Live Report : LEZARD’OS METAL FEST (8-10 Mai 2014)

Lezard-Os-Metal-Fest-2014LIVE REPORT LEZARD’OS METAL FESTIVAL
(Matignicourt – 8,9 et 10 Mai 2014)

Ce week end avait lieu le Lezard’Os Metal Festival dans un lieu pittoresque et plein de charme. C’est en effet au Château de Goncourt dans la Marne, que l’association Lezard’Os s’est offert une programmation aussi éclectique qu’intéressante, avec la crème du Metal extrême… Se partageant les deux scènes outdoor (séparées pour l’anecdote par une chapelle…si ! si !).

Le tout avec une organisation parfaite, qu’est hélas venu troubler la pluie, sans pour autant gâcher la fête.

Trois jours pour lesquels je vous propose de partager les moments marquants en images…

# JOUR 1 # 8 Mai 2014 #

DIARY OF DESTRUCTION

Début de festival pour moi avec l’excellent quintette lillois, qui a dès le début de son set planté le décor avec un metalcore plutôt mélodique d’excellente facture.

Si la charismatique Audrey au chant en impose fortement avec des performances vocales assez étonnantes, les deux guitares tenues par Max et Gabriel ne sont pas en reste.

Une belle entrée en matière pour débuter ce Lezard’Os Festival sous de bonnes augures.

ANCIENT ASCENDANT

Place cette fois-ci au puissant mélange de black et death metal du quartet tout droit débarqué de grande Bretagne. Habitués des festivals open air qui sentent bon le houblon et la boue, les anglais ont livré un set épique et d’une brutalité sans limite.

Avec une voix sortie droit d’une caverne perdue au fin fond d’un fjord, Alex Butler nous a démontré qu’il était également un guitariste doté d’une technique impressionnante.

Appuyé par les rythmiques hypnotiques de Nariman Poushin, dont la paire de moustaches feraient mourir de jalousie Otto Von Bismarck, et qui se lâche parfois dans des solos en tapping, parfois décousus…

THE BETRAYER JUDGMENT

Autre groupe venu de Nord de la France, ces cinq musiciens balancent plutôt vers un Post-Hardcore très mélodique et qui peut parfois, c’est paradoxal, de par sa brutalité, vous plonger dans une sorte de catharsis planante.

Le chant est alternativement assuré par Cyril pour les chants hurlés et Jia pour le chant clair, et ce partage parfois simultané apporte tout son intérêt en confrontant le feu et l’air, la rage et la mélodie.

Le clou de la puissance est finement enfoncé par Flavian avec des parties guitares mêlant rythmiques lourdes et syncopes à couper le souffle, sur le tapis de bombes qu’Arnaud (batterie) et Raphaël (basse) déversent

Un set de qualité qui de par son énergie, a fait sensation.

SETH

Après plus de 15 ans d’existence et 4 albums, et ce malgré un break de 2005 jusqu’à l’année dernière, le groupe français Seth fait partie intégrante du paysage du metal français, et est reconnu comme un groupe phare de la musique extrême hexagonale.

Seth nous donc fait une démonstration des plus sombres qui soient de leur efficacité avec un set bref mais intense et surtout extrême. Mélange de Death et de Black Metal, la puissance mais surtout les ténèbres se sont abattues sur le parc du château.

MORTUARY

C’est un groupe français une fois de plus, fleuron de la scène métal qui a soufflé dernièrement ses 25 bougies qui est monté à l’assaut de la scène, pour livrer un set d’une intensité incroyable, confirmant ainsi sa position depuis plus d’un quart de siècle sur la scène extrême française.

Avec deux guitaristes redoutables ainsi qu’une base rythmique à toute épreuve, le groupe a réellement fait un show parfait.

PESTILENCE

Place aux hollandais de Pestilence qui nous ont balancé leur redoutable fusion death metal, avec leurs guitares et leurs basses à 8 cordes (pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué …).

Les types ont de la bouteille, et si leurs premiers méfaits datent du milieu des 80’s, c’est principalement des titres de leur dernier opus un peu barré (« Obsideo » sorti l’année dernière) que le groupe a joué ce soir sur scène.

