GOJIRA écrase l’Accor Arena de Paris avec Comeback Kid – Live Report du 30 novembre 2025

GOJIRA écrase l’Accor Arena de Paris avec Comeback Kid – Live Report du 30 novembre 2025

Comeback Kid : le hardcore qui retourne l’Arena

Comeback Kid démarre son set à 19:45 précises. Le hardcore du combo canadien peut sembler inhabituel dans une salle de la taille de l’Accor Arena, mais il ne faudra que quelques minutes pour comprendre que l’énergie et la sincérité du groupe suffisent largement à retourner la fosse.

Et lorsque le groupe lance la reprise de Sepultura « Refuse / Resist », la salle explose littéralement. Une communion immédiate entre le public parisien et un groupe visiblement ému d’être là. Le chanteur évoque alors le fait qu’après avoir remporté son Grammy Award, le groupe a reçu l’appel de Gojira pour cette tournée de 12 dates en France. Pour des musiciens habitués aux salles plus modestes, fouler une scène de cette taille relève presque de l’irréel.

Le hardcore de Comeback Kid reste taillé pour le live, direct, accrocheur, sans fioritures inutiles. L’équilibre entre agressivité, mélodies et refrains fédérateurs prend immédiatement dans une salle déjà bien remplie. Fidèle à son ADN, le frontman, Andrew Neufeld, n’hésite pas à rejoindre les premiers rangs, chantant au contact des fans, rappelant que peu importe la taille de la salle, l’esprit hardcore reste le même.

Pendant 45 minutes, Comeback Kid délivre un set explosif, honnête, sans artifices mais d’une efficacité redoutable. Voir un groupe de cette scène évoluer sur une scène aussi imposante est un événement en soi, autant pour les fans que pour les musiciens eux-mêmes.

La setlist s’appuie sur les essentiels du groupe avec « Heavy Steps », « Wasted Arrows » et évidemment « Wake The Dead » pour conclure. Une sortie de scène sous les applaudissements nourris… et trente minutes de changement de plateau que le public occupe en fredonnant :
« You said, you said, you said, This time was gonna be different »

Gojira : une démonstration de force visuelle et sonore

Il est 21:02 lorsque Gojira entre en scène. Un détail important et inédit sur cette tournée, c’est Greg Kubacki (Car Bomb) qui assure les parties de guitare suite à l’opération de la main droite de Joe Duplantier, contraint d’assurer uniquement le chant.

Dès les premières secondes, le constat est sans appel : cette tournée est pensée pour frapper fort, très fort. Jeux de lumières grandioses, écrans géants, projections live, écrans de LED, flammes, fumée, tout est millimétré.

La scène est structurée autour d’un arc de cercle lumineux derrière le groupe. La batterie trône sur deux étages, entourée d’escaliers sur chaque flanc, offrant une architecture impressionnante qui renforce la dimension presque monumentale du concert.

« Only Pain » ouvre le bal et déclenche immédiatement un chaos contrôlé dans la fosse. Mais c’est avec « Stranded » que toute l’Arena bascule, les gradins se lèvent, la salle chante, hurle, vibre d’un seul bloc.

L’impact visuel accompagne chaque morceau avec une précision chirurgicale. Vidéos, lumières et décors forment un tout parfaitement synchronisé. Joe, libéré de sa guitare, occupe l’espace comme jamais, multipliant les échanges avec le public, courant d’un côté à l’autre de la scène.

Moment suspendu avec « Flying Whales », deux gigantesques baleines gonflables flottent alors au-dessus de la foule, laissant un public médusé devant cette nouvelle dimension artistique assumée par Gojira.

Mais le groupe n’oublie jamais de rester simple et humain. Lorsque Mario apparaît avec une Joconde sous le bras, références moqueuses au fameux vol au Louvre, toute la salle éclate de rire.

« Silvera » frappe fort, autant par sa violence que par sa charge émotionnelle. Puis vient l’un des moments forts du concert, « Mea Culpa » voit apparaître Marina Viotti, comme lors des Jeux Olympiques mais cette fois face à un public de pur metalheads. L’alchimie fonctionne à nouveau parfaitement.

Elle reviendra plus tard pour « The Chant », et la magie opère encore, portée par les chœurs gigantesques de l’Accor Arena.

Le temps file. Malgré une setlist de 18 titres, le concert semble passer en un éclair. « L’enfant sauvage » puis « Global Warming » clôturent la soirée comme un message autant musical qu’engagé.

Le groupe reste longuement sur scène, distribue des t-shirts, et Mario termine la soirée en surfant sur la foule, porté par un public en transe. Gojira affiche un bonheur sincère, presque palpable, heureux de livrer une tournée aussi ambitieuse.

Une Arena conquise

Gojira signe ce soir un concert impressionnant de maîtrise, d’intensité et de générosité. Soutenu par un Comeback Kid habité et ultra efficace, le public parisien aura vécu bien plus qu’un spectacle, une expérience totale.

xWebbYx

Rédacteur en chef et administrateur de TRexSound.com.

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