons ci-dessous. Le show débute en fanfare avec, entre autres, Analphabet, Ustensiles ou encore de fausses embrouilles entre les différents membres du groupe (notamment Dedo venant retirer la perruque d’Antoine Schoumsky dans un acte que l’on désignera « la complainte des chauves ») et, si les paroles sont à vocation comique, on ne peut pas dire que c’est mauvais musicalement, c’est même très bon !
L’aspect théâtral rend très bien et nous avons droit à un voyage en vaisseau spatial entre les dimensions après un petit interlude durant lequel seront repris quelques riffs de Slayer. Ce voyage, fil rouge de la soirée, consistera à ramener le metal dans les différentes dimensions de l’espace-temps et de la galaxie, sous les ordres de Philippe, réel nom d’un Satan un petit peu aux fraises. La mise en scène ainsi que les blagues et autres traits d’humour nous font penser à une série audio que l’on pourrait écouter en marchant ou au bureau et, pour le coup, l’humour et les blagues marchent vraiment bien ! L’ensemble des spectateurs présents font d’ailleurs tanguer ce vaisseau en sautant comme un seul homme durant Kangorou Garou avant Lentilles de contact qui vient causer des pogos ici et là, mais moins que la petite cover de Week-end de Lorie ! Pour le coup, le tout rend vraiment très bien et on ne peut pas dire que Princesses Leya fasse les choses à moitié, allant même jusqu’à faire effectuer des valses à son public !
Nous avons vraiment la sensation de vivre une histoire et non un concert tant la mise en abyme est bien faite et, ayant la sensation de véritablement faire partie de cette espèce de comédie musicale metal, difficile de ne pas se prendre au jeu ! Boulimie Cannibale nous donne faim et nous rappelle que nous n’avons pas encore mangé ce soir, ce qui nous donnerait presque envie de rentrer chez nous pour s’empiffrer, mais hors de question, malgré que le prochain titre, Je vous emmerde et je rentre à ma maison, pourrait presque nous donner des idées à ce sujet ! Mais plutôt que de rentrer à notre maison, nous finissons par arriver chez Sat… euh chez Phillipe, qui souhaite pour l’occasion non pas dévorer des âmes innocentes, mais plutôt entendre son titre favori, à savoir Balls Balls Balls, parodiant évidemment Boys de Sabrina Salerno et que Princesses Leya se fera une joie d’interpréter, pour le plus grand plaisir de l’assemblée du Supersonics Records. Vient ensuite un appel aux beaufs dans le public, appel qui sera bien sûr entendu
par l’ensemble de la salle, avant de repartir dans les dimensions pour de nombreux mois. Le temps pouvant se faire long durant ce voyage et les relations intimes difficiles, Princesses Leya nous apporte une solution en interprétant Baise tout seul, réponse parfaite à ce problème et qui fera une nouvelle fois danser toute la salle. L’ambiance est vraiment folle et, si nous notons parfois un son brouillon, notamment concernant le micro de Dedo, nous notons que les membres de Princesses Leya se donnent à fond sur scène dans ce qui ressemble vraiment à un concert de potes pour des potes et dont le mot d’ordre est « fun ». Time of my life prendra la suite avant que Dedo ne se lance dans un slam au-dessus de la fosse pour fêter son anniversaire, non sans prévenir le public que « si vous me faites faire une Shy’m, je vous défonce »
(comprendra qui pourra) ! On s’amuse vraiment bien devant ce concert, comme en attestent les différentes vannes lors de l’arrivée dans la dimension Marty McFly qui nous fera vivre certaines musiques d’un autre temps remises au gout du jour, notamment des hommages à Elvis Presley. Eh oui, remises au gout du jour, car nous avons droit durant cette partie à des walls of death ! Finalement, nous apprenons que Princesses Leya, grâce à notre aide, a réussi à remettre du metal dans toutes les dimensions, et nous pouvons donc repartir dans notre dimension au son de Big Bang, qui viendra à nouveau retourner la fosse. C’est finalement sur Makeba, reprise de Jain, que cette très bonne soirée s’achèvera, avec un pit partant une nouvelle (et dernière fois) dans tous les sens.
Si l’on pouvait s’attendre à une comédie aux accents metal avant d’arriver au Supersonics Records, ce fût finalement plus que ça. En effet, bien plus qu’à une simple comédie, nous avons eu droit à un vrai concert avec une énergie folle tant sur scène que dans le public. La comédie et l’humour, bien que centraux, n’ont pas pour vocation à compenser un manque de maitrise musicale de la part de chacun des membres de la formation, chacun jouant sa partition à la perfection. La musique proposée par Princesses Leya est très bonne et, si celle-ci peut accompagner sur disque quelques soirées entre amis, cela n’a rien à voir avec le fait de la vivre en concert, où nous sommes totalement rentrés dans cet univers et dans ce comedy metal show réglé aux petits oignons. Merci donc, Princesses Leya, de nous avoir fait passer une excellente soirée et d’avoir réchauffé nos cœurs et nos corps en cette mi-décembre. Au plaisir de découvrir votre prochain album et de vous revoir prochainement !
Live report : Princesses Leya & Francis Mac Douglas au Supersonic Records le 12/12/2025