A noter principalement les titres « Obsideo », « Displaced » ou encore le très sombre « Necromorph ». Mais quelques désormais classiques du groupe comme « Horror Detox », ou le très primitif (1993) « Soul Search », auront été également éructés par la bande Patrick Mameli, encore plus brutal que jamais depuis la refondation du groupe en 2008.

La Set list :
Intro/Obsideo/Neuro Dissonance/Echoes of Death/Displaced/Prophetic Revelations/Horror Detox/Amgod/Laniatus/Devouring Frenzy/Soul Search/Necromorph/Hate Suicide/Super Conscious/Sinister/Aura Negative/Resurrection Macabre/Twisted Truth.

DECAPITATED

Première grosse tête d’affiche du Festival, les polonais de Decapitated sont également venu nous donner leur version du Death Metal (sauce vodka bien secouée).

Menés par le bien nommé Rafal Rasta Piotrowski est ses kilomètres de dreadlocks, le groupe est tout de même une pointure du genre.

Comme pour tous ses shows, ils ont livré un set d’une brutalité incroyable, et les connaisseurs présent ce soir-là à Matignicourt en sont sortis unanimes quant à la qualité du concert.

Avec une musique brutale, intense, syncopée qui vous arrache les tripes du plus profond du ventre, Decapitated a littéralement plongé le Château où se déroulait le festival, dans les ambiances les plus sombres qui soient. Un must pour les fans de Death bien méchant.

# Jour 2 # 9 Mai 2014 #

NOEIN

Un coup de cœur je dois le dire, pour ce groupe bien de chez nous (si tant est que la Normandie est encore française). A la tête du quintette enragé, la non moins énervée Jenni qui à elle seule à été l’étincelle qui a retourné le pit du festival. Avec une hargne peu commune pour une fille ayant autant de charme, elle a craché toute sa rage vocale jusqu’à faire trembler le sol.

Elle est appuyée par deux guitaristes explosifs (Nico et Adrien), et la charmante Cindy à la basse. Sylvestre quant à lui maltraite la peau de ses fûts avec talent.

Avec des titres efficaces, ne laissant pas de répit au pit, la musique est non sans rappeler certaines intonations à l’Arch Enemy. Capable de passer du chant clair à un déluge hurlé, Jenni jongle naturellement entre mélodie et puissance.

SECRET SPHERE

Changement de registre avec la (grande) bande de Secret Sphere. En effet, exit la rage et les ténèbres du death, pour un power metal ultra mélodique, saupoudré de symphonique par la présence bien sentie des claviers.
Si Michele Luppi à un chant surpuissant propre à ce domaine, son compère d’italien Marco Pastorino, ne se contente pas du poste de guitariste rythmique, et à plusieurs reprises, poussera la vocalise de concert avec Marco.

Les solos inspirés et envolés sont à mettre au crédit du très sérieux (sur scène) Aldo Lonobile éblouissant de technique.

Le reste de la recette est complété par les nappes de claviers jouées par Gabriele Ciaccia. La partie rythmique qui va permettre de réussir la sauce (bolognaise) par Andrea Buratto à la basse et Federico Pennazzato à la batterie.

Un vrai moment de plaisir en ce début de soirée où quelques gouttes de pluie se sont invitées. Une façon agréable de rompre le temps de leur set avec toute l’agressivité propres aux autres styles – death en tête. Ceci étant dit, leur set, loin d’être mou, a été la source d’énergie du public.

SVART CROWN

Grosse claque avec le set dément de Svart Crown. Si certains auront trouvé le set décevant (je cherche encore…), il m’a personnellement impressionné, tant par l’implication des musiciens (JB Lebail en tête avec parfois l’impression qu’il est littéralement possédé), que par la puissance des titres à l’énergie extrême.

Il faut dire que Svart Crown s’aiguise les crocs depuis pas loin d’un an, avec un nombre de concerts longs comme un long jour de pluie à Matignicourt.

Outre la puissance des morceaux, des titres comme « Manifesto Symptoms » joué en intro, ou « Genesis Architect »plonge l’ambiance dans les ténébres d’une musique sans concessions.
C’est principalement autour de leur album « Profane » que le set aura tourné avec en point d’orgue, un « Venomous Ritual » tout droit sorti de la cave de Lucifer.

