Hellfest 2025 – Jour 3 : Du soleil à la tempête : voyage au cœur de la fournaise (Samedi)

Hellfest 2025 – Jour 3 : Du soleil à la tempête : voyage au cœur de la fournaise (Samedi)

L’enfer est toujours bien présent à Clisson, mais cette fois, c’est le soleil qui joue les têtes d’affiche en ce samedi brûlant. Avec une température dépassant les 36 degrés, cette troisième journée du Hellfest s’annonce comme la plus chaude du week-end. Dès le matin, le site se transforme en fournaise. Malgré cela, les festivaliers répondent présents, animés par l’adrénaline des concerts et l’ambiance si particulière du Hellfest. Heureusement, les brumisateurs géants, les jets d’eau salvateurs, et un léger vent par moments apportent un souffle bienvenu à une foule résolue à tenir bon.

La journée débute avec un sourire grâce à Freak Kitchen, dont le heavy metal teinté de progressif, parfois avant-gardiste, électrise la Mainstage dès les premières heures. Le groupe suédois, mené par l’inimitable Mattias IA Eklundh, allie virtuosité technique et humour décalé, offrant un cocktail rafraîchissant qui réveille les festivaliers encore groggys par la chaleur ou la courte nuit. C’est rythmé, accrocheur, taillé pour le live et pour ce type de festival. Les riffs groovy, la précision du jeu et l’énergie communicative du groupe font mouche. On sourit, on tape du pied, on est bien. Mention spéciale à ceux qu’on appelle affectueusement les « warriors du Hellfest », déjà fidèles au poste depuis 10h30 du matin.

Agriculture

Direction ensuite la Temple pour Agriculture, mais sur le chemin, on capte la fin de set explosive de Vulture Industries sur l’Altar. Le contraste est saisissant entre la température extérieure déjà élevée et la chaleur suffocante sous les chapiteaux. Le thermomètre grimpe allègrement au-delà des 45°C sous toile, rendant l’expérience encore plus physique. La performance de Vulture Industries est impressionnante, intense et soignée, laissant une sensation de frustration douce-amère de n’avoir pu en voir davantage. Mais c’est aussi ça, le Hellfest : découvrir, choisir, parfois trancher… et repartir avec des coups de cœur inattendus.

D-A-D

Retour sous la Temple où Agriculture livre un black metal viscéral et révolutionnaire dans son approche. Après une longue introduction atmosphérique, le déferlement est immédiat : vague de violence, cris déchirants, intensité cathartique. Ce jeune groupe américain propose une vision lumineuse du black metal, loin des codes classiques du genre, avec une simplicité et une fraîcheur presque naïve qui le rendent captivant. Le contraste entre leur attitude modeste et la violence de leur musique provoque un choc émotionnel fort chez le public.

Changement d’ambiance sur les Mainstages avec D-A-D, vétérans danois du hard rock, qui livrent un set varié et bien calibré. C’est un vrai voyage dans le temps, à travers quatre décennies de riffs efficaces et de refrains fédérateurs. Même si la chaleur reste écrasante, les quelques bourrasques de vent et l’énergie du groupe redonnent un coup de fouet aux festivaliers massés devant la scène.

Visions of Atlantis

Mais notre objectif ici, c’est surtout Visions of Atlantis, groupe de metal symphonique qui embarque le public dans une épopée fantastique. Le duo vocal franco-italien Clémentine Delauney / Michele Guaitoli impressionne par sa complicité et son charisme. Le show est pensé comme un véritable opéra maritime, avec décors, costumes et mise en scène soignée. Le public se prête volontiers au jeu, rassemblé dans une ambiance digne d’un concert d’Epica ou Nightwish, avec des bras levés, des chants repris en chœur, un circle pit à la demande du capitaine Michele et même une scène de “ramage collectif” au sol. Un show spectaculaire et immersif qui restera dans les mémoires.

Myles Kennedy

Place ensuite à un moment plus sobre, mais tout aussi intense, avec Myles Kennedy en configuration trio. Détaché de Slash ou d’Alter Bridge, Kennedy rayonne dans ce set solo plus intimiste, tout en conservant cette puissance vocale et ce jeu de guitare remarquable. La magie opère immédiatement. Il y a dans son chant quelque chose de profondément sincère, presque thérapeutique. Malgré la fournaise, une forme de sérénité s’installe. Le public est suspendu à ses notes, parfois en pleine effervescence sur les morceaux plus rock, parfois en recueillement total lorsqu’il chante seul, guitare en main. Et comme souvent, les moments d’interaction avec les festivaliers sont mémorables, Kennedy les faisant chanter, les regardant droit dans les yeux. Une bulle d’émotion dans cette journée survoltée.

