Interview avec SURVIVAL ZERO pour la sortie du premier album « The Ascension »

Alors que SURVIVAL ZERO sortira son premier album « The Ascension » le 24 avril, ses membres n’en sont pas à leur coup d’essai. Il fallait donc en savoir plus et c’est Pierre Lebaillif, le frontman du groupe et Thibault Gugger qui d’habitude officie derrière les fûts, qui ont bien voulu répondre à nos questions. Interview…

Alors comment vivez-vous votre confinement ? Comment occupez-vous vos journées ?

PIERRE (chant) : Pour ma part mon, métier est incompatible avec le confinement. Je suis travailleur social et malheureusement le boulot ne s’arrête pas. Sinon le temps libre est propice à la vie de famille bien entendu, sans quoi je me replonge dans Hypérion de Dan Simmons, le remake de Final Fantasy VII et j’écoute (notamment) Barishi, gros coup de coeur du moment dont j’attends impatiemment le second album.

THIBAUT (batterie) : Au début du confinement, j’ai ressenti une certaine frustration car on prépare depuis un moment la sortie de notre album. On avait pas mal d’évènements prévus et devoir les reporter bouscule tous nos plans. Il faut maintenant prendre notre mal en patience et préparer la suite.
Sinon mes journées sont bien occupées entre écouter le dernier Benighted, le télétravail et la vie de famille.

PIERRE : ha oui le dernier Benighted, la leçon !

Pierre Lebaillif – Chant

Vous sortez votre premier album le 24 Avril qui s’intitule « The Ascension », pouvez-vous nous expliquer le choix et le sens de ce titre ?

PIERRE : Ce titre est présent depuis le début. Il a, d’une certaine façon, posé l’architecture de l’album. Derrière ce mot il y a l’idée d’une élévation vers le haut et on l’emploi autant pour gravir un relief que pour surmonter une épreuve. Le mot a aussi une forte aura mystique. THE ASCENSION est, par bien des égards, un concept album. Pas au sens narratif du terme mais dans le maillage qui unit les morceaux musicalement et dans les textes. Lorsqu’on traverse des temps troublés, qu’on se sent perdu, qu’on pense ne plus avoir sa place nul part ou qu’on doit gérer les épreuves de la vie, comme un deuil par exemple, ce processus d’élévation, d’ascension, me semble nécessaire. De la première à la dernière chanson, c’est ce qu’évoque l’album. Quand on est sur scène, on joue l’album dans l’ordre de sa tracklist. On ressent très fortement ce sentiment d’une élévation (même si elle n’est pas linéaire) qui va trouver son climax avec Foundation puis sa résolution avec The Otherverse, les deux dernières chansons de l’album.

Même si c’est votre premier album vous ne semblez pas être des débutants, peut on savoir ce que vous avez déjà accompli avant ce premier album ?

THIBAUT : J’ai été le batteur de Shredding Sanity (Death Mélodique) de 2007 au split du groupe en 2017. On a sorti deux EP et un album studio et fait quelques bonnes dates avec des groupes tels que Decapitated, Svart Crown, Rotten Sound, Severe Torture pour ne citer qu’eux. Ce groupe est celui dans lequel je me suis le plus investi et qui représente une grosse partie de ma vie. J’en tire beaucoup d’enseignements.

PIERRE : J’ai surtout oeuvré au sein de Sons Of Secret qui était un groupe mélangeant thrash et fusion. J’ai beaucoup appris avec ce groupe et on a partagé de belles scènes avec Ultra Vomit, Aqme ou Black Bomb A. J’ai connu Thibaut à cette époque en le croisant sur des dates avec Shredding Sanity. Sinon j’ai aussi fait de la basse dans le groupe de hardcore Kult Of Violence avec Ben qui était là aussi à la guitare. Par le passé j’ai aussi eu plusieurs groupes avec Pierre, notre bassiste. Avant de nous rejoindre il a joué chez les copains d’Embryonic Cells (Black Metal). Lui et Régis ont aussi eu plusieurs groupes ensemble dont Djenah (metalcore), A quiet Day For A Mellow Dreams (rock ambiant) et Stoikheia (post-hardcore instrumental). Je crois me rappeler que Ben et Régis ont aussi eu un groupe de punk ensemble.

Thibault Gugger – Batterie

Et d’ailleurs pourquoi démarrer directement par un album ?

