Chronique: Avec Motionblur, Split Chain impose un metal alternatif intense et personnel

Chronique: Avec Motionblur, Split Chain impose un metal alternatif intense et personnel

Avec Motionblur, Split Chain signe un premier album à la fois massif, introspectif et nuancé, capable d’osciller entre tension brute et légèreté aérienne. Dès les premières secondes, une évidence s’impose : le groupe maîtrise son propos. Les guitares tranchent l’espace avec une précision chirurgicale, portées par une production qui frappe fort sans jamais écraser les nuances. C’est un mur du son contrôlé, jamais boursouflé, qui évoque autant la rage contenue d’Ill Niño que les plans plus vaporeux et ambiants d’un Deftones ou d’un Hum.

Mais Split Chain ne se contente pas d’aligner des influences. Le groupe s’en inspire pour mieux façonner son propre univers. Motionblur joue avec les intensités, passant sans prévenir d’un chant fragile à des explosions émotionnelles, de riffs abrasifs à des passages quasi rêveurs, parfois même désarmants de sincérité. Cette capacité à manier les contrastes est l’un des grands atouts de l’album : il n’est pas question ici de violence gratuite, mais d’une forme de catharsis musicale, où chaque rupture, chaque silence, chaque saturation a du sens.

Sur Subside, le groupe balance un groove métallique nerveux, brut et organique, quand bored.tired.torn mise davantage sur la tension sourde, tapie sous une ligne vocale mélodique. D’autres titres comme who am i? ou I’m Not Dying To Be Here laissent éclater une facette plus contemplative, presque shoegaze, où la voix se fait murmure désabusé. Et pourtant, malgré cette diversité, tout reste cohérent. C’est là aussi que réside la force de Split Chain : une personnalité sonore déjà solide, une direction claire, une vraie intention artistique.

Thématiquement, Motionblur plonge dans les méandres de la santé mentale, des relations toxiques, de l’identité brisée ou reconstruite. Le chant de Bert Martinez‑Cowles, oscillant entre murmure et cri, incarne à merveille cette lutte intérieure. Il ne s’agit pas d’une plainte, mais d’un exutoire. Chaque titre résonne comme une tentative de recoller les morceaux, de faire la paix avec le chaos.

En une quarantaine de minutes resserrées, Split Chain parvient donc à imposer une signature, un souffle, un équilibre entre puissance et fragilité. L’album n’est pas exempt de défauts : certains morceaux, trop courts, donnent parfois l’impression de s’arrêter juste avant le point de bascule, et l’ombre de leurs influences plane encore un peu trop près par endroits. Mais dans l’ensemble, Motionblur est une réussite. Pas simplement un patchwork de références bien digérées, mais bel et bien un disque de caractère, qui donne envie de suivre le groupe de très près.

Un premier essai abouti, sincère, et déjà habité.

 

xWebbYx

Rédacteur en chef et administrateur de TRexSound.com.

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