My Sleeping Karma

Changement de dimension à la Valley avec My Sleeping Karma, prêts à délivrer une prestation à la dimension mystique. Leur rock instrumental, hypnotique et planant, installe une transe collective. Le temps semble suspendu. Le groupe joue avec ses tripes, se laissant porter par ses propres compositions. Le public, conquis, se laisse bercer par cette lente montée en intensité, dans une ambiance presque religieuse. La Valley, malgré son problème structurel de circulation, reste un havre pour les expériences sensorielles fortes, et celle-ci en est une des plus marquantes du jour.

Stick To Your Guns

Direction la Warzone, terrain de jeu des Stick To Your Guns. Le hardcore-punk-métal du groupe est une explosion de rage et de communion. Jesse Barnett et ses comparses livrent un set d’une intensité folle devant une foule compacte et complètement déchaînée. Les crowd surfers se succèdent à une vitesse folle, le pit est en feu, et la sécurité ne ménage pas ses efforts. Le groupe ne relâche jamais la pression, balançant des titres puissants comme « Against Them All » ou « Spineless », entrecoupés de messages à la fois engagés et humoristiques (mention spéciale au « bande d’idiots de Los Angeles ! »). C’est un véritable mur de son et d’énergie qui s’abat sur la Warzone.

Terror

Pas le temps de souffler que Terror prend le relais. La légende du hardcore californien continue de bousculer les codes et de faire exploser les foules. Le public est en furie, encouragé sans cesse par Scott Vogel, toujours aussi incisif et galvanisant. Les circle pits s’enchaînent, les barrières sont prises d’assaut, la Warzone devient un chaos parfaitement orchestré. Même si le groupe ne jouera que 40 minutes au lieu des 60 annoncées, l’intensité est telle que ce set suffit à marquer les esprits pour toute la soirée. Terror, fidèle à sa réputation, confirme qu’il est une valeur sûre du live, à chaque édition du Hellfest.

Vola

Retour à l’Altar pour une autre ambiance, celle feutrée mais puissante de Vola. Le quatuor danois navigue dans les eaux du metal progressif moderne, entre ambiance aérienne et riffs tranchants. Le contraste entre leur calme scénique et la violence maîtrisée de leur musique est saisissant. Tout est millimétré : le son, les transitions, les harmonies. Le groupe montre une maturité impressionnante et livre un concert d’une précision chirurgicale, sans jamais perdre en émotion. Le public, fasciné, savoure cette parenthèse technique et immersive, applaudissant longuement entre chaque titre.

Abbath

Le vent s’est levé sur Clisson. La température redescend, mais la tension, elle, grimpe d’un cran sous la Temple. Il est temps pour le maître de la darkness, Abbath, d’entrer en scène. Le show est sombre, théâtral, apocalyptique. On l’attendait, et il ne déçoit pas. Le black metal norvégien est ici dans toute sa grandeur : saturé, glacial, agressif. Les lumières stroboscopiques transforment la Temple en antre démoniaque, les cornes se lèvent, la fosse ondule. Abbath, fidèle à lui-même, impose sa présence, son charisme et son professionnalisme. Le public est comme possédé, happé par la noirceur et la puissance du set. Une prestation monumentale, presque mystique, digne de l’aura que véhicule le musicien depuis ses débuts.

La nuit tombe sur Clisson, et avec elle se termine cette troisième journée infernale, aussi bien par la chaleur que par l’intensité des concerts. Les corps sont fatigués, mais les cœurs sont remplis. Encore une fois, le Hellfest aura permis à chacun de vivre des expériences uniques, puissantes, extrêmes. Des découvertes, des coups de foudre, des moments de transe… Et toujours cette ambiance si particulière, où la passion du metal, du live et du partage brille plus fort que le soleil.

(ndlr: Retrouvez plus de photos dans les prochains jours…)

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xWebbYx

Rédacteur en chef et administrateur de TRexSound.com.

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