Chronique : LANDMVRKS – Lost in the Waves

À l’heure où nous sommes tous perdus dans les vagues successives de la Covid, le nouvel album des Marseillais de Landmvrks, Lost in the Waves, porte bien son nom. Les toutes premières paroles de l’album sont d’ailleurs assez évocatrices aujourd’hui : « I can’t breathe, I’m suffocating ». Néanmoins, plus que cette analogie un peu facile, il faut reconnaitre que cet album risque fort d’amener de nouveaux venus dans la vague metalcore des Marseillais.

Troisième album du groupe, succédant au très bon Fantasy, nous avions pu avoir une petite mise en bouche avant la sortie officielle de l’album (le 19 mars 2021, chez Arising Empire) avec les titres Lost in a Wave, Rainfall, Overrated et Paralyzed, qui annonçaient un album très heavy, mais également teinté de passages au tempo plus calme. Maintenant que ce disque attendu est enfin parvenu jusqu’à nos oreilles, que pouvons-nous en dire ? Spoiler alert : nous sommes en face d’un disque d’excellence facture.

L’album commence par Lost in a Wave et annonce tout de suite la couleur : préparez vos minerves, cela ne rigole absolument pas. En une minute, nous avons une introduction qui ouvrira sûrement une bonne partie des prochains concerts du groupe, avant un très gros breakdown (assez surprenant pour un début d’album), pour enfin introduire une énergie et des riffs colossaux qui ne manqueront pas d’amener de multiples circles pits lors de la reprise des concerts (que nous espérons tous). Le refrain est planant, marque de fabrique du groupe, avant que Florent Salfati (chant) ne montre une nouvelle fois toute l’étendue et la versatilité de sa voix, alternant avec une rare aisance le growl avec le chant crié et le chant clair. Rainfall, morceau suivant, est tout aussi intense, si ce n’est plus : nous restons ébahis devant la prestation Florent Salfati, mais il ne faudrait pas omettre la performance des musiciens qui ont véritablement réussi à mettre en place une ambiance lourde et pesante sur ce titre, où l’on se sent oppressés à la fois par les sons, mais également par le breakdown de fin, ne nous laissant aucun répit. Ce titre, notamment avec les « BORN TO FALL ! » et les différents chœurs que l’on imagine très bien être repris par tout une salle a tout le potentiel pour devenir un des morceaux incontournables du groupe.

Silent, troisième piste du disque, ressemble beaucoup plus à du Landmvrks des deux premiers opus : un metalcore accessible, plaisant, sans être dénué d’énergie, avec un son reconnaissable entre mille. Au vu du nombre de groupes sur le marché actuel du metalcore, c’est une véritable prouesse du groupe marseillais que d’avoir réussi, en aussi peu de temps, à imposer une réelle patte sur ce genre. Le refrain presque dansant rentre facilement dans la tête de l’auditeur et aura du mal à en sortir. En outre, la basse de Rudy Purkart y est véritablement mise en avant, tout comme sur le morceau suivant, Visage, véritable OVNI du disque. Suite à une introduction très aérienne, une première partie de morceau très cloudrap surprend, qui plus est en français durant le premier tiers, avant de revenir sur des sonorités beaucoup plus metal agrémentées de vinyles scratchant. Morceau surprenant s’il en est, il ne fait cependant pas tache sur un tel disque, à condition qu’on lui donne sa chance.

Tired of it all permet de revenir vers du metal mais s’éloigne clairement des deux premiers titres. Presque pop-rock dans un premier temps, le dernier tiers du morceau nous rappelle qu’il s’agit bien de Landmvrks, avec un son beaucoup plus agressif et un Kévin D’Agostino, nouveau batteur de la formation, nous montrant l’étendue de ses compétences et les raisons pour lesquelles il a été recruté. Say No Word permet de revenir vers ce que les deux premiers titres nous ont laissé apparaître : nous sommes en face d’un album présentant certains morceaux au son très lourd, aux guitares assassines et sur une œuvre loin de garder une structure uniforme. Les deux guitaristes, Nicolas Exposito et Paul Cordebard, s’en donnent à cœur joie, avec des riffs rapides, tranchants et maitrisés de bout en bout (notamment avec ce break de fin, qui en retournera plus d’un), et nous avons même droit à des paroles rappées avant un growl presque grindcore.

Always permet une nouvelle pause dans la découverte de cet album. Plus facile d’écoute, plus mélodieux, au chant clair, il s’agirait presque d’un metalcore gentillet, sans être péjoratif, mais permettant peut-être au néophyte de pouvoir mettre un pied dans l’univers du groupe même s’il est allergique au metal (voire au metalcore). Curieux interlude sur la piste Shoreline, où l’on distingue le bruit de vagues, mais avec une ambiance presque effrayante : on se croirait dans un tableau en noir et blanc, seul face au rivage, contemplant la mer avec une chose ou un être s’approchant de nous de façon menaçante sans qu’on puisse le voir. Cette menace porte toutefois un nom, Overrated, avant dernier morceau de l’album.

