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FURY
FEST 2005 / PARC DES EXPOSITION LE MANS
Pour
cette nouvelle édition du Fury, la 2ème au Mans, la foule,
le soleil et la bonne humeur étaient une fois de plus au rendez-vous.
Après
de nombreuses incertitudes, changements de programmation et autres
rumeurs d’annulation, le festival a bel et bien eu lieu, tenant
toutes ses promesses et même plus encore !
Malgré
les désormais traditionnels problèmes d’organisation à l’entrée
(!) tout rentre vite dans l’ordre et nous laisse profiter pleinement
d’un nombre impressionnant de concerts (près de 40 pour moi cette
année).
Qu’on
se le dise une bonne fois pour toute, non le Fury n’est plus un
festival hardcore comme il le fut à ses débuts, même si ce genre
y est toujours représenté, mais il est loin d’être devenu le festival
commercial que certains se plaisent allègrement à critiquer. Il
est, du moins pour moi, le 1er mélange réussi en France
de toutes les musiques dites « extrêmes » et a au moins
le mérite de fédérer un peu des personnes venant d’horizons différents
mais partageant finalement une même passion pour la musique. Et
c’est déjà pas mal ! See you all next year!
CHRONIQUES
DU VENDREDI 24 JUIN
Après
une bonne heure d’attente sous un soleil de plomb pour retirer mon
pass photo, je peux enfin assister à mon 1er concert.
Histoire
de me mettre en jambes pour le marathon de 3 jours qui se prépare,
je commence par aller voir la fin du set de nos petits punks nationaux
d’Unco. Bonne surprise, ils assurent plutôt pas mal devant
un public pourtant pas vraiment acquis à leur cause et encore quelque
peu clairsemé devant la main stage en ce vendredi. En tout cas,
le son semble correct dans cette salle et le public ressort globalement
avec le sourire.
Place
ensuite à Arkangel et là, malheureusement, malgré tous les
efforts déployés par le combo belge et la motivation évidente des
gens autour de moi, le son médiocre de la forum stage empêche de
se rendre réellement compte de l’efficacité de ce groupe sur scène.
Dommage !
Le
festival commence vraiment pour moi avec le set de Walls Of Jericho.
Excellente surprise du Fury l’an passé, Candace et son groupe sont
attendus au tournant cette année sur une scène un peu plus grande.
Personnellement je reste un peu sur ma faim et c’est presque sans
regrets que je quitte la forum stage pour ne pas rater le début
de Sick Of It All sur la main stage. Avec ces new-yorkais,
pas de souci, on n’est jamais déçus ! Une fois de plus, ils
assurent avec toujours autant d’énergie et de passion. Tous les
tubes old-school y passent, de Step Down à Injustice System,
en passant par l’incontournable Scratch the surface. On a
droit au 1er circle pit du festival ainsi qu’au traditionnel
braveheart. Tout le monde en profite à fond : les membres de
Walls Of Jericho venus assister au concert depuis le bord de la
scène, les Sick Of eux-mêmes, les coreux de public et même les métalleux
chevelus pas vraiment venus au Fury pour ce genre de concert à priori !
Ca fait vraiment plaisir à voir et c’est là que les valeurs du hardcore
« unity » et « friendship » prennent tout leur
sens.
Vient
ensuite pour moi le moment d’aller découvrir en live l’un de mes
gros coups de cœurs de l’année sur album : les français d’Anorexia
Nervosa. Et là, malgré les toujours mauvaises conditions sonores
de la forum stage, la bonne impression ne fait que se confirmer
sur scène. A ma grande surprise Hreidmarr communique beaucoup avec
le public qui réagit au quart de tour, la part belle est faite aux
compos de l’excellent Redemption Process (mention spéciale
à Worship Manifesto), le groupe se donne à fond et le public
en redemande. Anorexia effectuera donc logiquement l’un des rares
rappels du festival, clôturant ainsi son concert par la reprise
(magistrale) des Tsars d’Indochine.
Je
me dirige ensuite de nouveau vers la main stage pour aller voir
le maître Patton au travail avec Fantômas. Plus qu’un simple
concert, c’est une expérience à part entière et j’avoue qu’elle
m’a laissée un peu perplexe, comme une bonne partie du public d’ailleurs !
Génie pur ou immense absurdité ? J’hésite encore… enfin, c’est
Mike Patton sur scène !!
