Live Report : ULTRA VOMIT à L’Olympia (Paris)

Un concert annoncé depuis fin août 2017, complet quelques jours plus tard, et de nombreux déçus recherchant absolument des tickets depuis déjà plusieurs mois à en croire l’évènement sur Facebook crée pour l’occasion : pas de doute, l’invasion de l’Olympia par les nantais d’Ultra Vomit promet d’être une soirée mémorable. Point d’orgue de leur tournée défendant l’excellent album Panzer Surprise, tournée visitant de nombreuses villes et festivals francophones, il était annoncé par le groupe que ce concert pourrait faire l’objet d’un enregistrement… mais nous y reviendrons plus tard.

Arrivés pour 20h30 devant l’Olympia, une chose viendra frapper les plus observateurs : sur les fameuses lettres rouges devant l’Olympia indiquant l’artiste s’y produisant actuellement, nous nous rendons compte que nous n’allons pas passer la soirée avec Ultra Vomit, mais avec UTLRA Vomit. Simple erreur d’inattention ou troll véritable ? Nous n’en saurons pas plus, même si on penche plutôt pour la seconde option, au vu du gout très prononcé de ces garçons pour l’humour et les blagues ! On a d’ailleurs la confirmation de l’humour légendaire des nantais à la vue du stand de merchandising, bourré de bons mots en tout genre (« un t-shirt acheté, un t-shirt acquis », « donnez-nous votre argent », « satisfait ou entubé », présence d’une TV expliquant par exemple qu’il ne faut pas mettre le t-shirt au micro-ondes dans des spots ressemblants à ceux que l’on peut trouver dans des magasins de bricolage, ou encore une écharpe du FC Nantes) et à des prix franchement abordables (15 euros le t-shirt), ce qui change de ce qu’on a l’habitude de voir !

Une fois les emplettes effectuées, nous nous dirigeons vers la salle, après avoir passé un barrage formé par une personne portant un masque à l’effigie de Dominique Strauss-Kahn à l’aide d’un pénis géant gonflable, et nous arrivons dans la salle comble de l’Olympia, dont un bon quart de la fosse possède des masques de canards (nous avons donc loupé la prestation de Mononc Serge, première partie, mais qui semble avoir convaincu le public présent d’après les bruits de couloir) en attendant l’arrivée des nantais. 21h, les lumières s’éteignent, et nous découvrons plus en détail l’écran de cinéma au fond de la scène, écran qui sera très important tout au long de la soirée. Cet écran, couplé à la sono (le son sera très bon toute la soirée en passant, un léger manque de basse, mais nous chipotons), nous diffuse dans un premier temps un petit jingle de Looney Tunes, puis un jingle de Fort Boyard, qui amuse l’assemblée, avant l’arrivée d’Ultra Vomit.

Ces derniers commencent directement après quelques mots bien sentis par Darry Cowl Chamber, issu de l’album Objectif : Thunes, et la fosse commence à pogoter joyeusement. A la fin de ce morceau, Fetus, chanteur et guitariste du quatuor, fait une réflexion sur les personnes pogotant dans la fosse, et décide de nous apprendre Les Bonnes Manières, qui continue d’enflammer la salle. Après ce deuxième morceau, voilà que le groupe se présente à nous, précisant que de voir un groupe comme Ultra Vomit jouer dans une salle aussi mythique que l’Olympia était un hoax, et nous confirme que ce concert fera bel et bien l’objet d’un DVD, ce qui ravit l’audience, bien qu’entre les avertissements sur internet, à l’entrée de Olympia et la présence de caméras dans la fosse et aux alentours, il aurait été compliqué de ne pas s’en douter ! Manard, le batteur, semble un peu moins concerné par cette présentation, puisqu’il joue sans aucune gêne à Candy Crush sur son téléphone, précisant qu’il lui reste 2 vies et que c’est d’une importance capitale ! Viennent ensuite les morceaux Un chien géant, E-Tron (digital caca), Mechanical Chiwawa et Je Ne T’ai Jamait Autans Aimer (à noter que chaque morceau dispose d’une animation particulière sur l’écran au fond de la scène) avant un nouveau speech de la bande, s’adressant aux profs de maths dans la salle avant d’entamer Mountains of Maths suivi d’un des grands classiques du groupe, à savoir Calojira, qui a son petit effet dans l’assemblée, qui la chante à gorge déployée.