NOW OR NEVER

C’est pratiquement ce que l’on pourrait appeler un « super groupe » qui est arrivé sur scène en ce début de soirée. En effet, quand on sait que ce groupe est fondé par Ricky Marx, guitariste un temps des Pretty Maids, et que l’on y trouve également Jo Amore de Nightmare, l’appellation prend alors tout son sens.

Ricky au passage a embarqué pour tenir la basse Kenn Jackson, lui aussi membre des Pretty Maids. Et puis on retrouve à la batterie Ranzo, ayant par le passé, quelques collaborations également avec Nightmare, à son compteur.

Pour ce set le groupe s’est principalement appuyé sur leur dernier album éponyme, et pratiquement dans l’ordre quand on compte « Reach Of The Sky », « Now or Never », « Hardened Steel », « Princess of Undiscovered Land », « How do you feel », « Dying for you », « An Angel By My Side », « Brothers » et « Wind of Freedom ». Bref je suis prêt à parier que s’ils avaient eu le temps, c’est l’intégralité de l’album qui aurait été joué.

D’ailleurs, et ce sera mon seul regret quant à leur prestation, c’est peut-être parce que l’album est encore trop frais (sic !) que Jo Amore passera l’intégralité du set à s’aider d’un moniteur (peu discret) pour les paroles.
A part ça que dire, si ce n’est de confirmer que Ricky est un sacrément bon guitariste, qui parfois en fera un peu trop au niveau de la gestuelle, mais comment lui reprocher avec les riffs et les rythmiques qu’il nous a offertes ?

CRYSTAL VIPER

Autre bonne surprise du Festival, les polonais (décidément !) de Crystal Viper, nous ont certes régalé par le joli p’tit lot qu’est Marta Gabriel au chant et à la (grosse) guitare, mais également grâce à leur Heavy Metal dans la plus pure tradition, mais avec cette petite touche de modernité qui rend la musique du groupe pas ennuyante pour un sous.

Heureusement appuyée à la guitare par le très bon Andy Wave, la partie chant est totalement gérée et vraiment bonne, même lorsque les aigus sont hautement titillés. Le jeu de scène, l’énergie, et tout le reste, tout y est.
Un set que j’aurai aimé plus long, et pas seulement pour le spectacle visuel de la ravissante front women, mais vraiment pour la musique, qui rassemblait tous les éléments constitutifs du Heavy ! De la power balade, des mélodies de vikings, du solo technique, de la batterie lourde et rapide, et la diva qui va chercher la note aigue tout là-haut.

NIGHTMARE

Première grosse tête d’affiche de cette deuxième journée du Lezard’Os Metal Fest, il s’agissait ni plus ni moins que l’une des légendes du metal français. Juste pour bien savoir à qui on a affaire on pourrait rappeler que le groupe sévit depuis 1979 (soit 35 ans), qu’ils ont fait la première partie de Def Leppard en 83, et qu’après un split en 1987, le groupe renait de ses cendres en 1999 avec toutefois quelques remaniements. Et puis la suite, il faudrait bien un livre pour la raconter.

On retrouve au chant (quelques heures après l’avoir vu sur la même scène avec Now Or Never), Jo Amore (qui en 1999 passe de la batterie au chant…).

Si la basse est tenue par Yves Campion, membre permanent depuis les débuts (en 1979 donc), c’est le très jeune Matt Asselberghs (pour l’anecdote, recruté par internet en 2010, après avoir posté sur le mur Facebook du groupe une vidéo). N’empêche que le type fait largement le job !

Outre quelques classiques, c’est aussi pour présenter le nouvel album (« The Aftermath »), avec les titres très percutants que sont « Bringers Of A No Man’s Land » et « I Am Immortal » (sans oublier l’intro « The Aftermath »).

Un excellent set, avec une mention spéciale pour le taulier, Yves Campion, qui aura fait preuve d’une énergie incroyable.

LOUDBLAST

Pour clôturer la journée, c’est une autre légende du metal français qui a pris place sur scène. Avec un son démentiel, énorme et parfait, c’est sur une intro avec la musique de Hitman 2 que Loudblast a planté le décor. Ce soir, on en sortira pas indemnes.

Toujours au top, le membre fondateur qu’est Stéphane Buriez a rappelé à l’auditoire qui était en France le patron du metal depuis bientôt 30 ans.

Toujours accompagné des musiciens de folie que sont Hervé, Alex et Drakhian, Loudblast fort d’un album tout frais, nous a livré un set plutôt accès sur les standards du groupe.

