Plusieurs ex membres de Cradle Of Filth portent plainte contre Dani Filth et le management du groupe
L’affaire secoue la scène metal depuis plusieurs mois, et elle prend désormais une tournure judiciaire. Cinq anciens membres de Cradle Of Filth, ainsi qu’une performeuse apparaissant dans des clips du groupe, ont déposé une plainte collective contre Dani Filth, le groupe et leur management. Les accusations portent sur des infractions au copyright, un enrichissement injustifié, des royalties impayées et une exploitation commerciale jugée abusive.
Une plainte qui réunit six anciens collaborateurs
La plainte, déposée devant un tribunal fédéral en Arizona puis amendée en novembre, rassemble plusieurs figures marquantes passées par le groupe. On y retrouve la claviériste et chanteuse live Zoe Marie Federoff, son mari et ex guitariste Marek « Ashok » Smerda, l’ex chanteuse et compositrice Lindsay Schoolcraft, l’ancien guitariste Richard Shaw, ainsi que Paul Allender, membre historique à deux périodes clés. S’ajoute également Sasha Baxter, dont l’image apparaît dans certains clips.
Tous affirment avoir vu leur travail, leur image ou leur nom exploités sans autorisation après leur départ.
Une liste d’accusations particulièrement lourde
Les plaignants avancent de nombreux griefs, parmi lesquels :
- l’utilisation commerciale non autorisée de leur image et de leur nom sur du merchandising toujours en vente
- le non paiement de royalties liées aux concerts, aux tournées ou aux enregistrements studio
- l’exploitation d’éléments graphiques protégés, notamment des symboles créés par Lindsay Schoolcraft
- le refus d’accès aux comptes financiers liés aux ventes, empêchant tout audit indépendant
- la dégradation ou la perte de matériel professionnel appartenant aux musiciens
- des accusations de diffamation envers Zoe Marie Federoff, qui affirme que des propos graves à son sujet auraient été relayés en interne
Les ex membres réclament l’arrêt immédiat de l’utilisation de leur image, la destruction de tout stock concerné, un remboursement des redevances dues et des dommages et intérêts.
Une affaire révélatrice d’un malaise plus profond
Ce conflit n’est pas apparu du jour au lendemain. L’été dernier, les départs successifs de Federoff et Smerda avaient déjà dévoilé un climat qu’ils décrivaient comme toxique, avec des conditions de travail difficiles, un stress permanent et une rémunération jugée insuffisante pour vivre en tournée.
L’affaire prend aujourd’hui une nouvelle ampleur. Si la justice donne raison aux plaignants, l’impact pourrait être majeur pour l’image du groupe, déjà fragilisé par ces révélations. Le merchandising, certaines rééditions ou même les droits liés au catalogue pourraient être affectés.
Au delà de Cradle Of Filth, un signal pour la scène metal
Cette plainte pourrait dépasser le simple cadre d’un conflit interne. Elle soulève des questions récurrentes dans l’industrie metal, souvent marquée par des contrats flous, un manque de transparence financière et une distinction parfois ambiguë entre membres permanents et musiciens de session.
Pour une partie de la communauté, cette affaire pourrait devenir un point de bascule en faveur d’un meilleur encadrement des artistes, notamment dans les groupes historiques où les rotations de line up sont fréquentes.
