Live Report : STEEL PANTHER au Bataclan (Paris)

Amis de la poésie et du bon goût, salutations ! En ce lendemain de Saint-Valentin, nous avons rendez-vous au Bataclan avec les grands princes de l’amour, du romantisme et de la bienséance, c’est-à-dire Steel Panther. Passée cette ironie de départ, nous savons que le groupe est très rarement décevant en live et, au vu de ce qui nous attend pour ce show, nous savons que nous allons vivre un moment fort sympathique. Comme d’habitude, nous sommes en retard (ce n’est pas aujourd’hui que cela va changer), ce qui fait que nous arrivons à peine à la moitié du set de la première partie, à savoir Gus G. L’ancien guitariste d’Ozzy Osbourne et actuel gratteux de Firewind joue néanmoins devant un Bataclan déjà bien garni (il sera quasiment rempli par la suite, il semblerait qu’il restait seulement une cinquantaine de places disponibles) et profite d’un son très correct pour une première partie. Cela joue bien, le public est chaud, le gusse (vous l’avez ?) manie véritablement bien son instrument, nous livre des soli très techniques et se permet même quelques interventions en français toujours sympathiques. En outre, les quatre morceaux que l’on a pu écouter, à savoir Money for Nothing, Force Majeure, Cold Sweat et I’m the Fire font mouche, et nous font regretter d’avoir encore été en retard. Une bien belle entrée en matière donc !

Après cette mise en bouche, c’est le moment du passage obligé au stand de merch qui, bien qu’assez classique, nous propose des perruques très cools, en échange d’un billet rouge, pour ressembler aux vedettes de la soirée. Bien vu ! Celles-ci ont été vendues de manière beaucoup plus conséquente que ce qui semblait prévu, et il n’y a qu’a tourner la tête pour trouver quelqu’un dans l’assemblée en portant une. Point public maintenant, il y a de tous les âges, du petit de CE1 au grand-père ayant déjà bien vécu, et la gent féminine est assez présente (on s’y attendait, nous étions sur un ratio de 70/30 à vue de nez) et est, pour une partie d’entre elle, assez dévêtue. On croise autant d’hommes avec une perruque que de femmes en tenue légère, si ce n’est en soutien-gorge. Mais encore une fois, c’est la magie de Steel Panther : plus c’est beauf, plus ça passe ! Durant l’entracte, nous avons d’ailleurs droit à un DJ répondant au pseudonyme de DJ MS ; ça passe du hard rock des années 80, pile dans le thème. En effet, c’est un show un peu particulier auquel on se prépare, car Steel Panther nous réserve pour cette tournée nommée Sunstet Strip Live ! un mélange de leurs compositions originales et de tubes ayant marqué l’histoire du hard rock, du heavy et du glam metal, et au vu des retours sur le début de la tournée (à noter que c’est la seule date française de cette dernière), disons qu’on sait que cela s’annonce grandiose !

