Live Report : Avatar au Zénith de Paris avec Alien Weaponery (07/03/2026)
Ce samedi 7 mars 2026, nous avons rendez-vous pour la 7ème fois en une dizaine d’années avec les Suédois d’Avatar, pour ce qui est annoncé comme le plus gros concert en tête d’affiche de la carrière du groupe. Presque deux ans après un excellent show donné à Ris-Orangis et près de neuf mois après un concert dont on garde un bon mais frustrant souvenir en première partie d’Iron Maiden (malheureusement trop court), il était temps de retourner voir Johannes Eckerström et sa bande avec la promesse, comme le groupe le disait sur son site, « de voir Avatar comme vous ne les avez jamais vus » et ce dans le cadre de la promotion de leur dernier album Don’t Go in the Forest. Promesse excitante donc, mais est-ce que le Zénith de Paris n’était pas trop gros ? Le concert n’affiche pas sold-out et, si l’enceinte du 19ème arrondissement est plus que bien remplie, nous notons toutefois plusieurs dizaines de sièges vides dans les gradins ainsi qu’une fosse plus aérée que d’habitude. Tant pis pour les absents, d’autant qu’il est prévu que ce concert soit filmé !
Nous arrivons au Zénith lors des dernières notes de Witch Club Satan. Nous ne pourrons donc rien en dire, si ce n’est qu’après échange avec des spectateurs arrivés pour le show de ces derniers, la prestation eut ses adeptes mais semble avoir laissé un sentiment plutôt mitigé pour la plupart d’entre eux. Nous n’y étions pas, nous ne jugerons donc pas ! Cela étant dit, nous avions assez hâte de revoir Alien Weaponery, formation néo-zélandaise que nous avions vue jusqu’alors uniquement au Hellfest 2022, mais qui nous avait laissé un assez bon souvenir. Le trio se présente face à nous, sans grand artifice (on laissera ça pour Avatar) mais avec une forme de haka introductif et rempli d’énergie. Cela ne laisse pas indifférent le public, le pit se déchainant rapidement, mais autant on aime beaucoup le groove-thrash proposé par la formation, autant leur style est assez éloigné du style d’Avatar. Cela dit, la prestation du trio fait mouche et ces derniers se mettent vite la foule et surtout la fosse dans la poche, les slams et les moshs étant (déjà) très nombreux. Cependant, le light show ne rend vraiment pas hommage au groupe et c’est bien la première fois que nous considérons qu’un light show n’est vraiment pas bon. Il ne faut vraiment pas être fragile des yeux, tant les flashs et rayons lumineux venaient percer les rétines des spectateurs en fosse (à tel point que nous nous sommes surpris à fermer les yeux à quelques occasions). Dommage, car la prestation proposée par Alien Weaponery est plutôt bonne, avec une vraie envie de bien faire et de conquérir un nouveau public. Nul doute que c’est réussi, tant on a à peine vu le temps passer !
Petit entracte, petit tour au merch (rien qui n’a véritablement retenu notre attention pour une fois) et nous attendons patiemment 20h55, heure prévue pour l’entrée d’Avatar sur scène. Nous remarquons bel et bien les quelques caméras ici et là, avant que Johannes Eckerström, frontman de la bande, n’arrive vêtu de noir et masqué telle une goule, lanterne à la main pour introduire Captain Goat dans une ambiance sombre et lugubre. Silence in the Age of Apes suit avec une très grosse pyrotechnie et, alors que nous attendons avec impatience la suite, les lumières se rallument dans le Zénith et le groupe quitte précipitamment la scène, sous les incompréhensions du public. Nous pensons que cela fait partie du show, mais une voix nous explique qu’en raison de soucis techniques, le concert est momentanément suspendu. Nous attendons, les minutes passent et au bout d’un petit quart d’heure, nous commençons à vraiment nous inquiéter quant à la suite et au maintien même du concert. Cela serait dommage pour un concert filmé et, qui plus est, le plus gros concert indoor du groupe ! Finalement, c’est au bout de quasiment 20 minutes que les problèmes sont réglés et que Johannes Eckerström, grimé en clown horrifique comme à son habitude, vient saluer le public parisien en présentant ses excuses pour cette interruption.
Après ces quelques mots, c’est avec In The Airwaves qu’Avatar enchaine, sous un très bon light show et avec une folle énergie tant sur les planches que dans la fosse. Le frontman profite de Bloody Angel pour ressortir ses iconiques chapeau et veste rouge, toujours du plus bel effet. Blod se verra précédé par la venue d’un homme en masque SM surmonté d’une cymbale que John Alfredsson, batteur de la formation, ne manquera pas de frapper pour lancer les nouvelles hostilités. À la suite de ce titre, Johannes Eckerström prendra à nouveau la parole pour s’amuser avec le public, avant le catchy The Dirt I’m Buried In suivi du beaucoup plus massif Colossus. Si nous avons droit à une rétrospective des dix/quinze dernières années des sorties du groupe, il est vrai que nous sommes parfois un peu perdus devant les nombreuses variations de styles musicaux et d’ambiances, comme le montre à nouveau l’enchainement Torn Appart / Howling at the Waves. Ce dernier sera d’ailleurs introduit par Johannes Eckerström au piano dans une configuration très intimiste, loin de tout artifice et pyrotechnie. C’est dans ce cadre que notre maître de cérémonie, non sans un petit mot pour les premières parties, remerciera à nouveau ses fans parisiens pour ce qui est le plus gros concert du groupe en salle (au cas où cela n’était pas encore clair).
