Live Report : TENACIOUS D et WYNCHESTER au Zénith (Paris)

Tenacious D. Jack Black (JB) et Kyle Gass (KG). Auto-proclamés « meilleur groupe du monde ». Vaste fumisterie pour certains, formation de génie pour d’autres, c’est en tout cas avec une réelle excitation que nous allons les voir au Zénith de Paris en ce 26 février 2020. Il faut dire que le film Tenacious D in The Pick of Destiny a marqué mon adolescence, fait partie de ces films que je connais par cœur, que je regarde en toutes occasions, et dont je connais la bande son par cœur (même pas honte !). Nous sommes donc impatients de les voir pour la dernière date du Post-Apocalypto Tour, d’autant plus que la bande se fait rare à Paris !

C’est au sein d’un Zénith bien rempli que nous arrivons vers 20h15, alors que Wynchester, première partie, est déjà sur les planches. Comme lors du concert de Sum 41 il y a environ un mois, on nous refuse l’accès en fosse, car celle-ci est trop remplie. Souci vite réglé en passant par un des autres accès, mais il faudrait voir à régler ce problème : les détenteurs de billets en fosse ne devraient pas se la voir refuser en raison d’une trop grande quantité de fans en fosse. Soit penser à en vendre moins, soit empêcher les personnes en gradins d’aller en fosse et inversement, ou autre chose, mais cela devient assez énervant, d’autant qu’une fois en fosse, celle-ci, certes bien remplie, est loin d’être pleine à craquer. Peu importe, revenons-en à nos moutons.

Nous arrivons à la fin de Two Man Job : Wynchester est composé uniquement de deux guitaristes, John Konesky, qui tient la guitare électrique dans… Tenacious D, et Mike Bray, qui est également chanteur dans… Kyle Gass Band, le projet solo de Kyle Gass. Notons par ailleurs que John Konesky fait également partie du Kyle Gass Band ! Leur prestation, avec leurs guitares acoustiques, est très agréable à entendre, et leur country change un peu de ce à quoi nous sommes habitués, mais ce n’est pas pour nous déplaire ! Nous avons droit, pour les nombreux metalheads présents, à une reprise de Rainbow in the Dark du regretté Dio, suivi de quelques blagues et bons mots (« on n’a pas vu des circles pits comme ça depuis qu’on à ouvert pour Slipknot en 1997 » ; « la country c’est comme le metal mais en plus vieux » ; « ce n’est pas nous qui ouvrons pour Tenacious D, mais eux qui ouvrent pour nous » : bon, celui-ci passe mieux en anglais, de par le jeu de mot avec « support / supporting »), et de deux ultimes morceaux, nous montrant toutes les qualités des guitaristes : Ridge Runner et High Desert Rambler. 20h27, fin de leur concert, très court mais très sympa ! Notons que le public est très mixte, et que les spectateurs ont en moyenne la trentaine bien tassée : du haut de nos 24 ans, nous devons facilement être parmi les plus jeunes fans sur place !

