GHOST adoucit le ton avec Skeletá, sans perdre le cap (Chronique)
Depuis ses débuts à Linköping au début des années 2000, GHOST n’a cessé de brouiller les pistes, de redéfinir les frontières entre le Rock, le Metal, et la Pop. Avec Skeletá, leur sixième album studio, Tobias Forge et ses Nameless Ghouls poursuivent une transformation artistique amorcée depuis plusieurs années. Une évolution assumée, audacieuse, et peut-être même inévitable pour un groupe désormais au sommet de sa popularité.
UN SON PLUS DOUX, MAIS TOUJOURS SAVAMMENT CONSTRUIT
Dès Lachryma, on comprend que l’heure n’est plus aux messes noires mais aux refrains lumineux. Ce morceau, aux accents très Pop Rock, illustre parfaitement la direction plus mélodique et accessible prise par le groupe. Oui, le son est plus doux, les guitares plus sages, mais la qualité d’écriture est toujours au rendez-vous : chaque arrangement est peaufiné, chaque ligne de chant vise juste. Ce n’est pas un virage soudain, mais bien la suite logique d’un parcours entamé depuis Prequelle et Impera.
La production, signée Gene Walker, est d’une clarté exemplaire, sublimée par le mix d’Andy Wallace et Dan Malsch. L’ensemble est d’une efficacité redoutable, pensé pour séduire un public toujours plus large, sans pour autant renier l’identité visuelle et théâtrale propre à GHOST.
ENTRE NOSTALGIE ET MODERNITÉ
Guiding Lights est une ballade tout droit sortie des années 80, avec ses synthés vaporeux et son ambiance rétro parfaitement maîtrisée. On pense à Foreigner, à REO Speedwagon… Ce titre, d’une grande élégance, montre à quel point GHOST sait s’approprier les codes du passé pour les réinterpréter avec une sensibilité contemporaine.
Mais Skeletá ne se limite pas à la douceur. De Profundis Borealis vient relever le tempo avec une énergie plus directe, un riff accrocheur et un refrain fédérateur. C’est sans doute l’un des titres les plus « Rock » de l’album, et probablement le préféré des fans en quête d’un peu plus de mordant. Il prouve que, même en avançant vers des terrains plus accessibles, GHOST n’a pas perdu sa capacité à composer des hymnes puissants.
UN ALBUM INTROSPECTIF, POUR TOUCHER TOUS LES CŒURS
Là où les albums précédents évoquaient les grandes chutes de l’Histoire ou les ravages des fléaux, Skeletá se tourne vers l’intime. Chaque chanson est comme une confession, une réflexion personnelle sur les doutes, les émotions, les relations humaines. Ce virage introspectif apporte une nouvelle profondeur au projet GHOST, tout en conservant ce sens du storytelling unique qui fait la force du groupe.
GHOST EN CONCERT : UNE COMMUNION QUI DÉPASSE LES GENRES
Pour accompagner cette sortie très attendue, GHOST investira les grandes scènes françaises avec trois dates exceptionnelles : le 26 avril à Lyon, le 27 à Toulouse, et le 13 mai à Paris. Des shows qui s’annoncent déjà comme des cérémonies spectaculaires, où la communion avec le public transcendera les genres et les étiquettes.
VERDICT
Avec Skeletá, GHOST poursuit sa mue vers un univers plus mélodique et grand public, sans pour autant renier son exigence artistique. Moins Metal, plus Rock, parfois Pop, ce nouvel album divisera sans doute les fans de la première heure, mais il a toutes les cartes en main pour séduire un public encore plus large. Une œuvre bien construite, introspective, et toujours aussi magnétique.