21h05, Stix, le batteur, monte sur scène, suivi des autres membres du groupe sur Everybody Wants Some !!! de Van Halen en fond sonore. Très vite, les premières notes du morceau le plus entraînant du combo selon nous, à savoir Eyes of a Panther, résonnent, et le show commence alors devant une foule reprenant les paroles de ce morceau à l’unisson. Suit alors Goin’ in the Backdoor, avant le premier speech du groupe. Satchel, le guitariste et tête pensante du groupe, nous confie que Paris est son endroit préféré, et commence très vite à sortir quelques Shut Up à Lexxi, qui s’en fout et qui passe son temps à se recoiffer devant son miroir personnel (à noter que Lexxi sort de cure de désintox’ pour combattre son addiction au sexe, et sera applaudi par la salle lors de cette annonce). Après cela, nous avons droit à du Steel Panther dans le texte : entre autres joyeusetés, « les SDF font les meilleures fellations car ils n’ont plus de dents », « montrez vos nichons », « sachez les filles, que si vous voulez qu’on baise après le concert, on n’a pas de capotes », « j’aime les chattes et les petites bites (en français dans le texte !) », des propos très loin du politiquement correct de plus en plus présent dans notre société, et ça fait du bien. Les filles présentes dans l’assemblée sont d’ailleurs les premières à en rire (il faut vraiment ne rien connaitre de l’univers du groupe et/ou n’avoir jamais vu au moins un extrait live du groupe pour mettre ceci en doute, c’est une ambiance très bon enfant au final), et Satchel, toujours lui, nous fait alors une présentation des membres du groupe en racontant à chaque fois une de leurs anecdotes charnelles. Michael Starr, frontman de la bande, nous confirme alors que la setlist du soir sera bel et bien un mélange Steel Panther / tubes des années 80, et lance une jam rapide (et non inscrite sur la setlist) de You Really Got Me de The Kinks, avant d’enchaîner sur l’hymne de l’Olympique de Marseille, à savoir Jump de Van Halen, qui fait sauter toute la fosse comme un seul homme.

Après une nouvelle intervention de Satchel (il y en aura une de minimum 3 minutes avant chaque morceau, il serait impossible de ressortir toutes les vannes et sketchs que la bande nous livre à moins d’avoir le DVD sous les yeux), nous enchaînons avec un toujours sympathique Fat Girl (Thar She Blows), qui fait cependant un peu retomber l’ambiance et qui est marqué par de courts mais immanquables soucis de micro, vite réglés toutefois. Vient d’ailleurs l’heure de changer de continent le temps de quatre minutes avec le très bon Asian Hooker, qui voit d’ailleurs une jeune femme asiatique présente en fosse se faire inviter sur scène par la bande, se voyant chanter avec M. Starr, qui apparaît comme très protecteur et vraiment très cool avec elle. Une image sympa ! Vient ensuite Poontang Boomerang, avant un retour aux années 80 avec Kickstart My Heart, cover de Mötley Crüe, qui passe très bien au vu des looks relativement similaires des deux bandes. Moment de génie ensuite, avec une reprise de Crazy Train d’Ozzy Osbourne avec un M. Starr qui vient déguisé en Ozzy et qui a exactement les mêmes mimiques et attitudes que le Prince des Ténèbres actuellement ! On rigole beaucoup, les morceaux et les vannes s’enchaînent, on ne voit pas le temps passer. Il faut d’ailleurs noter que Steel Panther n’est pas un groupe uniquement comique et qui fait deux trois blagues de pipi caca zizi sexe : c’est avant tout un vrai groupe de musique, dont les musiciens sont tout bonnement excellents, et débordent d’énergie sur scène : ça bouge dans tous les sens, ça saute de partout, ça interagit continuellement avec le public (même pendant les morceaux), ce sont vraiment des bêtes de scène au jeu pour chacun très visuel, mais également sans faute d’un point de vue technique. M. Starr imite par exemple à la perfection ou presque la voix des différents chanteurs des covers, Stix et Lexxi sont des monstres à la batterie et à la basse, et Satchel est définitivement un des guitaristes les plus sous-cotés du milieu ; son solo de guitare, visuellement impeccable est assez « explicite » au début se transforme vite en démonstration technique, allant du shred à un medley beaucoup plus heavy sans aucun problème de continuité, (en reprenant des riffs de Metallica, Iron Maiden et bien d’autres) et allant même finir son solo en allant taper de la grosse caisse tout en continuant de gratter debout. Impressionnant !