Après le classique interlude mélangeant divers classiques du rock pour faire patienter la foule, les lumières s’éteignent à 21h tapantes (quelle ponctualité !). Nous ne voyons pas tout de suite les musiciens, mais un film, ou plutôt le nouveau film de Tenacious D, Post-Apoclypto. C’est un « film » d’animation, et par film, on entend plutôt une succession de dessins de Jack Black, au-dessous desquels des sous titres français sont à notre disposition. Les dessins sont franchement simplistes, si ce n’est laids (le merch vendu sur place est d’ailleurs en grande partie inspiré de ces dessins), mais cela rajoute au comique de la scène. Après une brève intro, les musiciens arrivent sur scène, sur le son du thème du film, à savoir, ô surprise, Post-Apocalypto Theme. Toutefois, ils arrivent derrière un rideau transparent, servant d’écran géant (notons que deux écrans sont également placés sur les cotés de la scène, réelle bonne idée), mais également de projecteur pour projeter dessins et effets lumineux pendant le film, alors que les musiciens jouent derrière. Le film est disponible gratuitement sur Youtube, à cette adresse. Attention, ce film n’a ni queue ni tête : c’est du grand n’importe quoi, cela vise souvent en dessous de la ceinture, mais c’est très fun (enfin, pour celles et ceux qui n’aiment pas le groupe ou qui ont trouvé que The Pick of Destiny était un navet absolu, nous tenons à signaler que Post-Apocalypto est bien pire). Si vous souhaitez un résumé du film, celui-ci sera à la fin du report, pour ne spoiler personne et ne pas faire perdre de temps à celles et ceux qui s’en fichent ! Retenons juste que les gags font souvent mouche devant un public acquis à la cause de la bande, et que l’on assiste à une sorte de ciné-concert, les extraits du film alternant avec l’interprétation de la bande son sur scène et quelques effets visuels. Concernant les titres de la BO joués sur scène, nous avons droit à Hope, Making Love, Fuck Yo-Yo-Ma, Daddy Ding Dong, Robot, Colors, JB JR RAP, Woman Time, Save the World et Post-Apocalypto Theme (REPRISE). A la fin du film, le rideau transparent tombe, JB nous annonce que ce film est la meilleure œuvre cinématographique du monde, et que la bande son est très au-dessus d’Another Brick in the Wall (!), avant de nous annoncer que nous allons avoir droit à une seconde partie intégralement constituée des morceaux phares du groupe.

JB et KG sont, quoi qu’on en dise, très bons sur scène. Le premier utilise de tous ses talents d’acteur et de ses ressorts comiques, il déborde d’énergie et ne peut passer une seconde sans faire de multiples grimaces, sauts sur scène tout en feignant l’hystérie, et Kyle Gass est un excellent guitariste, doublé d’un grand talent pour la flûte (oui oui, la flûte, nous y reviendrons), et en jouant également très bien la comédie sur scène. Ce sont de véritables bêtes de scène, et l’on devine qu’ils ne font pas semblant en voyant régulièrement les deux gaillards transpirer à grosses gouttes ! Le best-of de la bande commence donc par Rize of the Fenix, suivi de Low Hangin’ Fruit, avant que JB ne nous fasse son cultissime solo de saxophone (sur ce qui semble plus être un jouet pour enfant qu’un véritable saxophone) lors de Sax-a-Boom, durant lequel il va se balader sur toute la largeur de la scène, pendant que KG l’accompagnera à la flûte (nous vous avions dit qu’on allait y revenir !). Avant Roadie, JB se fait obéir au doigt et à l’œil par ses roadies, qui lui règlent son micro au centimètre près, et lui apportant un médiator directement entre ses doigts en hauteur (on ne dirait pas, mais c’était drôle). Notons que les roadies ont des immenses barbes, et quelques spectateurs vont alors vite les prendre pour des sosies des ZZ TOP ! Vient alors l’un de mes titres favoris du groupe, Master Exploder (qui va introduire 5 titres consécutifs de la BO de The Pick of Destiny), qu’ils annoncent comme le morceau le plus difficile à jouer sur scène de tous les temps, mais la fin du morceau est coupée par une sorte de freeze TV (représenté par le fameux panneau télévisuel « No Signal »), ce qui est une honte pour KG, qui décide de s’enfuir et de se cacher.
JB essaye de le ramener à la raison, mais rien n’y fait : JB revient sur scène, et interprète Dude (I Totally Miss You), dans l’espoir de faire revenir KG, qui reviendra sur scène et à la raison à la fin du morceau, qui se verra accompagné par les briquets et flashs de téléphones des spectateurs. Joie, nous avons ensuite droit à Kickapoo, qui est superbement interprété sur scène, KG s’occupant du rôle du père poussant une soufflante à son fils, joué et interprété par JB (comme dans The Pick of Destiny, « TPOD ») : ce dernier interprétera d’ailleurs le couplet de Dio et, malgré la voix inimitable de Monsieur Ronnie James Dio, JB se débrouille très bien et apporte sa touche à ce couplet, le rendant différent, mais tout aussi bon que l’original ! Vient ensuite le cultissime Belzeboss (The Final Countdown), ou le diable sera interprété par un John Konesky possédé, ce dernier étant le guitariste live de Tenacious D et donc de Wynchester. L’interprétation est aux petits oignons, le light show et l’ambiance sont là, et JB et KG jouent à la perfection la scène du film : si John Konesky portait un costume de diable, on aurait pu véritablement croire qu’il s’agissait du film diffusé sous nos yeux ! L’interprétation de la BO de TPOD va alors prendre fin avec The Metal, qui voit la fosse s’activer véritablement une dernière fois (évidemment, on assiste à un show de Tenacious D : il n’y a donc pas véritablement de pogos ou autres, quelques slams à la limite, mais la fosse saute sur place assez souvent). Notons d’ailleurs que l’arc TPOD était attendu de pied ferme par le public, chantant ces 5 morceaux à gorge déployée, a tel point qu’on entend parfois mal la voix de JB !