Juste
le temps d’avaler un sandwich et c’est au tour de Jello Biafra
accompagné des Melvins d’investir la main stage. L’ex-Dead
Kennedys, malgré ses kilos superflus n’a rien perdu de sa verve
d’antan. Il se démène comme un beau diable et semble mettre tout
le monde d’accord… sauf moi ! Je quitte donc la salle pour
aller jeter un œil sur le combo italien de métal gothique Lacuna
Coil. Le show est carré (un peu trop ?), Cristina Scabia
chante aussi en live que sur album et les tubes de Comalies
sont au rendez-vous (Swamped et Heaven’s a lie en
tête).
Ma
journée tire à sa fin, juste le temps d’aller voir quelques morceaux
de Millencollin sur la main stage, mais ils n’arrivent pas
à me convaincre de rester plus longtemps et je pars me reposer un
peu avant la journée de samedi.
Un
seul regret : ne pas avoir vu Cult Of Luna pour cause
de changement d’horaire à la dernière minute…
CHRONIQUES
DU SAMEDI 25 JUIN
La
journée commence tranquillement avec un groupe français prometteur :
The Old Dead Tree. Puis tout s’accélère et s’enchaîne
à un rythme effréné : le grind échevelé de Cephalic Carnage,
avec un chanteur en forme olympique, puis le hardcore très inspiré
par Sick Of It all de Strech Arm Strong, efficace
malgré un certain manque d’originalité et c’est ensuite au tour
d’H2O de me faire passer un sacré bon moment devant la main
stage ! Dans la fosse aux photographes, une bonne partie de
mes collègues hésite clairement entre la prise de photos et le plaisir
de s’époumoner sur les refrains accrocheurs des new-yorkais (qu’il
est bon ce « my friends look after me like family…» !!)
et je me laisse moi aussi entraîner !
Je
me dirige ensuite, et ce pour la 1ère fois du festival,
vers la velvet stage, la plus petite des trois afin de voir Paint
It Black. Formé par d’anciens Kid Dynamite, ce groupe est ultra
énergique sur scène. Ils passent en revu les titres de leurs 2 albums :
CVA et Paradise . J’en oublie même d’aller voir
les death métalleux d’Aborted alors que je les attendais
avec impatience !
Puis
je m’en vais au pas de course vers la main stage histoire de ne
pas rater Terror non plus ! Ils avaient déjà plus qu’assuré
l’an dernier mais j’ai l’impression qu’ils ont encore progressé
depuis… Son énorme, set ultra carré, bonne présence, pit et circle
pit vraiment furieux… tout est là. Je retrouve avec beaucoup de
plaisir les titres What have we done ?, Overcome,
etc… et me surprends même à hurler avec tout le monde, poing en
l’air ! En 2 ans, Terror est vraiment devenu pour moi l’un
des groupes de gros hardcore qui tâche les plus efficaces et intéressants
du moment ! En plus ils font sincèrement preuve de bon esprit
sur scène, ce qui ne gâche rien.
Difficile
d’enchaîner après ça mais le public du Fury a quand même droit à
une très très bonne surprise du côté de la forum stage. Flogging
Molly avec son violoniste, son accordéoniste etc… remplit la
salle de bonne humeur avec sa musique d’inspiration irlandaise.
C’est aussi festif que les Dropkick en live, sans le côté street
punk. Tout le monde se marre, tout le monde chante, tout le monde
trinque… c’est une peu une grande kermesse qui se tient là dans
cette salle ! Je ne connaissais qu’un morceau, Drunken Lullabies,
somme toute assez représentatif du style de ce groupe, mais le concert
m’a donné envie d’en découvrir plus et ça semble être le cas de
pas mal de monde dans la salle.
Dans
mon planning serré c’est ensuite au tour de Freddy Cricien et de
ses acolytes de Madball d’assurer le show. Pas de surprise
depuis leur précédente prestation au Fury en 2003 à Nantes. Tous
les classiques y sont (Demonstrating my style, Pride,
Fuck it all, etc…) et 2 nouveaux morceaux, dans la droite
lignée des anciens, ainsi qu’une reprise d’Agnostic Front sont parfaitement
intégrés au set. Freddy occupe toute la scène à lui tout seul pour
la plus grande joie des fans des premiers rangs ! Le set est
bien rodé, le son correct, tout le monde s’y retrouve.
Petit
temps mort pour moi. Changement d’horaire pour Murphy’s Law
que je ne vois pas du coup. Je jette un coup d’œil à Immolation
(avec un nouveau batteur) qui m’avait littéralement fait mal
au crâne la dernière fois que je les avais vus (à Grenoble avec
Marduk et Malevolent Creation). Mais là c’est plutôt un bon concert
qui me convainc que ce groupe fait quand même bien partie des grands
du death métal.