Après cette démonstration, le groupe reprend son répertoire avec le très festif Party All Day (Fuck All Night) qui voit la fosse reprendre du poil de la bête (ou plutôt du poil de la panthère…bon, nous allons arrêter avec les jeux de mots). Vient ensuite une nouvelle cover, Pour Some Sugar on Me, de Def Leppard, et nous assistons alors à la montée d’une trentaine de spectatrices sur scène pour danser et faire des folies avec le groupe ; une image qui serait surprenante dans 98% des concerts, mais qui est totalement classique chez ces américains déjantés. Livin’ on a Prayer de Bon Jovi vient alors conclure les covers pour la soirée, et après avoir vu Satchel demander à un de ses assistants de nouveaux médiators, car n’en n’ayant plus à force d’en donner à chaque spectatrice qui lui en demandait un sur scène (!), ce dernier va avoir un petit bon mot pour les mecs ayant amené leur moitié au Bataclan ce soir. Le guitariste demande dans un premier temps qui est venu en couple, quelques mains se lèvent, et Satchel nous sort alors, dans avec sa décontraction légendaire, une phrase difficilement traductible mot pour mot mais signifiant « mais enfin les mecs vous déconnez, on n’emmène pas sa copine à un concert de Steel Panther, c’est un festival de femmes en chaleur, enfin, à vos risques et périls ! », ce qui amène à une hilarité générale. Histoire de se faire pardonner, le combo nous livre un de ses titres les plus « romantiques » mais surtout l’un de ses titres les plus drôles et absurdes, qui n’est autre que Community Property, avant la déferlante, LE titre de Steel Panther s’il ne fallait en retenir qu’un selon nous : Death to All but Metal, qui embrase la fosse comme rarement, ça pogote dans tous les sens, ça hurle de partout, à croire que le public n’attendait que ce titre !

Vient alors l’heure du rappel avec la déclaration d’amour de Steel Panther à la France (ou au moins cette place in France where the naked ladies dance…), à savoir Gloryhole (nous vous laissons chercher à la fois la signification du titre et les paroles, c’est véritablement le titre que personne d’autre n’aurait pu pondre que nos quatre larrons du soir), et de nombreux fans viennent slammer dans la fosse durant l’intégralité du morceau, allant même jusqu’à cinq ou six slammeurs en simultané ! Malheureusement, ce morceau signe la fin du show, et la proposition de Satchel de fermer les portes de la salle pour faire la fête jusqu’à 6 heures du matin avec un open bar monstrueux ne sera qu’un doux rêve. Après les remerciements d’usage, nous quittons le groupe, avec un grand sourire aux lèvres, en étant heureux d’avoir assisté à un show à la fois millimétré et imprévisible, à la fois extrêmement beauf et extrêmement respectueux envers les fans (cela se voit que les types sont de bons gars, aiment véritablement leur fans et jouent énormément sur le politiquement incorrect, malgré ce que l’on peut penser d’eux), et à la fois drôle et musicalement impeccable (à noter le très bon son et à un volume correct, ni trop fort ni trop bas, et un jeu de lumière dans la moyenne haute en outre de deux backdrops différents). Alors certes, certains pourraient regretter l’omniprésence du premier album sur la setlist (six covers, six titres du premier album, deux du quatrième et dernier en date, un seul du troisième et aucun du deuxième), pendant que d’autres pourraient regretter la durée et le nombre de prises de parole du groupe, ce qui, s’il était moindre, permettrait sans difficulté de caser trois à quatre morceaux supplémentaires. Toutefois, venir voir Steel Panther sans avoir droit à tous ces speechs trahirait un peu l’esprit du groupe, qui est basé sur cet humour graveleux et totalement irrévérencieux. Cette formule marche particulièrement, et nous avons hâte que la panthère d’acier nous embarque avec elle de nouveau, et cette fois-ci pour un show 100% Steel Panther, bien que la formule du Sunset Strip soit une idée brillante et particulièrement bien pensée. Après cette très bonne prestation, nous sortons donc fatigués (épuisés !) mais heureux d’avoir vécu un si bon moment, et, s’il ne fallait plus que cinq mots pour conclure et résumer ce show, alors : DEATH TO ALL BUT METAL !

Flavien DUBLINEAU.

Concert Steel Panther 15/02/2019 @Bataclan

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