Live Report : GHOST au Metropolis (Montreal)

Deus in Abstentia. Ghost au Metropolis Montreal, 30 Septembre 2015

Attendre sur scène pour que Ghost surgisse de l’obscurité était une expérience vraiment singulière. Une salle comble de deux milles disciples derrière moi, une odeur d’encens dans l’air. Des dizaines de personnes chantant a l’unisson les paroles de Ghost et ce qui s’apparentait a des versets sataniques en latin, pendant que la scène émettait une musique de chorale étrange et hantée suivie d’une intro comme celle-ci. Tous les sens étaient accaparés par l’ambiance.

Ghost est controversé, il n’y a aucun doute là-dessus. Il semble qu’il y ait tout autant de pétitions pour museler le groupe de la part de fans de metal qui les détestent que de celui de groupes chrétiens qui espèrent les interdire. L’origine de cette adversité est évidente. Les fans de metal à l’esprit fermé ont horreur d’entendre des éléments de pop entrelacés avec leurs riffs, et Team Jesus est effrayé par les habits et les abominables messages de Ghost, tout comme ceux d’Alice Cooper ou Marilyn Manson auparavant.

Montréal a pourtant une scène metal incroyable, comme beaucoup de villes en Europe où les sensibilités heavy metal montrent une plus grande ouverture d’esprit, et ces fans se fichent de ce que les autres pensent. Ils sont venus en masse pour tanguer, battre l’air et chanter toutes les paroles.

Les Nameless Ghouls débarquent en premier sur scène, les membres du groupe en incognito tous masqués et habillés de la même façon. Ils enclenchent le riff entraînant de « Spirit » extrait de Meliora, le dernier album de Ghost, avant que Papa Emeritus III émerge de l’obscurité et les rejoigne avec son chant reconnaissable entre mille. Je dois admettre qu’avec un groupe comme celui-ci, que je vois pour la première fois en concert, qui est beaucoup plus accessible et qui opère toute sorte de magie noire en studio, je suis toujours au début un peu méfiant de leur performance live. Mais Ghost a balayé tous mes doutes dès le début et livré un spectacle fou furieux et impeccable.

Les points forts étaient ceux auxquels je m’attendais : leurs morceaux les plus connus avec leurs mélodies dark et heavy, comme l’excellent « From the Pinnacle to the Pit », aussi extrait de leur dernier album. « Year Zero » et « Ritual » se distinguèrent aussi, et leur « Monstrance Clock » fut un morceau de clôture incroyable.

Cette nuit-là, les goules de Montréal ont dormi sur leurs deux oreilles.

Chris Bubinas
(Traduction: Babak Esfandiari)

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