Je
passe ensuite au death mélodique de Dark Tranquility mais
je n’accroche que très moyennement. Puis place aux suédois de The
(International) Noise Conspiracy. Emmenés par l’ancien leader
de Refused, la réputation scénique de ce groupe n’est plus à faire.
Même si le concert est un peu moins « violent » que celui
des autres groupes présents ce week-end, le public réagit bien et
apprécie. Le show est intense, les musiciens sont survoltés et nous
gratifient d’un magistral Smash it up au milieu de nombreux
titres du dernier album Armed Love.
Après
ça, je me laisse agréablement surprendre par les « clowns »
de Turbonegro alors que je partais avec des à priori carrément
négatifs sur ce groupe, sans bien savoir pourquoi ! Ils débutent
leur set avec le titre All my friends are dead, font les
pitres, racontent un peu tout et n’importe quoi dans un français
plus qu’approximatif, balance des billets de banques à leur effigies
dans le public… bref on a droit à un véritable show ! Du pur
rock’n’roll !
Retour
sur la petite scène Velvet pour assister au set furieux des black-métalleux
norvégiens d’Enslaved. Le concert est presque entièrement
articulé autour de leur dernier album Isa mais les morceaux
sont déjà bien rodés sur scène. La salle est pleine à craquer (1500
personnes environ), le son est bon, la température monte. Et elle
ne redescendra pas avec la prestation d’Exploited sur la
grande scène aux alentour de 22h30 ! Leur dernier passage
au Fury à Nantes m’avait un peu déçue, mais c’était en partie du
au fait qu’ils avaient la dure tâche de clore le festival après
2 jours épuisants… c’est donc en meilleure forme que j’assiste cette
fois à leur concert. Et quel concert ! Wattie, en bon leader,
ne laisse aucun temps mort, le public est en transe et a à peine
le temps de reprendre son souffle entre les morceaux … cette fois
c’est sûr, en 2005, le punk n’est toujours pas mort !
Il
est temps pour moi d’assister à mon dernier concert de la journée :
celui de Neurosis ! Bien que jouant sur la Forum stage,
au son médiocre jusque là, le combo californien ne pâtira pas de
ces mauvaises qualités sonores, bien au contraire ! Pour leur
unique date en Europe cette année, ils nous délivrent un set sur-carré,
construit de façon chronologique, plein d’émotion et de passages
ultra-planants. Les fans sont ravis, comme hypnotisés par les morceaux.
Rien à dire, Neurosis assure !
CHRONIQUES
DU DIMANCHE 26 JUIN
Levée
bien tôt après une courte nuit, je commence la journée, sur la grande
scène, en compagnie de Furia, un groupe français qui m’était
inconnu jusque là. Super efficace à une heure aussi matinale, seules
leurs paroles en français me gênent un peu.
Les
petits rigolos d’UltraVomit, officiant dans le registre du
grind humoristique, un peu à la Gronibard achèvent de me réveiller
en se prenant pour AC/DC. Leur set me colle définitivement le sourire
pour la journée même si c’est un peu saugrenu de brailler « I
like to vomit vomit » aussi tôt !!
Toujours
sur la grande scène, place aux néerlandais d’Epica, emmenés
par une Simone Simons cheveux flamboyants dans le vent. Epica porte
bien son nom, leur musique donne un peu envie de saisir son épée
et d’aller pourfendre du dragon ! Mais dans leur style, le
métal plutôt gothique symphonique à chanteuse donc (!), il faut
bien avouer qu’ils assurent. Le set est un peu court et ils promettent
donc de revenir très vite en France nous faire découvrir plus longuement
leur nouvel album..
La
bonne surprise de la journée est ensuite apportée par les petits
punks d’Anti-Flag. Je ne connaissais que moyennement leurs
morceaux (à part ceux de The Terrorist State, le dernier
album) mais j’ai vraiment apprécié leur attitude. Bien conscients
de ne pas jouer devant un public punk (la tête d’affiche aujourd’hui
c’est quand même Slayer !), ils sont enchantés par le bon accueil
qui leur est réservé et n’hésitent pas à nous le faire savoir !
Ils jouent avec un sourire jusqu’aux oreilles et cette bonne humeur
est communicative !
Sur
la Main stage toujours, l’une des grandes révélations de l’année
fait son entrée : Mastodon. Très efficaces sur scène
aussi, ils nous font même l’honneur d’accueillir Scott Kelly de
Neurosis en personne pour le morceau Aqua Dementia, comme
sur l’album ! Et oui !