Nouvelle interruption, nouveau speech, avec le groupe qui ramène sur scène Patrick Baud, aussi connu sous le nom d’Axolot sur Youtube, mais également les chanteuses Yuka et Sachi, membres du duo japonais Kokusyoky Sumire, afin d’interpréter le morceau Takoyaki, eux qui sont également en featuring sur ce morceau au sein de l’album Panzer Surprise. Toutefois, ces trois joyeux lurons restent sur scène pendant le morceau suivant, à savoir Boulangerie Pâtisserie, autre classique du groupe, pendant lequel les deux japonaises distribuent viennoiseries et baguettes de pain dans la foule, foule qui mange ces mets ou les conserve bras tendus, ce qui donne une image surprenante mais très drôle ! Nos trois amis laissent alors la place à la première partie du soir, Mononc Serge, venant défendre les couleurs québécoises, avant que le groupe et lui n’entament les morceaux Super Sexe et Hyper Sexe. D’ailleurs, vous souvenez-vous du pénis gonflable avec lequel nous avons été accueillis ? Il est désormais en train de voler dans la fosse ! La fosse, d’une moyenne d’âge trentenaire (bien qu’il y ait beaucoup de personnes d’une vingtaine d’années, et pas mal de jeunes enfants avec leur parents), est d’ailleurs active, il est difficile de donner le nombre de slammeurs et de pogos, cela ne s’arrête jamais, mais toujours dans une ambiance très sympathique.

Après Hyper Sexe, voila que Fetus reprend le micro afin de se muer en hypnotiseur, en voulant nous mettre dans l’esprit qu’Ultra Vomit est désormais le seul groupe existant sur Terre, et nous incitant fortement a venir dépenser notre argent dont nous n’avons pas besoin dans le stand de merch. Fetus fait ensuite monter un spectateur du nom de Nicolas (hasard, il porte le même prénom que Fetus), qui, après une petite démonstration ridiculeusement drôle, le fait s’accroupir avant un jet de fumée et un bruit de pet sur la sono. Une bonne blague beauf, comme le groupe en est coutumier, qui amuse l’assemblée, et Fetus dit alors qu’un mec comme Nico, qui vient sur scène et se lâche en public de cette manière, n’est rien d’autre qu’un Pauv’ Connard, avant de lancer le morceau du même nom, et d’enchainer avec Batman VS Predator. Vient ensuite un speech de Manard cette fois, puis suivent les morceaux Souris verte et Phoned to Death avant que le groupe propose à la fosse de faire la plus grande chenille de l’univers pendant le morceau La Ch’nille. Cette chenille, bien que ne ressemblant à pas grand chose, est faite volontiers par le public, est termine dans une cohue générale durant laquelle une spectatrice aux cheveux cuivrés perd sa chaussure et, faute de la retrouver (nous ne saurons jamais si cette chaussure a retrouvé sa propriétaire ou non), continue de danser sur un pied malgré le sol très collant jonché de verres en plastique, de masques de canards et de morceaux de pain. Cette image résume assez bien l’esprit du soir : un gros bordel, dans lequel tout le monde s’amuse et rigole dans un esprit très convivial.

Vient ensuite La Bouillie IV, avant un nouveau discours de Manard, qui décide de laisser sa batterie à Flockos, second guitariste du combo nantais, pour aller prendre la place de Fetus au chant pour une reprise de Poker Face de Lady Gaga. Néanmoins, après compte, une place de guitariste est vacante pour ce morceau. Que cela ne tienne, c’est Gru, ancien bassiste de la bande, qui rejoint le groupe à la guitare pour ce morceau, mais également pour Keken, ode à l’amour de la bière, qui sera joué dans la même configuration, et après lequel Manard renommera l’Olympia en le Bièrympia ! Vient alors le quart d’heure de gloire de Matthieu Bausson, actuel bassiste de la bande, qui après un petit speech, laisse sa basse à Pierre « L’estomac » Jacou, autre ancien bassiste du groupe, et enfile le costume de chanteur pour Pink Panthera. Tout le monde participe à cette grande fête, c’est très cool ! Le show se poursuit avec Anthracte, fidèle à sa version studio, puis le Je Possède un Cousin, qui est accompagné de canons à bulles du plus bel effet et en adéquation avec le light show, très carré. Ultra Vomit nous gratifie ensuite de la doublette Judas Prost / I Like to Vomit, doublette sur laquelle des membres du staff du groupe viennent passer le balai sur scène comme des mécaniciens de Formule 1 pendant que le public continue de faire n’importe quoi dans le bon sens du terme pendant, avant une nouvelle interruption pour un nouveau speech.