À la suite de ce titre, nous avons droit à une modification du décor scénique. D’immenses fanions affichant le visage de Jonas Jarlsby dit « Kungen », l’un des guitaristes du groupe, viennent recouvrir les deux côtés de la scène. Peu après, ce dernier arrive, assis sur un trône, suivi des autres musiciens de la bande, le tout sous une voix off digne d’un discours à la radio, ressemblant fortement à l’interlude The King Speaks présente sur l’album Avatar Country. Nous en sommes ravis (cet album étant un de nos préférés du groupe) et, si nous nous attendions au titre A Statue of the King, c’est avec une grande surprise et une immense joie que nous avons droit à la place à l’excellent Legend of the King durant lequel chaque musicien nous fait part de toute sa technique (mention spéciale pour le bassiste Henrik Sandelin et le second guitariste Tim Öhrström, tous deux grandioses) tandis que Johannes nous fait part de son sens de la scène et de toute sa palette vocale. Un régal absolu tant pour les oreilles que pour les yeux, un peu moins pour les cervicales du public qui ne font que se tordre dans tous les sens ! Les 8 minutes de ce titre valent, à elles seules, largement le prix du billet. Nous avons ensuite droit au très bon Let It Burn, tout en pyrotechnie et qui fait monter la température à l’intérieur du Zénith de quelques degrés, avant que Tonight We Must Be Warriors, probablement un futur hymne du groupe (nous avons même été surpris que ce titre n’ouvre pas la soirée), vienne faire chanter l’ensemble de la salle parisienne comme un seul homme et permette à Tim Öhrström de faire à nouveau preuve de toute sa maîtrise de la six cordes.
Déjà l’heure du rappel, avec un retour des musiciens précédé par l’arrivée de Johaness avec un ballon flottant rouge, tel Pennywise, inspiration évidente de la cover du disque Don’t Go in The Forest, dont le morceau éponyme, catchy et presque pop, est interprété devant une foule qui s’en donne à cœur joie. Le frontman prend une nouvelle fois la parole, non sans humour, en expliquant que « comme vous l’avez vu, il n’y a eu AUCUN souci, surtout pas des soucis que des caméras auraient pu enregistrer », ce qui fait rire l’assemblée. Remerciant une nouvelle fois le public (« on ne peut faire que notre boulot, et on pense bien le faire, mais vous, vous le faites bien mieux que nous »), le frontman demande alors à son public parisien combien de morceaux souhaite-t-il que le groupe interprète avant de clore la soirée. Le public en réclame dix, ce qui est peut-être un peu trop pour la formation et un accord est finalement trouvé pour deux titres supplémentaires. Le premier, Smells Like a Freakshow, classique du groupe, vient briser à nouveau quelques nuques dans la fosse (Dieu que les membres d’Avatar ont la nuque souple, headbangant façon hélicoptère depuis le début du show) et c’est finalement dans un déluge de feu que l’autre grand classique de la bande, Hail the Apocalypse, vient conclure un show dont nous nous souviendrons. Dernière petite phrase du frontman à l’intention de son public, celui-ci le remerciant une ultime fois et enjoignant chaque fan à prendre soin de soi et des autres, « sinon, je viendrais vous botter le cul moi-même » !
Encore une fois, on n’a pas été déçu par Avatar en live. Véritable valeur sûre de la scène metal actuelle, ce n’est pas qu’un concert qui a eu lieu au Zénith de Paris ce soir, mais presque une pièce de théâtre. Entre les effets visuels et pyrotechniques, l’acting, l’ambiance et la scénographie millimétrée, la formation suédoise fait tout ce qu’il faut pour rendre une soirée mémorable. Que cela soit dans une petite salle comme à Ris-Orangis ou devant plusieurs milliers de personnes comme ce soir, on sent cette même énergie, ce même respect pour son public et cette même motivation à offrir plus qu’un concert. Maintenant, il est vrai que certaines critiques diront que le groupe ne prend que peu de risques (notamment au niveau de la setlist), s’enferme dans une sorte de routine scénographique ne changeant que finalement pas tant d’années en années ou encore que le concept même de cirque lugubre propre au groupe commence à faire son temps. Nous ne partageons que le premier point. Nous aurions aimé quelques surprises sur la setlist mais, pour ce qui est du show ou de l’univers du groupe, si ceux-ci conservent effectivement des similarités, nous avons l’impression de redécouvrir la formation à chaque fois que nous les voyons tant ils arrivent à se renouveler sur scène sans se renier. Avatar est typiquement le genre de groupe que nous pourrions voir encore et encore, sûrement sans jamais être déçus (en tout cas, s’ils sont en tête d’affiche), malgré le fait que nous pourrions presque deviner la setlist à l’avance. Est-ce que la promesse du groupe de « voir Avatar comme [nous] ne les avons jamais vus » a été respectée ? Totalement ! Ne reste plus qu’à prendre le chemin du retour en évitant d’aller en forêt, car on ne sait jamais quel type de personne mal intentionnée ou quel clown nous y attendra… Mais si c’est le prix à payer pour revoir Avatar rapidement, nous acceptons volontiers de nous perdre dans les forêts les plus lugubres de la planète !