Passage
rapide par la Forum stage pour voir le new-yorkais tatoué le plus
célèbre, j’ai nommé monsieur Rick ta Life ! Je ne m’éternise
pas, mais c’est à du pur 25 Ta Life auquel j’assiste là,
ni plus ni moins.
Vient
ensuite le moment d’aller mourir de chaud devant la Velvet stage
afin de voir Behemoth. Décors de scène à l’effigie du dernier
opus DemiGod, tenues noires et pics en métal, tout est
là ! Le concert est carré, le son (surtout la batterie) moins
synthétique que sur album mais la chaleur m’empêche d’assister à
tout le set.
Je
vois ensuite Obituary vite fait et Napalm Death. Obituary
a apparemment pris beaucoup de retard et doit écourter son set.
Napalm quant à eux perdent leur chanteur, Barney sur quelques morceaux
pour cause d’évanouissement sur scène ! Il reviendra juste
pour assurer le classique Nazipunks Fuck Off, le son terriblement
brouillon de la Forum stage empêchant une fois de plus de profiter
pleinement du concert. Vraiment dommage !
Retour
sur la Main stage pour le set de Dimmu Borgir. Les black-métalleux
norvégiens posent l’ambiance tout de suite avec une intro lourde
à souhait et ils assurent un show impeccable. Le batteur choisi
pour la tournée actuelle, après l’éviction de Nick Barker, n’est
autre qu’un ex-Nile, Tony Laureano. Et ça se passe plutôt bien sur
scène. Les parties symphoniques du dernier album, initialement enregistrées
avec un orchestre, sonnent de façon très correcte avec seulement
des sons de synthé sur scène.
J’enchaîne
avec le set de Misfits sur la Forum stage. Très bon esprit
mais alors, quel son pourri… on peut vraiment le dire cette fois !
Je reconnais à peine mon morceau préféré American Psycho.
C’est plutôt sur la Velvet stage qu’il fallait se trouver à
ce moment là pour voir les timides japonais d’Envy, grosse
révélation de la cuvée 2005 du Fury pour pas mal de monde.
Et
ensuite : “Good evening, we’re Motorhead and we play rock’n’roll”
! Ca y est, Lemmy et ses 2 acolytes ont investi la Main stage. Et
il faut bien avouer que même si on n’est pas fans du trio c’est
quand même la grande classe sur scène ! Tous les tubes sont
là, de No Class à Ace of Spades. Lemmy est même surpris
de l’accueil réservé par le public français à Shine, titre
peu connu d’après lui… Après presque 3 décennies, Motorhead est
toujours en forme et n’a pas usurpé son statut de légende du
rock !
Nouvelle
claque avec la prestation de Pennywise qui clôt les festivités
de la Forum stage. On ne peut pas vraiment dire que le son se soit
amélioré mais c’est n’est pas un problème tant le groupe a la patate !
La set-list est parfaite, rien ne manque, ma préférence allant aux
morceaux Society et Date with Destiny , tirés de
Full Circle. On a aussi droit à un nouveau titre, du pur
Pennywise une fois de plus. Le public est d’ailleurs encouragé à
se procurer le nouvel album par le moyen le plus simple pour lui,
même si ça signifie le téléchargement… pas forcément légal !!
Bon esprit. Toute la salle se laisse emporter par l’énergie positive
du groupe et le concert finit en apothéose sur le désormais traditionnel
Bro Hymn. Ce morceau me colle une fois de plus des frissons
tellement il transpire la sincérité. Pennywise quitte la scène mais
le public n’arrive pas à s’arrêter de chanter malgré les lumières
qui se rallument déjà. On en veut encore et on en oublierait presque
que Slayer a déjà commencé son concert sur la grande scène !
Cette
année pour clore le festival, rien à voir avec le dernier concert
de l’édition précédente (rappelez-vous : Slipknot…). Slayer
est attendu de pied ferme. Et le groupe ne va pas décevoir son
public ! La salle est pleine à craquer et ressemble à une véritable
fournaise tellement il y fait chaud. Impossible de se faufiler bien
loin entre les hordes de fans, juste assez pour apercevoir Kerry
King, Tom Araya et consorts. Le son est monstrueux et ils semblent
vraiment contents d’être là…et nous aussi ! Les classiques
sont tous là (South of Heaven, Angel of Death…) et
le public est définitivement rassuré sur l’état de santé des légendes
de Slayer ! Le festival se termine cette année en beauté !
Gaelle
Brunet
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