Overrated est la quintessence de cet album. Rien que ce titre justifie l’achat du disque. Tout y est : le chant typique metalcore passant d’une incroyable puissance à une justesse rarement égalée, un incroyable jeu de batterie, une basse omniprésente et des riffs d’une rare efficacité. Les refrains accrocheurs sont très bien amenés, la dualité des six cordes se fait entendre à chaque seconde et il est impossible de garder son corps statique ne serait-ce qu’une seconde à l’écoute de ce morceau. Et encore, il ne s’agit que de la première partie de la chanson, la deuxième apportant tout ce qu’on attend d’un morceau de Landmvrks, avec un break qui sera responsable de nombreuses douleurs aux cervicales, avant un énorme final qui ne manquera pas de mettre en transe l’auditeur. Une véritable gifle, dont il sera difficile d’en ressortir en un seul morceau le jour où les concerts reprendront. Gifle qui est cependant atténuée avec le dernier morceau, Paralyzed, dont le clip a été tourné dans un AccorHotels Arena vide, en hommage aux artistes, intermittents du spectacle et plus généralement toutes les personnes touchées par la Covid (le groupe ayant été programmé dans cette salle dans le cadre du festival indoor Storm the Arena, annulé pour les raisons que nous connaissons). Paralyzed est un morceau assez calme dans un premier temps, presque une ballade, assez touchante, avant une ultime déflagration dans la dernière minute mettant un point final à l’album, peut-être un peu court (légèrement plus d’une demi-heure), mais d’une grande qualité.

Dez Fafara, chanteur de DevilDriver et de Coal Chamber, avait dit un jour pour le magazine Rock Hard qu’il existait deux types de groupes : ceux dont le premier album est le meilleur et qui ne feront jamais mieux et, à côté, ceux qui s’améliorent avec le temps. Landmvrks fait clairement partie de cette seconde catégorie. Cet album aux multiples facettes semble être l’album de la maturité pour le groupe marseillais. Cette galette de 10 morceaux a un potentiel énorme, réunissant tout ce qui est recherché pour un album de metal moderne, sans tomber dans une répétition ou une lassitude (le très bon choix d’alternance entre morceaux heavy à souhait, morceaux plus faciles d’écoute et morceaux dans le plus pur style landmvrksien permet de garder l’auditeur concentré tout au long de l’écoute). Il ne fait nul doute qu’une grande partie de cet album provoquera la furie du pit une fois présenté sur scène mais, en attendant, il convient de consommer cet album sans modération. On pouvait sentir lors des deux premiers albums de Landmvrks que ce groupe avait commencé à tracer un chemin pour devenir un grand nom de la scène metal française et disposait d’un son immédiatement reconnaissable ; Lost in the Waves le confirme de fort belle manière. Si vous connaissiez le groupe, vous ne serez pas surpris de la qualité de cet album. Si vous ne le connaissiez pas, il est encore temps de découvrir la formation, afin de pouvoir dire plus tard, lorsque le bon grain se sera naturellement détaché de l’ivraie et que la formation marseillaise trustera toutes les affiches des festivals français et européens, « Landmvrks ? Bien sûr que je connais, je les écoute depuis très longtemps ». Dans quelques années, il sera sûrement trop tard pour dire que vous êtes passé à côté de ce groupe et vous aurez bien du mal à le justifier convenablement.  

 

Track Listing:

1 Lost in a Wave 3:45
2 Rainfall 3:15
3 Silent 3:18
4 Visage 3:14
5 Tired of It All 3:37
6 Say No Word 2:30
7 Always 4:15
8 Shoreline 0:34
9 Overrated 3:25
10 Paralyzed 3:36

Line Up:

Florent Salfati | Chant
Nicolas Exposito | Guitare
Paul C. Wilson | Guitare
Rudy Purkart | Basse
Kevin D’Agostino | Batterie

« LANDMVRKS France 2021 »

04.09.21 FR Marseille – Espace Julien
09.09.21 FR Grenoble – L’Ampérage
10.09.21 FR Lille – La Bulle
11.09.21 FR Paris – La Maroquinerie
16.09.21 FR Metz – L’Aérogare
17.09.21 FR Mulhouse – Noumatrouff
18.09.21 FR Lyon – CCO
24.09.21 FR Nantes – Scène Michelet
25.09.21 FR Quimper – Novomax
Tickets : www.landmvrks.com

Extraits





Plus d’infos:

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