Certes, le très planant « A Bloddy Oath » (qui ouvre ce nouvel album « Burial Ground »), le puissant « From Dried Bones » ou encore le déchainé « Abstract God » ont été joué. Mais ce sont aussi des classiques comme « Frozen Moments Between Life and Death » ou « To Bury an Empire » qui auront mis en transe le pit, sous un déluge de stroboscope hallucinogènes et de décibels dévastateurs.

La meilleure des façons de finir cette deuxième journée du Lezard’Os Metal Fest.

# Jour 3 # 10 Mai 2014 #

OTARGOS

Une dernière journée de festival dans des conditions climatique cataclysmiques, des pluies diluviennes, bref, pas les meilleurs conditions pour vivre ce beau festival. Pour accompagner cet enfer climatique, rien de tel que la musique du groupe Otargos , et son metal le plus dark qui soit. Des tempos ahurissants, une prestation vocale d’Urich complètement dingue, des guitares sombres et des roulements de double pédale totalement hors de contrôle.

Un moment vraiment spécial, sous une pluie battante, une musique d’outre-tombe, mais particulièrement bien exécutée…

KRONOS

Voilà 20 ans maintenant que les gars de Kronos baladent un death plutôt tendance brutal de concerts en concerts.

Derrière leurs looks de garçons rangés, il n’en demeure pas moins que Kronos, envoie du lourd. Les guitares de Grams et Richard en attestent, avec des rythmiques tranchantes. La vitesse de celles d’Anthony à la batterie n’est pas en reste.

Le plus impressionnant restera la performance vocale de Triv, avec un growl rarement croisé.

Un set, toujours sous une pluie battante, que l’on s’est pris comme un direct du droit.

GOROD

Gorod c’est l’un des groupes phares de la scène metal française. La recette est celle des bonnes maisons : deux guitares de haute voltige, mêlant un metal très technique, faisant des incursions dans le progressif léché, avec un chant puissant, des riffs accrocheurs, et des compositions que l’on sent au travers de leurs albums, continuellement abouties et soignées.

Leur set d’un peu plus de trois quart d’heure, nous aura fait oublier la météo. Là aussi, à mon sens, l’un des set marquant de cette édition du Lezard’Os Metal Fest.

BENIGHTED

Voilà un groupe qui a le vent en poupe en ce moment. Tout juste revenus d’une tournée avec les ainés de Loudblast, Benighted est un groupe français formé à la fin des 90’s.

Forts d’un dernier album cataclysmique, « Carnivore Sublime », sorti chez Season of Mist il y a 3 mois, le groupe a livré un set à l’image de sa musique de l’album. Une grosse mandale dans la tronche. Une brutalité et une agressivité qui a ravi les fans, les plongeant dans une catharsis de boue et de décibels.

La performance vocale de Julien est juste incroyable. Comment peut ont descendre vocalement dans des sonorités aussi caverneuses, aussi basses ?

La rage se lit également sur l’impressionnant Olivier à la guitare, qui bondit, surgit comme un diable, en donnant de sa personne de façon démentielle.

Quand à Adrien Guérin qui assure les autres parties de guitares, bien que moins remuant, ses solos sont hallucinants. Alexis Lieu à la basse et Kevin Foley aux drums complètent la folie qui s’abat sur scène.
Je voulais les voir sur scène, je n’ai pas été déçu. Que l’on apprécie ou pas, Benighted sur scène est incontournable si l’on veut se rendre compte de la puissance que peuvent incarner cinq musiciens plein de rage.

On retrouvera le groupe sur scène d’ici quelques semaines au prestigieux Hellfest.

# CONCLUSION #

En espérant que la prochaine édition du Lezard’Os Metal Fest soit d’une aussi bonne qualité dans l’éclectisme de la programmation de la musique extrême. Une organisation sur place impeccable avec des personnes accueillantes à souhaits. Bien entendu, la pluie aura fait que les conditions auraient pu être meilleures, mais cela ne peut être imputé à personne… A l’année prochaine ?

Nicolas Gaire pour TRexSound.com

 

 

xWebbYx

xWebbYx

Rédacteur en chef et administrateur de TRexSound.com.

5 pensées sur “Live Report : LEZARD’OS METAL FEST (8-10 Mai 2014)

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.