THIBAUT : Comme tu as pu le constater, à nous cinq on a eu pas loin d’une vingtaine de groupes. A la création de Survival Zero, avec un certain recul sur nos expériences passées, on est parti de l’idée que personne ne nous attendait. On a donc pris le temps de composer, de se créer une identité visuelle et musicale puis d’arriver sur scène avec une proposition artistique la plus mûre possible.
On a tous ce souvenir d’une compo répétée une fois et jouée en concert le week end suivant ou une entrée en studio sans avoir défini clairement nos parties. Nous ne souhaitons plus faire l’impasse sur quoi que ce soit.

PIERRE : On vient de Champagne, on serait de mauvais champenois si on ne prenait pas le temps de tester des assemblages et de laisser reposer les choses avant de les diffuser.


L’album a été enregistré dans plusieurs studios et dans plusieurs villes, pour quoi ce choix ?

PIERRE : Le gros des sessions d’enregistrement s’est fait en mai/juin 2019. A ce moment là Pierre (basse) avait des concerts avec Embryonic Cells, notamment le Hellfest, donc pour des raisons logistiques on a enregistré la basse par nous-même. Sans quoi l’intégralité de la production s’est faite à l’Aquastud de Mat Chiarello. On doit beaucoup à Mat pour la production de cet album. Avant d’entrer en studio il avait reçu les maquettes des titres, on a beaucoup échangé avec lui en amont. Sur place, ça nous a laissé le temps d’expérimenter plein de choses sur le son, les effets, voir même des mélodies. Par exemple, y a des passages où il m’a fait enregistré des empilements de voix, j’en voyais plus le bout ! Mais quand j’écoutais le résultat je me disais qu’il avait vraiment capté l’essence de ce qu’on faisait. Ça c’est confirmé au moment du mixage. C’est aussi lui qui nous a envoyé vers R3myboy à Lille pour le mastering qui est venu sublimer le tout

THIBAUT : Pour ma part j’ai pris un réel plaisir à enregistrer mes sessions batterie avec Mat, il a vraiment fait du super boulot.

PIERRE : C’est clair que ça été beaucoup de plaisir pour nous tous et, même si on trouvera toujours à redire, on est super fier de la production de cet album.

Comment définiriez vous le style de votre musique, c’est influencé par la scène Metal mais sans être ni extrême, ni mélodique ?

THIBAUT : Chaque membre du groupe a des influences bien différentes, le style de nos groupes passés en témoigne. Il est donc impossible pour nous de rester dans un style bien défini. Il a donc fallu trouver le bon mix de tout ça pour en faire une musique percutante avec un rôle très important des ambiances et des sonorités. Nous aimons beaucoup les refrains scandés comme sur Glorious nemesis ou plus mélodique comme celui d’Ascension. C’est important pour nous d’avoir des refrains fédérateurs et facilement assimilables.

PIERRE : Les morceaux se sont souvent structurés autour des refrains. Pour ma part, quand je compose, je me suis rendu compte que c’est souvent les refrains qui venaient en premier. Comme dit Thibaut, on est le fruit de nos influences. Après on s’est rendu compte qu’on se retrouvait assez facilement sur la scène américaine du début des années 2000. Appelons ça groove-metal ou metalcore, peu importe, je pense que les fondations du groupe sont a chercher de ce côté là. Viennent ensuite s’y greffer des choses très variés allant du post-hardcore au black-metal en passant par le rock progressif. Au fond, tout ce qui nous importe c’est de ressentir quelque chose quand on joue un riff ou une chanson. Qu’on sente une forme de vibration, une émotion qui soit partagé par tous. Dans le processus d’écriture de l’album on a pas hésité a jeter des idées à la poubelle parce qu’il manquait ce petit quelque chose.

Les textes semblent avoir un point commun assez noir tu peux nous en dire plus ?

PIERRE : Pour le dire assez simplement, il a quelques années de ça j’ai du me battre contre une maladie qui s’appelle la dépression. Comme beaucoup de personne avant moi je ne croyais pas trop au fait que ce soit une maladie à proprement parler, juste un mauvais moment à passer, un coup de mou. Il n’en n’est rien. C’est une maladie et un pied au cul ne la guéri pas. Passé le déni, je me suis donc fait soigner et au sortir de cette longue prise en charge j’ai eu envie de refaire de la musique. Pendant les longs mois de maladie je n’arrivais pas à poser des mots sur ce que je ressentais, même dans les rares moment où je ressentais des choses positives. La musique a été un catalyseur pour poser ces mots. Entendons-nous bien, ce n’est pas l’écriture de ces chansons qui m’a guéri ! D’ailleurs ça reste des textes volontairement ouverts pour laisser chacun les interpréter librement. J’y évoque aussi beaucoup l’univers et des visions romancés de celui-ci. Au delà des influences musicales je lis beaucoup de science fiction ou des bouquins de vulgarisation scientifique. J’y ai pioché pleins d’images pour les textes. On peut ressentir un certain vertige en pensant à cet univers immense, la place que nous y occupons, son fonctionnement. J’y ai vu une puissance poétique forte qui était un terreau idéal pour écrire les paroles.