« The best song in the world », à savoir Tribute, va succéder à cet arc, ce qui ravit une nouvelle fois le public, avant que les notes de Double Team se fassent entendre, titre durant lequel on aura droit à une longue présentation de TOUS les membres du groupes et affiliés (roadies, producteurs, ingés son et lumière, même les gardes du corps « tellement discrets qu’on (JB et KG) n’est pas sûrs qu’ils existent réellement), avec une session soli pour les 3 musiciens accompagnant Tenacious D sur scène, avant un rappel. Celui-ci sera précédé d’une reprise a capella de Get Lucky des Daft Punk, puis d’une mini reprise de Lose Yourself d’Eminem (qui est d’ailleurs franchement réussie), et le morceau qui aura l’honneur du rappel ne peut évidemment qu’être Fuck Her Gently, qui sera accompagné de milliers de bulles descendant du toit du Zénith sur la fosse. Il est 22h48 lorsque les artistes jouent leur dernière note de la soirée : on aura passé un vrai bon moment, très fun, avec des musiciens / comédiens de talent. Dommage que les passages du groupe en France soient si rares, mais au moins, nous pourrons dire que nous avons vu sur scène « le meilleur groupe du monde », et nous l’avons fêté comme il se doit ! Notons, pour conclure, que KG sera en concert avec son projet solo dont nous avons parlé au début de ce live-report (et donc accompagné des musiciens de Wynchester) le 15 mars 2020 aux Etoiles, si vous voulez prolonger le plaisir !

Flavien DUBLINEAU.