Sur celui-ci, Manard et Fetus divisent la fosse en deux pour un wall of death avant Pipi Vs Caca. Du côté gauche, l’équipe caca dont le chef est Flockos, et du côté droit, la team pipi, dirigée par Matthieu. Juste avant le début des hostilités, Fetus précise qu’il ne s’agit pas ici d’un wall of death, mais d’un wall of chiasse, histoire de continuer dans l’humour beauf et graveleux. En même temps, lorsqu’au va voir Ultra Vomit en concert, on sait à quoi s’attendre, et personne dans l’assistance ne s’en plaint, bien au contraire ! Mais plus qu’un groupe humoristique, le groupe nantais est également très proche de son public ainsi qu’ultra pro sur scène, proposent un show ultra énergique et sont de vrais bons musiciens, et non pas juste des troubadours amusant la galerie, c’est important de le rappeler. A la suite de ce wall of chiasse et de ce morceau, nous avons droit à un C’était pas mal là, avant LE classique parmi les classiques d’Ultra Vomit, nous voulons bien évidemment parler de Je Collectionne des Canards (Vivants). Ce morceau, donnant la réponse aux néophytes quant à la présence d’autant de masques de canards dans l’assemblée, est évidemment interprété en featuring avec Andreas, le compère de toujours de Fetus (Andreas que l’on retrouvait déjà dans les fausses publicités et instructions télévisuelles sur le stand de merchandising), qui vient sur scène vêtu d’un accoutrement ridicule mais ô combien drôle, à base de perruque de clown, de tutu de ballerine, de ballons de baudruche partout sur le corps et de bracelets kitchs au possible. C’est un joyeux bordel, avec confettis, jets de fumée, et présence sur scène de tous les guests, membres du staff Ultra Vomit, et même des vendeuses du stand de merch’ ! Nous rions, nous dansons, nous chantons, tout l’Olympia entonne des « coin-coin », Andreas s’offre son slam, bref, on ne s’ennuie pas une seule seconde dans ce joyeux foutoir et toute la salle semble passer un moment génial.

Vient alors l’heure des rappels, et nos quatre nantais reviennent sur scène dans leur désormais légendaire combinaison verte caca d’oie très largement inspirée des tenue des films Ghostbuster (en même temps, Fetus étant très souvent sur scène habillé d’un t-shirt avec le logo de ce film, le clin d’œil est évident) après le très industriel Kammthaar, pendant lequel le clip du morceau est diffusé sur l’écran, et qui est repris par l’Olympia mot pour mot, avant le très Lemmy-esque Quand J’étais Petit, sur lequel la fosse continue de bouger et de sauter dans tous les sens, et sur lequel les slams ne se font que plus présents. Enfin, après une bonne heure quarante-cinq de show intense, Ultra Vomit vient conclure cette soirée mémorable avec Evier Metal (morceau qui, comme Kammthaar, occupe désormais une place centrale dans le répertoire du groupe) tout simplement épique, qui vient chercher les dernières forces des fans. Vient alors le temps des remerciements qui, à l’instar de tout le concert, sont encore prétexte à un grand n’importe quoi, avant que le groupe demande à la salle de poser pour la photo souvenir, photo souvenir qui sera vraisemblablement la pochette du DVD enregistré ce soir !
C’est donc avec un grand sourire, des souvenirs pleins la tête, quelques acouphènes et surtout une grande claque, aussi bien visuelle que musicale, que nous sortons de l’Olympia, et l’ensemble des fans croisés avant de sortir de la salle parlent d’un concert génial, monstrueusement drôle, excellent techniquement et musicalement et qui laissera un souvenir impérissable à bon nombre d’entre eux. Difficile de leur donner tort ! Toutefois, la soirée n’était pas finie, car le groupe avait la veille prévenu ses fans d’un after au Black Dog, bar parisien non loin de l’Olympia, en invitant qui le voulait, et en leur rappelant ce rendez-vous avant de quitter les planches ! Mais, un peu fatigués de ce show dépassant toutes nos attentes, nous décidons de passer l’after et de rentrer chez nous afin de concocter ce (long) report. Merci UTLRA Vomit pour ce concert grandiose, et si les rumeurs disent vrai, nous nous reverrons au Hellfest !

Flavien DUBLINEAU

 

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