Le titre « Ascension » est celui choisit pour avoir été votre premier clip, tu peux nous en parler un peu
plus ?

THIBAUT : Le clip a été tourné sur deux jours et réalisé par Olivier Gobert. Il a été réalisé dans une des caves de la Maison de l’Outil à Troyes. Pour ceux qui n’ont pas encore vu le clip (ndr: La vidéo est disponible en fin d’interview), il met en scène un homme enfermé contre son gré et malmené par les membres d’un culte. C’est un de nos ami, Paul Artaud, qui s’est prêté au jeu du rôle principal. Et je dois avouer qu’il nous a tous bluffé par son implication et son interprétation. Avec Olivier, ils se sont vraiment défoncés pour que ce clip soit le plus réussi possible. Encore merci à eux. On tient également à remercier notre ami Pierre Le Pape (Seth, Melted Space) pour son aide à la logistique et à la figuration.

PIERRE : Je peux pas m’empêcher de faire un parallèle avec l’actualité. Alors qu’une grand majorité de l’humanité est confiné on a effectivement fait ce clip, avec Olivier, où on évoque l’enfermement et la folie dans laquelle ça peut potentiellement nous plonger. Ascension est l’une des premières chansons écrite par le groupe. Le clip met en image les paroles du titre : l’enfermement peut nous confronter à de sombres reflets de nous-mêmes et amener à un replis sur soit qui nous met dans une forme de boucle infini. Je dois remercier Ben, Pierre, Thibaut et Régis qui m’ont fait confiance pour travailler l’aspect visuel du groupe : On débattait tous ensemble de ce qu’on imaginait puis j’allais porter la parole du groupe aux artistes avec qui on a bossé. Concernant le clip Olivier est un ami de longue date, plusieurs mois avant le tournage je suis venu lui faire écouter une maquette du titre. Je lui ai parlé des paroles et lui ai présenté une ébauche de scénario. J’étais convaincu qu’avec tout ça il allait nous faire un super clip. D’ailleurs le même procédé s’est appliqué avec Paul pour qu’il puisse préparer son rôle ainsi qu’avec Cerhnac, l’artiste qui a réalisé l’artwork de l’album.

Avec la période à venir qui semble des plus compliquées à gérer pour les groupes, comment allez vous vous organiser pour les prochains mois et qu’avez-vous comme objectif ?

THIBAUT : Malgré que la partie concert soit compromise pour les prochains mois, nous allons tout de même continuer la promotion de l’album via les réseaux. N’hésitez pas à nous rejoindre pour suivre l’actualité du groupe. On va également bosser les titres chacun de notre côté pour ne pas perdre la main et être prêt pour la reprise. De nouvelles chansons sont également sur les railles.

PIERRE :  Comme beaucoup de personnes on reste spectateur de ce qui se passe. On verra bien de quoi sera fait le jour d’après. Bien malin ceux qui pensent savoir comment sera l’après. Pour ce qui est de nos objectifs ils restent inchangés : créer de la musique et la diffuser. En attendant les concerts il y a les plateformes comme Deezer et Spotify où notre album sera dispo dès sa sortie. Sans quoi le shop en ligne de Season Of Mist reste actif pour se procurer la version CD ainsi que le shop du groupe pour la version vinyle et notre merch. Ce que je dis là est valable pour nous bien entendu, mais pour tous les groupes. En l’absence de concert c’est le moyen le plus direct pour soutenir ses artistes favoris.

Un mot pour la fin ou un message à faire passer ?

THIBAUT : On te remercie pour l’interview. On espère pouvoir reprendre le chemin de la scène rapidement pour défendre tout ça sur scène.

PIERRE : je rejoint Thibaut et je profite aussi de ces derniers mots pour remercier les gens qui nous suivent ainsi que notre label M&O Music. On déboule un peu de nul part avec notre musique et nous sommes très reconnaissant d’avoir un label et des partenaires pour nous soutenir ainsi que de voir une petite communauté s’agglomérer autour de SURVIVAL ZERO. Merci à vous tous.

Plus d’infos: https://www.facebook.com/TheSurvivalZero/


xWebbYx

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Rédacteur en chef et administrateur de TRexSound.com.

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