ATTENTION : SPOILERS. Nous allons résumer le film diffusé. Si vous ne souhaitez pas vous faire spoiler, ne lisez pas ce qui suit ! Notons que ce résumé du film est surement incorrect par moments, car nous l’avons vu d’un œil le plus souvent du fait de la prise de notes continuelle pour pouvoir faire ce report, et que les sous-titres étaient parfois capricieux.
Donc, pour faire très rapide, et en rappelant que le scenario est véritablement du grand n’importe quoi : la terre est quasiment vidée de ses habitants à cause d’une bombe. JB et (KG) sont les deux seuls survivants. KG trouve un chien à deux têtes qu’il appelle Hope. JB et KG tombent ensuite sur des femmes, qui leur proposent de dormir. Ils acceptent. JB se réveille, disant qu’il a rêvé qu’il se faisait offrir une gâterie par une de ces femmes. JB et KG que c’est réellement le cas. Après une partie de jambes en l’air, aux dessins plus qu’explicites, ils vont dans une grotte suite au flair de Hope, et tombent sur des cadavres et des os : c’est le repère des femmes, qui veulent tuer les hommes, responsables de la fin de la civilisation, mais ont besoin de leur sperme pour continuer la lignée. Ayant déjà eu ce qu’elles voulaient, elles veulent faire tuer JB et KG par un… pénis géant muni d’un œil, d’un vagin et de tentacules. Sur le point de mourir, ils vont être sauvés par Hope, venant à bout du monstre, et ils vont tous fuir sous les flèches et lances des femmes.
S’étant échappés, ils vont prendre la route et tomber sur un scientifique cosmonaute, s’apprêtant à quitter la Terre. Le groupe essaye de le convaincre de les emmener avec lui dans sa fusée, mais après une chanson, le scientifique cosmonaute n’accepte de ne prendre que JB, laissant KG à son sort. JB fait mine de négocier, tout en allant au sein de la fusée, et abandonne sciemment KG. JB va le regretter, et alors que KG est sur le point de se suicider, JB le sauve en revenant sur Terre. Après un gros câlin, un nouveau monstre pénis géant (qui a des liens de parenté ou familiaux avec le précédent) va les attraper, ainsi que Hope, pour les tuer, mais un Robot du nom de Timmy, à l’aspect d’un Terminator, vient les sauver en tuant le monstre. Il explique qu’il est envoyé du futur par JB junior (JB JR), fils de JB, que ce dernier à eu de sa relation avec une des femmes l’ayant recueilli au début (le robot dit d’ailleurs que JB JR est plus intelligent qu’Elon Musk). Le robot veut sauver KG et JB mais aussi faire l’amour à JB. Oui, cela n’a aucun sens.
Vous suivez toujours ? Le robot va faire apparaitre une vidéo de JB JR (qui est très âgé soit dit en passant, il doit faire dans les 80 ans) disant à JB et KG d’aller à Washington pour récupérer un cristal gardé par le Ku Klux Klan pour le mettre dans un récipient situé au sein d’une pyramide en Egypte, afin de rendre le monde comme il l’était avant. Suite à cette vidéo, le robot veut rejoindre Tenacious D et faire de ce groupe un trio, ce que le groupe va accepter après quelques hésitations.
Arrivés à Washington, ils neutralisent des membres du KKK puis parviennent, en prenant leurs costumes, à rentrer dans la Maison Blanche, dont le chef est Donald Trump Junior, fils de Donald Trump. Celui-ci dispose du cristal, et tue un garde uniquement car il est en manque de sexe. Le robot, déguisé en membre du KKK, lui propose une fellation qu’il n’oubliera jamais de sa vie, JB et KG profitant de ce moment pour récupérer le cristal. Cependant, pendant l’acte, Trump Jr se rend compte de la supercherie, mais il est trop tard : Tenacious D est en possession du cristal. Le robot tue alors tous les membres du KKK, mais Trump Jr invoque un démon que va finalement détruire KG via le cristal (notons que Hope à désormais une tête de plus, nous ne savons plus quand elle a poussée). Le robot tue finalement Trump Jr, et la bande va partir en Egypte.
Une fois arrivés dans l’intérieur de la pyramide, ils placent le cristal dans un bocal, pensant résoudre tous les problèmes, mais JB JR les attendaient là : ce n’était qu’un piège pour tuer la bande et dominer le monde : le robot ne pouvant rien faire face à son créateur (JB JR donc), JB JR annonce à la bande qu’elle va périr d’une mort lente et douloureuse, car il n’a jamais eu l’attention ni même un quelconque rapport avec son père, JB, et qu’ils méritent d’être punis pour cela (bon, KG aussi, par plaisir).
Néanmoins, les femmes du début arrivent pour sauver la bande sur une sorte de dragon pénis crachant des flammes afin de récupérer le cristal pour dominer le monde. Cependant, l’une d’elle tient un bébé dans ses mains, qui s’avère être JB JR. Nous avons donc dans une même pièce JB JR bébé et JB JR très âgé, ce qui crée une sorte de paradoxe temporel selon le robot. Ce paradoxe va donc emporter tout le monde dans un grand tourbillon inter-tempo-dimensionnel. JB et KG se réveillent chez eux, se demandant si c’était un rêve ou non, avant qu’une personne qui se fait appeler Timmy, accompagné de son chien Hope ne sonnent à leur porte pour leur proposer de faire de la musique ensemble. Tenacious D comprend alors que c’est une sorte de réincarnation du robot et du chien aux multiples têtes, et acceptent de jouer ensemble, sous la supervision et la protection des aliens, qui peuvent contrôler le temps et connaitre l’avenir, et qui souhaitent protéger « le meilleur groupe du monde ».
Voilà, si vous n’avez pas compris grand-chose, c’est normal, nous n’avons pas tout compris non plus de notre côté très honnêtement ! Mais, si on doit retenir quelque chose de ce film, c’est qu’il est complétement barré, et que seul Tenacious D pouvait pondre quelque chose comme cela !

 

Live report Tenacious D & Wynchester, 26/02/2020

 

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